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Le congrès 2019 de la FFS s’est déroulé du 7 au 10 juin 2019 à La Ciotat près de Marseille.

Le lieu du rassemblement se situait à une quarantaine de kilomètres de Bastia, si on exclut la traversée de la méditerranée. C’était donc une occasion rêvée pour une délégation des topi, forte de 11 membres, d’y associer leur camp annuel afin de profiter paresseusement de l’équipement des cavités et d’assumer quelques devoirs fédéraux. Ils ont rejoint plus de 1000 spéléos inscrits venus de toute la France mais aussi de l'étranger, qu’ils n’ont pratiquement pas aperçus durant la semaine de camp effectuée avant le congrès.

Participants : Antoine BOSCHI, Wanda COMPARETTI, Jean-Noël DUBOIS, Henri-Pierre FIOCONI, Marie GENEVIER, Jean-Claude LA MILZA, Pierre LACOMBE, Véronique MASSA, Noël RICOVERI, Alexia SIMIAN BUISSONNET, Franck ZERLI.

Ce compte-rendu relate les aventures des topi au pays de Marcel Pagnol et des cigales, à lire et relire sans modération.

Bonne lecture !

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Sommaire

 

 

 

 

Préparatifs

 

Lors de l’AG du Club I Topi Pinnuti du 15/12/2018, il est apparu qu’un petit groupe était volontaire pour aller faire un camp spéléo sur le continent en profitant du congrès national FFS de juin 2019 qui se tiendrait à La Ciotat.

Le double avantage étant d’une part la « proximité » géographique avec Bastia et ses transports maritimes vers Marseille ou Toulon, et d’autre part la possibilité de profiter d’accès grandement facilités aux grottes de la région, car préalablement équipées par le CDS13 coorganisateur de ce congrès.

Après tout un hiver passé à chercher les meilleurs compromis tant côté transports que logement pour contenter les attentes et contraintes de tous les participants qui s’étaient manifestés, les réservations et paiements purent être bouclés au printemps.

Une partie seulement de l’aspect logistique était enfin finalisée, mais cette dernière permettait dorénavant de libérer les esprits les plus angoissés pour se focaliser sur la partie liée aux activités journalières qui allaient être entreprises une fois sur place. En effet, maintenant que nous savions « quand » et « comment » partir et revenir, « où » loger et dans quelles conditions, il nous fallait bien appréhender du « quoi » avait-on besoin pour le contenu de ce séjour. Certains penseront que j’ai omis le « pourquoi », mais une petite partie de la réponse est dans le début du texte, et l’autre partie appartient à chacun des participants de la livrer, ou la conserver dans son for intérieur.

Pour revenir sur le « quoi » permettant de remplir le contenu, tant collectif qu’individuel, il suffisait de bien faire le point sur tous les matériels nécessaires aux activités que nous aurions à découvrir lors de notre séjour, qu’elles fussent à réaliser sous terre ou sur terre. Rien ne laissant penser qu’elles puissent l’être sous l’eau ou dans les airs, Haut de pagenous ne nous sommes donc pas encombrés de matériels inutiles. Cependant, sans être subaquatiques, il ne fallait pas négliger le fait qu’elles puissent être simplement aquatiques. C’est ainsi que les sacs, kits, valises et autres contenants furent remplis à l’approche des dates de départs. Sans oublier tous les effets personnels de chacun, tant vestimentaires que toilettes pour huit jours de vie en communauté.

 

 

Trajet aller

 

C'est le grand départ, Alexia, Marie, Antoine, Franck, Jean-Claude et Noël se donnent rendez-vous au local de Bastia pour charger les voitures du matériel préparé le jeudi précédent. Tout à coup arrivent Silvain YART et une équipe d’une dizaine de spéléos du Loiret. Ils sont venus en Corse pour profiter de la randonnée, du canyoning et réaliser quelques explorations souterraines. On prend un pot au local, on papote, mais le temps passe vite et le bateau n’attend pas.

Nous sommes obligés de prendre congé, de toute façon on se reverra au congrès de La Ciotat. Les insulaires se retrouvent sur le port de Bastia, pour embarquer à destination de Toulon sur le Méga Express 2. Wanda et Henri-Pierre sont partis en fin d’après-midi pour Marseille sur un bateau de la compagnie concurrente. Jean-Noël et Véronique sont déjà sur le continent depuis une semaine. Pierre, lui aussi est déjà parti pour le département du Tarn-et-Garonne, il nous rejoindra samedi.Haut de page

Repas italiano pris à la cafétéria, une fois celle-ci trouvée.

Pour une fois, la mer est calme et la traversée se fera sans problème.

Nous nous retrouverons à La Ciotat samedi matin.

 

 

Le gite

Photos

 

Les traversées de la Méditerranée ne se firent par pour tous aux mêmes dates, tant à l’aller qu’au retour, mais c’est bien dès le samedi 1er juin que tout ce petit groupe susnommé se retrouva réuni à la grande villa louée à La Cadière d’Azur (en Occitan comme en Provençal, la « cadière » désigne la « chaise »), où les routes de chacun convergèrent au 2551 Chemin de Cuges. Grande villa entièrement équipée (comme si les propriétaires venaient tout juste de partir quelques jours en congés), située sur un vaste terrain pentu et arboré à chaque planche permettant de toutes les parcourir sans craindre les attaques du soleil, avec en prime pas seulement un lourd portique avec ces balançoires, trapèze et corde à nœuds, mais bien une magnifique et accueillante piscine d’une douzaine de mètres de longueur dominant le vaste paysage alentours.

Ce fut un réel bonheur d’avoir un tel « gite » où se détendre chaque jour entre chacune des expéditions dans les environs du massif de le Sainte Baume et du plateau de Siou Blanc où se répartissaient nos différentes activités diurnes, sur terre comme sous terre. Un vrai havre de paix pour prendre nos copieux petits déjeuners et nos savoureux diners sur sa vaste terrasse entourée de multiples pots de fleurs, et surplombant, comme la piscine, les paysages alentours. La piscine, pour l’avoir pratiquée plusieurs soirs d’affilés avant d’aller diner, était également un excellent moment de détente, même en crollant, brassant, papillonnant, pour faire oublier les premiers instants de fraicheur au contact de son eau salée, pourtant tous les jours stable à 22°C.

Sans pour autant avoir changé de siècle, il n’est pas bien loin le temps où nos gites spéléo n’avaient pas tous l’eau courante ou un réseau électrique performant, sans parler des « toilettes » parfois bien loin au fond du jardin, si ce n’est le fond du champ voisin.

Pour ce camp 2019 nous avons disposé d’un hébergement cinq étoiles (cela me fait penser au RIF 2015, et à uneHaut de page probable tendance à l’embourgeoisement pour certains d’entre nous…) avec non seulement des chambres et lits pour tous, trois salles de bain et WC, une grande cuisine très bien équipée, un lave-vaisselle et une machine à laver souvent sollicités, un grand salon séjour pour nous retrouver, divers lieux où ranger nos nombreuses affaires, et un espace extérieur où profiter de la météo favorable qui ne nous a pas quittée, tout comme les quelques chauves-souris qui virevoltaient entre nos têtes et les étoiles à la fin de nos soirées repas sur la vaste terrasse.

 

 

Les alentours

 

Situé dans le Var à une quinzaine de kilomètres de La Ciotat, le village médiéval de La Cadière d'Azur est perché sur une colline abrupte dominant de nombreuses parcelles de vignes faisant partie des vignobles de Bandol et de Côtes-de-Provence.

Le site Internet de la petite ville en dit un peu plus sur ses origines : « La Cadière est évoquée pour la première fois en 977 à l’occasion de la donation de l’église de Saint-Côme et Saint-Damien et de ses dépendances par l’évêque de Marseille au monastère de Saint-Victor de Marseille. Un autre parchemin daté de 1099 définit cette donation comme "la huitième partie de la villa qui s’appelle Cathédra, qui est située en Pays de Provence, dans le Comté de Marseille, derrière la mer". Les limites de ce territoire (appelé alors "Cathédra" et qui deviendra plus tard "La Cadière") correspondent aux communes actuelles de La Cadière d’Azur, Saint-Cyr-sur-Mer et Bandol (et peut-être aussi Ceyreste et la Ciotat selon Régine Broecker). Ainsi, au Moyen Age, la population se regroupeHaut de page sur la colline, autour du château et de son église paroissiale, protégée par une double enceinte de remparts mais aussi dans la vallée autour des chapelles Saint-Côme et Saint-Damien. »

Des vestiges préhistoriques et gallo-romains témoignent d'une occupation très ancienne du site. Mais depuis le vingtième siècle de nombreuses maisons d'habitation ont colonisé les alentours du village donnant un aspect de quartier résidentiel.

 

 

 

Sorties

 

 

 

Compilation vidéo

 

 

Samedi 1er juin 2019

Canyon sec, le Souffleur

Falaises Soubeyranes, La Ciotat (13)

 

 

Participants

  • ITP : Antoine B., Henri-Pierre F., Marie G., Jean-Claude L., Noël R., Alexia S. B., Franck Z.

 

Photos

 

Pouh, c'est dingue !

Ce matin tout le monde convergent vers la ville de La Ciotat, les uns de Marseille, les autres de Toulon. Un partage de position via WhatsApps permet à chacun de connaitre la position des autres. Vers 9 h nous nous retrouvons sur le port devant un café. Sauf Jean-Noël et Véronique qui profitent de la grasse matinée, ils nous rejoindrons plus tard. Nous décidons d’entamer notre camp par une petite sortie de canyoning. Le choix s’est porté sur le canyon du Trou Souffleur.

Après avoir tourné et hésité sur la route à emprunter. Nous stationnons enfin les véhicules en bordure de la route de Cap Canaille-Ste Frétouze (route du Sémaphore). Alexia, Marie, Henri-Pierre, Antoine, Jean-Claude, Franck et Noël décident de descendre le petit canyon côtier du Souffleur. Wanda va se charger de promener Nala.

Le canyon est sec et s’ouvre dans les poudingues. La descente est courte, P6, P45. Une tyrolienne en câble d’acier va nous permettre de traverser un bras de mer sans prendre un bain au milieu des méduses. Le trou souffleur se trouve là. En fait il s’agit d’un tout petit trou, un évent, par lequel s’échappe l’air emprisonné et comprimé par le ressac de la mer qui entre dans une cavité située plus bas.

Plus loin, encore une corde d’une quinzaine de mètres et nous parcourons le bas de la falaise en bord de mer. Quelques dizaines de mètres encore et nous trouverons la main courante remontante qui va nous permettre de rejoindre le plateau, puis la route de notre point de départ.

Véro et Jean-Noël ont fini la grasse matinée et nous attendent, l'un sur le chemin d'accès, l'autre près des véhicules.

En 2h00 c'est liquidé, marches d'approche et de sortie incluses.

Un en-cas est rapidement gobé en bord de route, il s'agit maintenant de prendre possession du gite.

Celui-ci est rapidement retrouvé grâce au GPS, la gestionnaire est déjà là, terminant le ménage. Présentation des lieux, recommandations diverses, nous voilà chez nous.Haut de page

Chacun prend possession de son lit ou de sa chambre, les topi sont rodés à ce jeu là. Le local technique de la piscine servira de local matériel, un autre réduit au rez-de-jardin permettra à ceux qui logent à ce niveau d'entreposer leur matériel perso.

L'après-midi est consacrée au ravitaillement, 2 caddies pleins à raz bord ...

 

Topo : 

 

 

Dimanche 2 juin 2019

Spéléo, visite

Grotte de la Castelette, massif de la Sainte Baume, Nans-les-Pins (83)

 

Participants

  • ITP : Antoine B., Wanda C., Henri-Pierre F., Marie G., Jean-Claude L., Noël R., Alexia S. B., Franck Z.

 

Photos

 

L'accident

Vers 11 Heures Wanda, entrainée par son sac qui se déporte sur le côté fait une chute en contre bas du chemin qui mène à l’Aven de la Castelette. Elle se réceptionne sur la jambe gauche, se tord le genou gauche, sent un craquement. Entorse, déchirure du mollet, fracture ? Mauvaise limonade. La douleur est vive. Après quelques instants elle se relève mais l’appui sur le genou est très douloureux. HP qui la suivait alerte avec son sifflet le reste du groupe parti en avant. Il s’avère rapidement que Wanda ne peut poursuivre l’approche ni retourner sans aide à la voiture. Heureusement les Topi présents sont tous membres du spéléo secours 2B : Alexia, Franck, HP et Wanda de l’équipe ASV, Noël CTD, Marie, Anto et Jean-Claude équipiers/chefs d’équipe. Un secours spéléo 2B est déclenché dans le Var !

Wanda essaie de marcher avec soutien mais fait un malaise vagal lié à la douleur. Plus de doute il va falloir la porter. Un ressaut de 5 mètres équipé type via ferrata est franchi avec un palan. Anto charge Wanda sur son dos et la remonte jusqu’à la partie plane du chemin. C’est ensuite au tour de Franck, puis de Marie, les jeunes qui ont encore un dos en bon état, de la porter. A Midi on est aux voitures. HP reste avec Wanda. Les autres repartent vers la Castelette. Wanda et HP piqueniquent au frais face à l’hostellerie et la grotte de la Sainte Baume. Mais il n’y aura pas de guérison miraculeuse. Marie Madeleine regardait ailleurs ce jour-là (une radio ultérieure révèlera une fracture du péroné avec 4 semaines d’incapacité).

Après la mésaventure de Wanda, le reste du groupe, sans HP, décide malgré tout de rendre visite à la cavité.Haut de page L'accès s'effectue par une entrée artificielle creusée dans un conglomérat, permettant d'éviter le siphon qui suit l'entrée naturelle. C'est un entonnoir qui se termine par un passage relativement étroit. La tête de puits est une branche patibulaire mais presque, posée en travers. Un plan incliné suit l'entonnoir, puis une vire aérienne et enfin un beau et vaste puits de 24 mètres. Nous voilà dans le lit de la rivière, que l'on remonte.
C'est une vaste galerie qui se termine par la Méduse, belle cascade de calcite qui se remonte via une vire au-dessus de l'eau suivi d'une petite et réchauffante remontée sur corde. La fameuse voute mouillante clôt la première partie de la cavité.

Devant la voûte mouillante Noël hésite, il a oublié sa combinaison néoprène au gîte. La sagesse lui conseille d'en rester là et d'entreprendre un demi-tour. Il laissera le reste de l'équipe partir de l'autre côté et restera là jusqu'à ce que les sons des voix s'évanouissent. Il va en profiter pour faire une petite sieste avant de reprendre le chemin du retour. En passant à la base du P25 il poursuivra le cours d'eau vers l'aval. Une cinquantaine de mètres plus loin il sera stoppé par un siphon. Re-demi-tour, remontée du puits, passage de l'étroiture et sortie à l'air libre. Sur le sentier du retour il en profitera pour construire une cinquantaine de cairns afin de mieux baliser le chemin.

Devant cette voute mouillante on reste vaillants, et on ne se fait pas prier pour la franchir. Il y a tout juste de quoi garder la tête au sec. C’est rafraichissant !

Derrière on suit encore quelques minutes la rivière avec quelques jolis gours puis c’est le grand chaos sec promis, dans la Grande Salle. Le plafond s’est visiblement effondré, laissant un amas de gros blocs. Il nous faut le franchir pour retrouver la rivière derrière, que l’on devine cependant de temps à autres sous nos pieds. On suit le fil d’Ariane en place sans lequel on aurait été bien incapable de progresser. On passe ainsi 20 min à se contorsionner entre les blocs, par-dessus, par-dessous, sur le côté. Puis on débouche sur le bénitier, joli gour dans lequel Jean-Claude batifole quelques instants pour faire baisser la température… C’est que l’on se chope une bonne suée à se tortiller dans le chaos, en combis néoprène !

On continue ainsi à remonter la rivière. Les bassins se succèdent, plus ou moins agrémentés de coulées stalagmitiques et autres concrétions. C’est vraiment très beau. On trouve quelques cordes en place pour continuer la progression. Certains passages nous demandent réflexion pour les franchir, soit par en haut, soit par en bas, soit en opposition.

On finit par croiser le couple rentré avant nous, de retour du fond. On estime qu’il nous faudrait encore environ 1h pour faire l’aller-retour vers le fond depuis l’endroit où nous les croisons. Il est déjà un peu tard mais on poursuit, en se fixant une heure de demi-tour. On finit par atteindre ce qui nous semble être le Métro, large galerie constituant un niveau supérieur au méandre principal que l’on devine en-dessous.

On s’arrêtera là sur la progression. Après un gouter et quelques photos du groupe, on fait marche arrière. Requinqués par l’encas, on cavale un peu dans les coursives. Jean-Claude nous rappellera qu’on est en vacances et que rien ne sert de courir. Le retour est parfois presque paumatoire ; comme à l’aller, il faut bien choisir son passage pour ne pasHaut de page galérer. On se trempe de temps en temps dans les bassins pour se rafraichir, la progression donne chaud !

Derrière la voute mouillante Nono n’y est plus. Mais on finit par rattraper le couple qui sortira ainsi juste devant nous.

On se change à la sortie puis on fait le chemin en sens inverse. On commence à le connaitre (J) mais les jolis petits cairns ricoveriesques nous le montre. On retrouve Nono sur le parking, dans la lumière dorée du soleil déclinant.

 

Topo :

   


Lundi 3 juin 2019
Spéléo, visite
Aven du Thipauganahé, plateau de Siou Blanc, Signes (83)

 

Participants

  • ITP : Antoine B., Marie G., Jean-Claude L., Pierre L., Noël R., Alexia S. B., Franck Z.

 

TPST : 3 à 4h30

Photos

 

ThiPauGaNaHé acronyme de Thierry, Paul, Ganaou, Nanar et Hervé. Découvreur Thierry Marmole (16/10/2005) suivi par ses 4 compagnons la semaine suivante pour son exploration intégrale (d’où son nom de baptême…).

 

1er entré à 10h40 (11h10 au fond) - Dernier entré à 10h50 (11h45 au fond) ; 1er sorti à 14h - Dernier sorti vers 15h à 15h30

 

Après la soirée repas et diaporama de la veille, il est décidé pour le lendemain d’aller découvrir l’aven de THIPAUGANAHE et les merveilles qu’il recèle en son fond (maxi -123m).

Réveil 7h (non « pétante ») pour le peuple d’en bas, et légèrement plus tard pour le peuple d’en haut. La villa que nous louions cette semaine disposait de 3 chambres (capacités 5/6 couchages) dans sa partie principale, et de 2 chambres (capacités 6 couchages) dans son annexe située en contrebas d’une grande terrasse.

Gros petit déjeuner copieux englouti à 8h pour l’ensemble des 7 participants.

Top départ de la villa à 9h des 2 véhicules remplis de topi motivés.

Après environ une heure de trajet en voiture, tout le monde s’équipe, sans oublier de faire suivre eau et casse-croutes afin de pouvoir déjeuner au fond. L’entrée de l’aven est situé à seulement 60m de la route où nous avons laissé les véhicules.

Cet aven, comme la plupart des autres dans les alentours, a déjà été équipé par le CDS13 coorganisateur du congrès national FFS 2019 de La Ciotat. Et cela va nettement nous alléger dans nos déplacements, qui pourront être également bien plus fluides et rapides (ou bien moins ralentis…).

Ainsi, les départs en tête du premier petit puits de 6m s’enchainent pratiquement chaque minute pour chacun des 7 topi présents, qui continuent à voir le jour bien ensoleillé avant d’aller se diriger un à un vers le puits suivant de 20m fractionné une fois. Cette première partie d’échauffement nous amène assez rapidement vers -31m où se situe le départ de la seconde partie, qui n’est ni plus ni moins qu’un puits de 86m, certes fractionné 2 fois, mais qui suscite toutefois des doutes dans le cerveau de l’un d’entre nous, quant à la capacité de le remonter sans couler une bielle en milieu de parcours. Même si les plus hardis sont déjà sur la corde de ce vertigineux puits pour s’y laisser couler lentement tel les abysses de la Grande Bleue pas si lointaine, un petit groupe commence de ce former au départ de ce puits, à la fois pour attendre son tour d’y descendre que pour faire fuir les doutes toujours plus tenaces qui oppressent depuis plusieurs minutes maintenant le cerveau de ce spéléo émérite. Rien n’y fera, sa « raison » l’emportera ce jour-là sur sa passion, et à 11h30 il laissera son descendeur sur le côté de son baudrier pour ne plus se consacrer qu'à ses bloqueurs et remonter flirter avec le soleil et la forêt qui l’attendent à la surface.

Pendant ce temps, tout en bas de ce fabuleux puits s’élargissant sans cesse pour laisser découvrir une immense salle, il est à peine midi que le dernier pied de l’équipe restante a posé son empreinte à -117m. Ces 6 topi, les yeux émerveillés, entreprennent de la parcourir, tant sur son plateau de -117m à -120m de toute beauté et de scintillements, que sur sa partie supérieure à -110m accessible par un petit plan incliné équipé d’une corde à nœuds, et menant vers de magnifiques gours puis au détour d’un petit ressaut vers une autre salle majestueuse de concrétions en cascades de toutes formes et couleurs et aux multiples sonorités de ses draperies immenses.

Il est déjà 12h30 et après avoir nourri abondamment nos yeux de toutes ces merveilles façonnées par la nature et le temps, il est des estomacs qui réclament également pitance. Certes ils n’auront pas droit aux bartavelles ou lièvres des collines ni aux vins de Bandol ou des Coteaux Varois, mais plus modestement aux casse-croutes préparés à la hâte le matin. Ces derniers seront engloutis en quelques minutes à peine, tout comme les petites réserves d’eau qui pesaient sur nos côtés, au fond de nos minis kits accrochés à nos baudriers. Ainsi mieux « centralisés » dans nos estomacs, et disposés pour nous fournir un appoint de carburant plus tard, il est temps de penser aux remontées, non sans oublier d’aller d’abord se faire une photo de groupe tout au fond de la dernière salle. Oui, celle qui demande de rejouer des biceps avec la corde à nœuds et de l’équilibre pour passer le petit ressaut. Une fois le cliché cadré et mis dans la boite à image, retour au départ du P86 qui nous attend majestueusement avec sa longue corde dont nos éclairages pourtant puissants ne voient pas l’autre extrémité. Haut de page

13h passée, Pierre impatient de prendre un peu d’avance, car évoluant à son rythme sénatorial, et ne désirant pas retarder ses compagnons du jour (ou plutôt de la nuit, à cette profondeur), s’empresse de se saisir de la corde pour y ajuster ses bloqueurs. Mais la sagesse de ces camarades l’invite à laisser d’abord passer Anto qui est au top niveau de ces capacités, tant techniques que physiques, pour assurer une éventuelle aide en cas de défaillance. Et en effet, en seulement 2mn les 30 premiers mètres jusqu’au fractio sont remontés plus vite que je ne les avais moi-même descendus. Pierre, tel qu’il avait annoncé au départ, mettra 7mn 30 pour ce même tronçon. Suivra ensuite Franck, tantôt ralenti par le rythme de Pierre, mais aussi parfois poussé par Alexia en grande forme malgré ses estimations pessimistes. Les cinquième et sixième places se joueront entre Jean-Claude et Marie qui ne débuteront leur remontée pour quitter cette magnifique salle, et la replonger dans le noir à presque 14h. Plus haut les fractions défilent lentement et surement, mais le rythme d’Anto est plus serein car il est inutile pour lui de faire trop chauffer la machine et se refroidir plusieurs minutes en attendant Pierre. Pierre qui d’ailleurs lui demandera de ne pas rester avec lui en haut du P86 pour attendre Franck et Alexia, car son autre raison, non avouée en bas, de remonter le premier sitôt le casse-croute englouti, était d’aller libérer le contenu de sa vessie qui commençait sérieusement d’être « pressée » par le poids de son estomac rempli et de son baudrier resserré. C’est ainsi, qu’alors qu’Anto demeurait en haut du P86, que Pierre enchaina rapidement le P20, puis le P6 vers la surface ensoleillée, au sommet duquel Noël attendait après sa promenade aux alentours.

Il était déjà 14h et Noël tout content de revoir un compagnon ressortir de cet aven n’avait qu’envie de parler et raconter ces 2 dernières heures passées seul à « attendre » et découvrir les alentours. Mais Pierre, mu par l’énergie que seule l’envie d’aller libérer son « trop plein » animait, n’avait point d’oreille pour lui, et c’est à une vitesse folle qu’il se libérait de son baudrier et de sa combinaison pour aller inonder la végétation avoisinante. Noël pouvait enfin accéder aux oreilles devenues disponibles de Pierre, et lui raconter ses deux dernières heures passées, alors que Pierre restait assez discret sur la beauté du lieu qu’il venait de quittait et attendait que les autres têtes casquées sortent du puits final pour échanger en commun de leurs impressions, sentant une petite pointe de regret chez Noël qui avait fait un autre choix en haut de cet intimidant P86 pour lui ce jour-là.

Vers 16h, tout le monde dans les véhicules, et route retour vers la villa où de bonnes bières et douches précédèrent un copieux chaud et succulent repas, préparé par Jean-Noël, à savoir, un hachis Parmentier mais au boudin. Avec la collaboration de Véronique, Wanda et Henri-Pierre pour dresser une grande table sur la terrasse qui verra également défiler fromages, dessert, vins, limoncello, myrte. Puis la traditionnelle séance projection desHaut de page photos de la journée avec l’incontournable infusion, avant d’aller rejoindre nos lits respectifs (seuls ou en binômes) pour une nuit bien méritée et pleine de rêves merveilleux suite à cette mémorable journée.

Quelques jours plus tard, à La Ciotat, je ne manquerai pas de féliciter Hervé (co-découvreur de cet aven) pour la beauté et l’accessibilité de ce magnifique endroit.

 

Topo :

 

 

Mardi 4 juin 2019

Spéléo, visite
Gouffre du Petit Saint Cassien, massif de la Sainte Baume, Nans-les-Pins (83)

 

Participants

  • ITP : Antoine B., Jean-Noël D., Marie G., Jean-Claude L., Pierre L., Noël R., Alexia S. B., Franck Z.

 

TPST : 5 à 7h00

Photos

 

« Boyaux and C° »
Le gros trou du camp, -310 m d’après la fiche descriptive, les derniers initiateurs sont tout émoustillés.
Après le plateau de Siou Blanc nous voilà de retour sur la Sainte Baume. L’entrée est rapidement repérée grâce aux indications de la fiche topo.

Grand dilemme, où laisse-t-on les clés, près des véhicules ou près du trou ? Une commission sera constituée afin préciser les bonnes pratiques ;-).
Marie ouvre le bal et s’engage dans la cavité. Quelques puits suivent dont un beau P28 qui aboutit dans la salle de la pluie, mais pas besoin de parapluie aujourd’hui. Quelques puits encore, dont un beau P30 et voilà la Salle du Camp. Ça tombe bien, on a faim !

Les sandwichs sont goulument avalés, photo de groupe et on attaque le premier méandre. R8, P5, c’est à ce niveau que Nono, Pierre et JN décident de faire demi-tour, ça devient étroit !

Le reste de la troupe continue dans ce méandre tarabiscoté jusqu’à l’espéré puits Tampax, signe de volume. Pourquoi Tampax, peut-être à cause des marbrures rouge-sang qui le parent…

Encore un P6 suivi par un P12 et voilà le Grand Méandre. Qualificatif relatif compte tenu de la largeur de celui-ci. La progression est quand même plus aisée que le précédent puisqu’elle se fait à la verticale cette fois-ci. A la verticale certes, mais avec les jambes de plus en plus écartées, en opposition entre les parois pour éviter de prendre l’eau dans les bottes.

Nous arrivons ainsi jusqu’à peu près la moitié du méandre, jusqu’à ce qu’Anto qui ouvre la marche tombe dans l’eau jusqu’aux genoux. Anto en a plein les bottes, les autres plein le c.. !

Demi-tour après 4h30 de progression à environ 188 mètres de profondeur, les -310 m étaient encore trop loin. Proposition est faite aux plus en forme du groupe de continuer jusqu’au fond, mais le petit bain d’Anto les a refroidi.Haut de page
Une des particularités de cette cavité : la sortie des puits sur méandre, ça posera quelques problèmes aux courts sur pattes !

Le Petit Méandre est un peu plus vite avalé, l’équipe précédente est rattrapée peu avant le puits d’entrée.
Retour aux véhicules en passant devant l’entrée de l’Écureuil qui fait un clin d’œil aguicheur à certains topi …

 

Topo

 

 

 

Mercredi 5 juin 2019

Rando-spéléo

Sur les pas de Marcel Pagnol, Marseille (13)

Grotte du Grosibou, Grotte de la Baume Sourne, Allauch (13)

 

Participants

  • ITP : Jean-Noël D., Henri-Pierre F., Jean-Claude L., Pierre L., Véronique M., Noël R., Alexia S. B.

  • La toutounette : Nala

 

TPST : 0h30

Photos

Trace kml

 

Nous avions prévu de réaliser une journée de randonnée durant ce camp 2019. Tout naturellement une excursion en pays d'Aubagne et de l'étoile, s'est imposée. Nous irons dans les collines chères à Marcel Pagnol.

Ce matin, le petit déjeuner avalé, nous sommes prêts : les casse-croûtes et les gourdes remplies sont enfermés dans les sacs à dos. Nous chargeons les voitures et partons en direction d'Aubagne. Un arrêt à l'office de tourisme s'impose afin de récupérer les cartes des randonnées dans le Garlaban (une pochette de 12 itinéraires nous est proposée). Une mini réunion s'improvise alors sur le trottoir, nous nous décidons pour le parcours n°4. Le GPS, outil moderne d'aide à la navigation, nous guide par des routes étroites et incertaines en direction du village de la Treille, point de départ de notre balade.

Arrivés sur place, nous garons nos voitures sur un emplacement juste en face du cimetière.

Nous poussons la grille de fer et trouvons aisément la tombe où reposent Marcel PAGNOL et ses proches. Sacs sur le dos, nous entamons la montée qui va très rapidement nous mener sur les traces de la « gloire de mon père » (premier tome des souvenirs d'enfance de Marcel PAGNOL). Le récit se déroule pendant les vacances d'été passées en famille au village de la Treille en1904.

« Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers ». Ainsi débute cette histoire qui immanquablement nous entraîne en « Pagnolie ». Nous allons mettre nos pas dans ceux du petit Marcel, de Joseph, son père l'instituteur, de sa mère Augustine et de son petit frère Paul. Dans ceux de Lili des Bellons, de Mond des Parpaillouns et de l'oncle Jules « qui roulait les r comme un ruisseau roule des graviers. » Nous entrons dans La Treille et nos premières enjambées vont nous mener sur une placette ombragée où d'une fontaine circulaire coule l'eau si précieuse des collines (la fontaine de Manon des sources). « Au milieu de la place, la fontaine parlait toute seule » quelques photos puis, une volée de marches plus loin et nous nous trouvons devant l’église St Dominique de La Treille. A gauche du porche d'entrée est apposée une plaque commémorative de marbre blanc sur laquelle est gravé le nom du colonial David MAILLAN mort à la guerre de 14-18. David MAILLAN n'est autre que Lili des Bellons, le petit frère des collines de Marcel PAGNOL.

David MAILLAN est mort en juillet 1918, « dans une forêt noire du nord. Une balle en plein front avait tranché sa jeune vie, il était tombé sous la pluie, sur des touffes de plantes froides dont il ne savait pas les noms » (le château de ma mère).

Sur le chemin des Bellons, aujourd'hui une route goudronnée qui ondule entre deux vallons, nous reprenons notre randonnée. Nous dépassons «la Pascaline» (villa où Marcel PAGNOL écrivit les premières pages de ses souvenirs d'enfance). La montée est tout de suite raide sur le bitume. Nous passons sous les pins dans une zone ombragée bordée de villas résidentielles. La route parfaitement balisée de marques jaunes conduit toujours en raidillon vers la « Bastide Neuve » la maison des vacances de la famille PAGNOL «Voilà la Bastide Neuve, voilà l'asile des vacances » dit la plaque.

Nous faisons une halte. Spectateurs, nous sommes surpris et aussi attristés par l'état de la maison aujourd'hui.

Les PAGNOL occupaient la partie gauche pendant leurs séjours, soit la partie aujourd'hui habitée. Au rez de chaussée se trouvait une salle à manger au milieu de laquelle trônait une cheminée en marbre et une cuisine où débouchait le fameux « robinet du progrès ». A l'étage, auquel on accédait par un escalier qui faisait un coude, il y avait quatre chambres.

Aujourd'hui, une « voiture moderne » occupe la cour où jouaient les garçons... 

Nous poursuivons, plus loin une barrière nous barre le chemin. Elle marque la fin du goudron. Nous contournonsHaut de page l'obstacle et marchons maintenant sur un large chemin caillouteux, nos pas vont nous emmener au col du Sauvage. Devant nous se découvre alors une première colline circulaire dont la partie supérieure est bombée comme un bouchon de champagne, c'est Tête Ronde. C'est là que le petit Marcel est émerveillé et confesse son attachement devant ce paysage fait de pinèdes, de garrigues, de vallons et de barres rocheuses infranchissables. C'est là que débute une histoire d’amour avec cette terre de Provence : « Nous sortîmes du village et commença la féerie. Je sentis naître un amour qui devait durer toute ma vie. Un grand oiseau noir, immobile, marquait le milieu du ciel et de toutes parts comme une mer de musique montait la rumeur cuivrée des cigales ».

Depuis le chemin, en courbe de niveau à droite de tête ronde, nous apercevons l'entrée d'une galerie de mine de bauxite et ses rejets stériles de couleur rouille.

Une forte brise nous rejoint, elle va nous accompagner tout au long de la montée.

Nous laissons sur notre gauche le sentier qui part dans le vallon des Escaouprés dominé par le sommet de tête rousse. Nous pouvons apercevoir sur la gauche du vallon les grottes des Pestiférés et sur la droite sur le bord du chemin « le figuier des souvenirs d'enfance ». Le chemin caillouteux marqué de jaune s’élève encore. Sur des dalles rocheuses, près d'un aiguier sommairement aménagé nous dérangeons deux lapins venus certainement s'abreuver dans la cuvette naturelle. Nous sommes à présent au Pas du Loup. Le vent souffle toujours en rafales. Nous nous concertons pour décider de la direction à prendre. Deux options : soit poursuivre plus haut vers le sommet du Taoumé ou bien continuer en courbe de niveau et ainsi éviter la montée qui mène au sommet. Nous prenons la décision de monter sur le Taoumé et passer ainsi à la grotte du « Grosibou ». Véronique décide de ne pas continuer plus haut, elle va longer le pic du Taoumé sur son côté sud, nous la retrouverons un peu plus bas dans la pinède pour le casse-croûte.
Commence alors pour les autres une courte mais rude montée jusqu'à la grotte du « Grosibou ». C'est là que Marcel et Lili des Bellons avaient trouvé refuge un après-midi d'orage, avant que les bouboulements du grand-duc ne les délogent. C'est également dans cette même grotte qu'à la veille de la rentrée des classes de 1904, le jeune Marcel avait voulu se faire ermite. Assis sur le gros rocher qui encombre l’entrée, on peut les imaginer tels qu'ils étaient, chacun sur leur rocher s'appelant en faisant résonner l'écho de leurs voix dans les vallons. Grâce à Pagnol, Lili des Belllons est lui aussi entré dans la légende. En fait la grotte est une fracture dans la montagne qui s'ouvre par une fenêtre sur la garrigue. Jean-Claude, Alexia, Pierre et Noël vont en faire la traversée. Les quatre se retrouvent au sommet. Avec ses 667 m, le pic du Taoumé est le troisième plus haut sommet du massif après Garlaban 714 m et le plan de l'aigle 731 m. De là-haut le spectacle est au rendez-vous : la Sainte Victoire, le Garlaban, la Sainte Baume... Au loin, drapée dans la brume, Marseille et la Méditerranée. Nous redescendons, Henri-Pierre et Jean-Noël nous rejoignent à l'entrée d'une pinède. Nous sommes à présent au point de rendez-vous désigné pour le casse-croûte, Véronique nous retrouvera après quelques instants. Nous avalons nos sandwichs assis sur des rochers de calcaire. La brioche aux écorces d'orange sera partagée et appréciée par tous. Il est l'heure de reprendre le chemin du retour. On fait un détour par le rocher de Garlaban ou pas ? On réfléchit, on analyse. Une décision est prise, il nous faudrait trop de temps pour faire l'aller-retour puis redescendre jusqu'au point de départ.

Nous nous contentons de l'observer de loin.

« Garlaban, c’est une énorme tour de roches bleues, plantées au bord du Plan de l’Aigle, cet immense plateau rocheux qui domine la verte vallée de l’Huveaune.

La tour est un peu plus large que haute : mais comme elle sort du rocher à six cents mètres d’altitude, elle monte très haut dans le ciel de Provence, et parfois un nuage blanc du mois de juillet vient s’y reposer un moment.

Ce n’est donc pas une montagne mais ce n’est plus une colline: c’est Garlaban.»

Nous plongeons maintenant dans le vallon de Précatori, le sentier pentu et caillouteux nous mène à l'entrée de la Baume Sourne (grotte obscure en provençal). Une vaste cavité seulement éclairée par les rayons du soleil. Nous estimons sa surface à 1500 m2. En bons spéléologues nous en faisons le tour et le détour. Nous prendrons quelques photos, puis nous reprenons notre descente dans le vallon de Précatori qui se jette dans le vallon de Passe temps.

C'est là, que Marcel enfant avait suivi en cachette son père Joseph et l'oncle Jules partis très tôt, avant le lever du soleil, chasser la bartavelle. C'est sur une de ces pointes de roches qu'il a crié de toutes ses forces: «il les a tuées! Toutes les deux! Il les a tuées!»

« Et dans mes petits poings sanglants d’où pendaient quatre ailes dorées, je haussais vers le ciel la gloire de mon père en face du soleil couchant»

Ainsi s’achève le premier tome de la trilogie des souvenirs d'enfance « La gloire de mon père »

Le sentier caillouteux du vallon de Passe-Temps s’étire, serpente et se force un passage à travers les térébinthes, les cades et les romarins. Le soleil commence à chauffer en ce début de juin, Nala en profite pour se faire porter pâle, elle va poursuivre une grande partie de la randonnée dans les bras d'Henri-Pierre. Plus loin, nous arrivons en vue de la grotte du Plantier (la grotte de Manon des sources). Nous posons les sacs à l'ombre d'un chêne. Pour se rendre à la grotte de Manon il faut quitter le chemin principal et emprunter une sente mal indiquée, encombrée par la végétation arbustive des collines. Les chênes kermès aux petites feuilles bordées de dents épineuses alternent avec les ajoncs et les coussinets parfumés du thym auquel se mêlent les coroles roses des cistes cotonneux. La cavité n'est pas facile d'accès.Haut de page

Seuls, Alexia, Jean-Claude, Pierre et Noël iront jusqu'à la barre rocheuse qui abrite la grotte. Henri-Pierre et Nala, Véronique et Jean-Noël attendront au frais à l'ombre bienfaitrice du chêne. La grotte n'est en fait qu’un abri sous roche dans lequel se trouve une petite vasque d'eau fraîche. Les jambes légèrement griffées, nous rejoignons les autres, et reprenons notre parcours au long duquel nous laisserons çà et là des parcelles emblavées. Selon le désir de PAGNOL, ces terrains sont cultivés chaque année depuis 1950 par une société de chasse. La récolte est laissée sur pied et sert de nourriture à la sauvagine des collines. Plus loin nous emprunterons le chemin du retour qui nous conduira au village de La Treille.

Le retour aux voitures marque la fin d'une randonnée remarquable et inoubliable qui nous a permis d'admirer les magnifiques paysages racontés par Marcel PAGNOL.

 

Topo :

 

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Canyon

Les Encanaux, Auriol (13)

 

Participants

  • ITP : Antoine B., Marie G., Franck Z.

 

Photos

 

Aujourd’hui il y aura plusieurs équipes différentes sur le terrain …

Nous nous Levons à 7h30 pour prendre le petit déjeuner comme tous les matins entre habitants du bas : ceux du haut sont des lève-tard. Le temps est beau mais le mistral souffle … Départ pour la petite équipe canyon constituée de Marie, Franck et Anto vers 9h45 en direction du « seul vrai » canyon des Bouches du Rhône …. La première action est de repérer le parking de retour, celui du départ et anticiper la petite navette entre les deux, vue que nous sommes partis avec un seul véhicule. Anto réalisera la portion de route entre les deux parkings en petites foulées. Nous avons apprécié les panneaux et le jalonnement en « rubalise » réalisés par les organisateurs du congrès afin d’indiquer le départ du canyon.

Le top départ de la marche d’approche est donné à 11h45.

Après une petite marche de quinze minutes à travers chemins et rochers dans le lit de la rivière asséchée nous entrons dans le vif du sujet : depuis le haut de la C17, la première cascade, la vue de l’encaissement du canyon est magnifique.

Marie équipe la première cascade, en plaçant une main courante technique et installe la corde en double au relai, il y a un petit frottement.

Nous avions prévu une corde de 60m, assez longue pour shunter le relai de la C19 juste en-dessous. Le rappel est vraiment sympa.

Les cascades se succèdent et l’on est toujours dans un fond de canyon à sec, Anto équipe à son tour.

Franck s’essaie également à l’exercice en équipant une C11.

Vu la végétation, les feuilles mortes et bien d’autres signes nous font dire qu’il y a un moment que le canyon n’a pas eu d’eau.

Sur les coups de 13h30 une petite faim se fait sentir. On se contente d’un frugal repas constitué d’un petit saucisson, de pom’potes et de chocolat.

Le restant se transforme en une randonnée dans le lit de la rivière jusqu’à atteindre une belle résurgence salvatrice, l’eau y est très fraiche.

Anto tentera de rafraichir ses parties intimes mais renoncera.Haut de page

Le retour s’effectuera par une interminable montée le long du chemin des Encanaux jusqu’au parking amont, heureusement le chemin est ombragé dans la première partie.

Nous resterons un peu sur notre faim concernant ce canyon, présenté comme le « seul vrai » canyon des Bouches du Rhônes…

 

Topo : 

 

 

 

Jeudi 6 juin 2019

Spéléo, visite

Gouffre de la Méfiue, massif de la Sainte Baume, Nans les Pins (83)

 

 

Participants

  • ITP : Antoine B., Jean-Noël D., Henri-Pierre F., Marie G., Jean-Claude L., Noël R., Alexia S. B., Franck Z.

  • SCA : Marie-Françoise A.H. Jean-Michel H.

  • Initié : François D.

 

TPST : 1h30 à 2h00

Photos

 

Lieu-dit les 4 Chênes

Découvert en 1978 par le SCPAN

Profondeur 78 m

Marche d’approche : 5’

 

« Happy few à la Mefiue »

Marie-Françoise et Jean-Michel nous ont rejoints la veille à la Cabrière d’Azur avant le congrès de la FFS du Week End. Ils se joignent aux Topi pour cette sortie du jour. Ils nous ont apporté un vin blanc, un fromage et un apéritif à la gentiane, le Salers, auvergnats… François est également arrivé la veille. Pour toutes ces raisons, certains ont donc bien dormi … ou pas, et ont eu un réveil pénible … ou pas.

L’entrée est assez large. Un gros tuyau rouge d’aération file jusqu’au fond et témoigne d’une désobstruction en cours.

On débute par un P9 et un plan incliné qui mène à une petite salle ; passage ensuite d’une fissure désobstruée qui aboutit à une série d’étroitures sur quelques mètres puis descente : P6, P10, P14 et P25.

On rejoint la salle de la pluie, bien fine ce jour-là. Certains sont un peu essoufflés : Salers ou CO2 ? bien que la fiche topo ne signale pas le risque.

On s’arrête à cette salle d’une centaine de m². Si l’on poursuivait une étroiture mènerait encore à un puits de 3 mètres et un méandre désobstrué jusqu’à la côte -78.

Remontée de 20 mètres jusqu’à une vire. La corde est amarrée bien plus haut et son élasticité gène la levée du Croll. Noël oublie d’enlever son Pantin et nous fait une Albertade. Son pied remonte au niveau de sa tête. Sa longue expérience lui permet de se rétablir sans problème.

Sur la vire à gauche départ vers le « nouveau réseau » E20 et P30 que l’on ignore. A droite une main courante rejoint la corde du P 25. Remontée tranquille. Jean Michel est restée avec Marie-Françoise qui s’est arrêtée au bas du P6. Le premier puits recèle de nombreux troglophiles, un magnifique Gloméris, des clos-clos, des araignées...Haut de page

Pique-nique aux voitures. Puis MF, JM, JN et HP retournent à la Cabrière d’Azur. Franck, Noël et Jean-Claude partent randonner à la grotte de la Sainte Baume. Les autres vont faire l’aven de l’Ecureuil, voisin de quelques dizaines de mètres.

 

Topo :

 

 

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Spéléo, visite

Gouffre de l'Écureuil, massif de la Sainte Baume, Nans les Pins (83)

 

 

Participants

  • ITP : Antoine B., Marie G., Alexia S. B.

  • Initié : François D.

 

TPST : 2h30

Photos

 

Le nom « Écureuil » vient de l’hélicoptère qui a permis dans les années 80 la découverte de l’aven grâce à l’utilisation d’une caméra thermique.

Un chantier de désobstruction est en cours dans le boyau final.

La cavité est protégée par un grillage dont un coté s’ouvre pour accéder au Gouffre.

En petit comité de quatre personnes, il est décidé d’accumuler le Gouffre de l’écureuil après le Gouffre de la Méfiue. Ils se trouvent à 5 min de l’un de l’autre.

Anto descend en premier suivi de François puis Marie et Alexia. Notre objectif est d’atteindre -110 m et de remonter pour 18 heures.

La première partie de la cavité présente de belles dimensions, allant jusqu’à 15 m de largeur. Le puits d’entrée est une verticale de 50 m. avec un palier à -44 m. Ensuite, la cavité continue par un plan incliné, quelques petits ressauts et un puits de 7 m. On est alors à – 65 m.

Une diaclase démarre pour donner accès à un ressaut de 3 m. Ensuite, une nouvelle diaclase de 15 mètres permet de déboucher dans un puits de 40 m. nous sommes au fond. Notre objectif est atteint -110 m.

Des photos sont réalisées. On ne tarde pas il faut remonter. Nous partirons rejoindre les randonneurs de la SainteHaut de page Baume.

Topo :


   

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Rando-spéléo touristique

Grotte Sainte Marie Madeleine, Saint Pilon

Massif de la Sainte Baume, Plan-d'Aups-Ste-Baume (83)

 

Participants

  • ITP : Jean-Claude L., Noël R., Franck Z.

 

TPST : 0h30

Photos

Trace kml

 

« Sur les pas de Marie Madeleine … »

Certains sont restés sur leur faim spéléo après la rapide visite de l’aven de Méfiue et après avoir assouvi leur faim physiologique, ils se dirigent vers l’aven de l’Écureuil non loin de là. Les 3 autres, à force de passer sous le massif de la Sainte Baume, et de zieuter le bel ermitage collé à la falaise, se laissent tenter par une petite rando.

Celle-ci démarre par le GR9 au niveau de l’Hostellerie de la Sainte Baume. Ce n’est pas un hôtel classique mais une maison religieuse qui propose hébergement et restauration aux pèlerins et randonneurs. On nous l'avait d'ailleurs proposé comme gite du camp !

Dès le départ du chemin des Roys le panneau « Grotte Ste Madeleine » titille les 3 compères, ils feront peut-être un peu de spéléo finalement …

Le chemin s’enfonce dans une belle forêt domaniale qui contraste avec la végétation rencontrée habituellement en Provence : « de vieilles et hautes futaies de chênes pubescents, tilleuls, érables entre 670 et 760 m, hêtraie pure au-dessus jusqu'au col du Saint-Pilon à 952 m. C'est la zone la plus connue, protégée depuis le Ve siècle par une longue lignée de moines ». Ce chemin historique, foulé par de nombreux rois et papes qui vinrent en pèlerinage, dont le fameux Saint Louis, est aménagé en marches d’escaliers dont l’usure dénote des milliers de pas qui l’ont foulé. Il fait bon dans cette forêt qui protège des ardeurs du soleil. A une croisée de chemin, un groupe de randonneurs nous indique la direction de la grotte. Nous sommes accueillis par un calvaire avec une représentation du Christ sur sa croix accompagné des 2 « larrons ». Au pied de l’imposante falaise un escalier mène à l’entrée de la grotte. C’est une immense baume éclairée par de beaux vitraux insérés dans le mur de fermeture. C’est là que sont conservées les reliques de Sainte Marie Madeleine, considérée comme une des apôtres. C’est un haut lieu de pèlerinage pour le monde chrétien. Un bassin alimenté par une source se trouve dans un niveau inférieur de la cavité.

Retour à l’air libre, visite de la maison des pèlerins, lieu dédié aux repos de ceux-ci, on y sent le vieux bois et l’histoire.

Direction le col du Saint Pilon maintenant. La chapelle des Parisiens a droit en passant à un salut tonitruant de la part de Nono. La vue depuis le col est magnifique, jusqu’à la Saint Victoire côté nord, jusqu’au circuit du Castelet côté sud avec la mer en arrière-plan.Haut de page

Nous continuons encore sur la crête sommitale, un selfie et c’est le demi-tour. Descente par une variante au niveau de la croisée des chemins de la grotte, permettant de faire un circuit.

Une mousse en terrasse à côté de l’hostellerie permet de se réhydrater avant de retrouver le groupe de l’Écureuil.

Topo :

 

   

 

Vendredi 7 juin 2019

Spéléo, visite

Gouffre de l’Eau de Là, Nans les Pins (83)

 

 

Participants

  • ITP : Jean-Noël D., Henri-Pierre F.

  • GPS (Gruissan Prospection Spéléo: Jean-Marie B., Claire F.

  • SCSP (Spéléoclub d’Alès) : Jean-Pierre B.

 

TPST : 5h00

Photos

 

Beaucoup d’hésitations dans la préparation de la sortie de ce jour. Jusqu’à ce matin 9 h, une partie des topi avait envisagé de se joindre aux copains de la CoMed, fraichement arrivés sur le Congrès pour aller visiter l’Eau de Là (et en revenir…). Marie se lève et le programme change, la troupe des topi part vers Maramoye, une cavité à équiper. Avec HP on en restera à la sortie prévue, les copains sont déjà en route.

Direction la Sainte Baume, la route nous est bien connue, la cavité s’ouvre dans le même secteur que le Petit Saint Cassien, Mefuie et l’Écureuil. Sur place à 10 h 30, JM est déjà là. Équipement et petite marche d’approche d’une dizaine de minutes. En cours de marche sur le lapiaz on serpente entre les départs de cavités…

On décide de manger léger avant de descendre. Juste comme on se faisait la réflexion sur le peu de spéléos rencontrés lors de nos visites, on en voit arriver quatre venants de Lille. Le temps qu’ils se préparent on devrait être loin devant.

HP s’élance en premier suivi de Claire, le trou est broché, entrée de 1x1m puis passage en baïonnette un peu étroit, nouveau fractio. En bas de ce P6, dit du Xylopode car tapissé par des racines qui viennent de la surface, cela devient grand, un beau P16 dont la moitié est contre paroi. En bas une vire de 10 m part sur la droite, nouveau beau puits de 10 m et un fractio déporté à droite qui oblige à se hisser un peu sur la corde puis le dernier P5 avec un fractio plein pot – mais les parois ne sont pas loin ; on arrive sur des blocs, un amarrage en plafond et une dernière marche de 3 m. Nous venons de traverser le Coniacien (Crétacé supérieur) et nous entrons dans le Turonien (pour un tourangeau, c’est du terrain connu).

On se regroupe dans une petite salle d’où part une étroite galerie, en fait un méandre avec pas mal de passages biscornus obligeant à ramper. HP hésite un peu devant un laminoir humide et un peu boueux, JN n’est pas plus téméraire, heureusement J-Marie nous confirmera que c’est bien la suite. Il parait qu’il y aurait des Niphargus, rien vu… Quelques « entonnoirs à guêpes » plus loin (nom donné par JM à ces étroitures verticales en biseau, qui se passent très bien à l’aller….), fin de la traversée des Passages Mamie Lénère ; on arrive en haut d’un P5 le long d’une magnifique coulée pour poser pied dans une grande salle et un magnifique lac aux reflets verts, le Lac O Rond. Sur la droite et en hauteur, départ de la galerie Kristal Kaillasse Avenue, aux parois recouvertes de particules scintillantes, mais elle est sans suite, revenons au lac.

Nouveau méandre tortueux avec des bifurcations qu’on prend le soin de marquer par des flèches. La topo signale une mare d’argile, heureusement à sec ! Puis les volumes s’agrandissent, on est dans la Galerie du Cheval de Noûte. De belles concrétions, une salle et la galerie continue sur la gauche. Mais c’est un colmatage. La suite est en bas des concrétions par un ressaut remontant de 3 m équipé. Pas mal de bruit derrière, outre les lillois, il y a des grenoblois et des lyonnais – plus d’une dizaine de personnes, ça va bouchonner pour le retour.

Puis un très beau canyon, galerie fossile aux contours arrondis. Tiens où est passé HP, Claire pense qu’il a sûrement fait demi-tour ? De toute façon il ne sera pas seul. Voilà un puits de 4 m qui peut se shunter en désescalade. Pendant ce temps HP arrive derrière nous, il n’avait pas vu le ressaut de 3 m.

Sur la droite, le long d’une coulée, il faut monter une escalade de 5 m avec une lucarne étroite et on arrive dans une belle galerie, le Chemin des Aztèques, aux parois orangées, qui fait songer aux siphons suspendus de Goudou et un peu à Saint Marcel. Quel plaisir de passer en premier mais malheureusement au bout de 150 m elle se divise en deux branches borgnes, fin du rêve. Trois bonnes heures pour arriver au bout, on est à -64 m.

On retrouve nos grenoblois en haut du P4 et on apprend que le gros groupe de lyonnais a fait demi-tour, la voie est libre. Le retour sera émaillé de quelques hésitations dans les méandres et de ahanements lors du passage des « pièges à guêpes », mais nous voilà en bas des puits. Sortie de HP en premier, on n’aura eu aucun bouchon. On aura mis deux heures pour le retour.

Dehors personne, les lyonnais sont aux voitures. On apprendra après que le groupe comportait quelques débutants qui ont un peu souffert aux passages de fractios et ont eu besoin d’aide. On a bien fait de prendre notre temps.

Sortie 16 h 30, toujours un beau soleil. Juste après la sortie de Jean-Pierre, on voit arriver un couple de parisiens, dont Nathalie du CA. On leur explique la complexité du parcours, à quelle heure vont-ils sortir ? Finalement ils feront demi-tour avant les méandres.Haut de page

Finalement la cavité n’est pas très longue (quelques centaines de mètres) ni très profonde (-64) mais représente un bon résumé de tout ce qu’on peut trouver sous terre : jolis puits d'entrée, étroitures, un petit lac, quelques excentriques et de belles galeries. Cependant la description de la fiche topo est un peu exagérée, pour rappel : « Envie d’en avoir plein les yeux ? Cette cavité vous ravira les pupilles avec ses draperies, stalactites, excentriques et parois qui brillent de mille feux sous vos éclairages. Mais cela se mérite. »

Topo :

 

 

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Spéléo, visite

Abime de Maramoye, Le Beausset (83)

 

 

Participants

  • ITP : Antoine B., Marie G., Jean-Claude L., Pierre L., Noël R., Alexia S. B.

  • Initié : François D.

 

TPST : 5h entre la descente de la première et la remontée du dernier (12h à 17h)

Photos

 

L’écart entre les lève-tôt du bas et les lève-tard du haut se creuse. C’est que la fatigue commence à se faire sentir…

La veille au soir, c’est l’aven de la Solitude qui avait été pressenti, avec cependant un bémol émis par certains sur le fait qu’il était quand même bien regrettable de ne pas avoir utilisé les kilomètres de corde et les tonnes de mousquetons trimballés depuis Bastia. C’est ainsi que Jean-Claude suggère à Marie de contacter Alexis S., son collègue spéléologue sur la région et membre du comité d’organisation du congrès, afin de lui demander conseil sur une cavité sympa dans le coin non équipée pour le congrès. Alexis nous conseille finalement la Grotte de Maramoye qui promet de beaux volumes, de jolies choses à voir au fond, et qui n’est pas trop loin de notre gîte.

Antoine B., François D., Marie G., Pierre L., Jean-Claude L., Noël R., Alexia S. B. et Franck Z. préparent la sortie (matériel, recherche de l’accès, pique-nique, etc.) et de leur côté Henri-Pierre et Jean-Noël décident de partir faire l’Aven de l’Eau de Là avec quelques membres de la COMED.

La cavité se situe dans le massif du Siou Blanc, non loin de l’aven de Thipauganahé. La partie finale de l’accès est une piste à l’entrée de laquelle se trouve un panneau d’interdiction. Alexis S. nous confirme que le CDS 83 a un accord avec le propriétaire et qu’il faut respecter l’interdiction. Nous nous permettons d’aller déposer le matériel et les passagers aux abords de la cavité puis Alexia et Franck vont garer les véhicules à l’extrémité de la piste. Ils reviendront rapidement à pied, il n’y a pas long à faire.

Jean-Claude était venu planter quelques spits dans le large puits d’entrée de cette cavité lors de son stage initiateur il y a… pfiou… quelques années. Ce sont donc ses souvenirs de l’époque qui nous ont aidés à trouver l’accès final au trou. Depuis la piste principale il y a 30 m à faire et l’on tombe sur un magnifique puits d’effondrement d’environ 20 m de diamètre. La végétation qui entoure le gouffre et qui a envahi ses parois tranche avec le blanc du calcaire. Ce trou en impose et nous appelle.

L’équipement est proposé à Alexia qui pourrait ainsi s’entraîner dans une cavité qu’elle ne connaît pas, mais elle décline timidement la proposition. Marie en profite donc pour soumettre sa candidature, qui est acceptée.

Les cordes ont été préalablement enkitées, on ne perd donc pas de temps et l’équipement débute rapidement. Une potence est installée au bord du puits et facilite l’équipement. Marie choisit de faire une main courante qui rejoint directement la potence, sans amarrage ou déviation intermédiaire. C’est une erreur car cela peut engendrer un frottement à la remontée et ne facilite pas l’accès à l’amarrage de la potence. Nono rééquipe en mettant un amarrage intermédiaire sur un petit arbre pendant que Marie finit de descendre au fond du puits d’entrée. Au fond se trouvent de jolies fougères endémiques du coin. Elles sont délimitées par un petit câble pour les protéger, on y fera attention.

Antoine suit bientôt, mais laisse le temps à Marie de commencer les repérages de la suite de la progression. L’équipement de l’entrée de la boîte aux lettres lui donne du fil à retordre. Décidément, elle est bien rouillée, ce petit entrainement à l’équipement n’est pas du luxe ! Après l’installation un peu laborieuse d’une déviation dont le réglage lui parait approximatif, la suite déroule un peu mieux. La suite présente de beaux volumes et la progression sur corde se termine par un beau P18 plein pot qui nous dépose au sommet d’un grand éboulis.

Antoine qui suivait Marie dans sa progression pose le pied sur cet éboulis puis ils remontent. Le reste du groupe est resté dans le puits d’entrée pour pique-niquer avant la visite. Ils auront profité de ce temps pour visiter l’« Ancien Maramoye ». Marie ne se sent pas très bien une fois en bas avec un petit mal de tête, des bouffées de chaleur… la remontée sera un peu laborieuse. Le pique-nique est salvateur pour tous et nous surmontons vaillamment nos envies de sieste pour poursuivre l’exploration tous ensemble. Pierre jouera la prudence et ne descendra pas mais la troupe amorce sa descente. Le groupe s’étire un peu, François et Marie descendront en dernier et retrouveront le reste de la troupe un peu prostré en bas du Grand éboulis, abattus par le taux de CO2 qui semble élevé. C’était donc cela qui avait gêné Marie à la descente.

Antoine remonte les cordes en place pour explorer des galeries supérieures mais elles ne présentent pas grand intérêt. Les galeries qui se poursuivent en bas du Grand éboulis sont jolies. De beaux méandres et quelques gours. Le CO2 n’est pas facile à supporter, le moindre effort nous essouffle et fait mal à la tête. Nous ne trainons pas et débutons rapidement la remontée. C’est Antoine qui fermera la marche et déséquipera.

Pour terminer, une petite manip pour Franck au niveau de la potence pour remonter les kits d’équipement à la micro-traxion.Haut de page

Avant le retour au gîte, arrêt de rigueur pour faire des courses. Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Franck, il tient à nous faire un barbecue gargantuesque. On en profitera pour glaner quelques bougies que l’on disposera sur les délicieuses tartes aux pommes maison d’Alexia. Une belle soirée sous les étoiles pour fêter les 53 ans de Franck. Joyeux anniversaire !

 

 

Topo

Maramoye coupe 1

 

Maramoye coupe 2

 

Maramoye plan

 

 

 

Le reste

 

 

 

Le congrès

Congrès FFS, La Ciotat (13)

 

Photos

 

Tout d’abord il faut saluer l’organisation qui a permis d’accueillir 1 000 à 1 200 participants dans de bonnes conditions.

Vaisselle compostable, produit locaux.

Tables de repas avec bâches pour nous protéger des ardeurs du soleil. Pour l’apéro offert, plusieurs tables avec sangria, pastis et amuse-gueule.

Deux soirées concert.

Cavités intéressantes pour ceux qui ont pu aller se balader sous terre.

Ce fort sympathique « camp » s’est clôturé le samedi et dimanche, justement dans un camping, de plus situé au cœur de La Ciotat. En effet, notre location de la villa n’étant que pour une durée de 7 jours, il nous a bien fallu trouver un point d’hébergement pour notre huitième et dernière nuit dans cette belle région. Fort heureusement les organisateurs du congrès avaient bien anticipé les choses, et grâce à eux nous avions pu dès le printemps réservé les emplacements nécessaires dans le camping Le Sauge avec lequel ils avaient passé une convention pour cet évènement.

Nous étions ainsi à quelques minutes à pied des différents lieux occupés par le congrès, et pouvions à loisir passer de l’un à l’autre pour aller voir les exposants, les conférences, les projections, les expositions photos, les animations indoor et outdoor, les organisateurs ainsi que toute leur impressionnante logistique pour répondre également à nos besoins de nourritures et boissons.
La soirée concert rock du samedi soir fut également mémorable par la qualité des musiciens et son public conquit ne cessait de danser et demander des rappels jusqu’au bout de la nuit.

Durant le congrès, une trentaine de films en rapport avec nos activités ont été projetés dans la plus ancienne salle de cinéma du monde encore en activité, l'Éden théâtre. Ce dernier est le berceau des premières expériences cinématographiques des frères Lumière dans les années 1890. C'est d'ailleurs à La Ciotat qu'avait été filmée la fameuse arrivée d'un train en gare.
Notre documentaire « Les oubliés de Laninca » avait l'honneur de figurer au programme !
Pierre-Jean le réalisateur n'étant pas là, c'est Jean-Claude et Silvain qui se sont dévoués pour le représenter et répondre aux traditionnelles questions que suscite cette découverte.
 

L'Assemblée Générale de la FFS

Certes ce fut une AG un peu « bureaucratique », mais on ne pouvait y échapper. Nous sommes à un tournant dans l’organisation des fédérations sportives suite à la réforme des gouvernances initiée par le ministère. Statuts et RI devaient être modifiés et notre organisation ne permettait pas à ce jour les votes par correspondance pour ces modifications. Maintenant ce sera possible et on pourra dorénavant faire voter les modifications par les GE avant les AG.

Peu de temps laissé pour le bilan des commissions, les présentations ont été remplacés par un temps de questions/réponses. Les bilans préparés sous forme de diapos seront mis à disposition de tous sur le site fédéral, quand aux bilans ils sont dans le Descendeur.

Le budget est en déficit de 36 K€, essentiellement dû à l’embauche en CDD du directeur administratif (27 K€) sinon il aurait été de 9 K€, ce qui est un déficit « ordinaire » dans le fonctionnement de la FFS.

Ce déficit, qui sera compensé l’an prochain par l’augmentation des cotisations, doit être considéré comme un investissement. L’embauche de ce DA était une nécessité pour notre bon fonctionnement, gestion du personnel (qui n’était plus dans les missions de la DTN), libération de temps pour le bureau pour d’autres tâches (et elles neHaut de page manquent pas), recherche de financements extérieurs, réponses aux fédérés et CSR/CSR…. On évaluera le moment venu.

Pour l’augmentation des cotisations, on reste quand même dans des niveaux tout à fait raisonnables par rapport à d’autres fédérations. Il est regrettable que les GE n’aient pas retenus les options qui modulaient les augmentations en fonction des compositions familiales, mais c’était la fin de l’AG et la fatigue était là.

 

 

 

Trajet retour

 

Voilà le temps venu pour la majorité d’entre nous de quitter nos connaissances sur les sites du congrès et au camping, afin de rejoindre le port de Toulon situé à moins de 40km, et embarquer sur le bateau qui mettra toute la nuit pour nous ramener à Bastia. Après une nuit calme, sans ronflement des moteurs et turbines du bateau, ni des passagers, aucun mal de mer ne fut répertorié car elle n’était pas agitée, la fille non plus, malgré les images diffusées la veille à la TV.

Puis une fois à quai, nos véhicules convergèrent vers Montesoro pour mettre fin à cette aventure commune, et où nous passâmes à nouveau quelques heures ensemble dans notre fidèle local associatif pour ranger le matériel, et faire quelques menus travaux.

                   

 

 

Les impressions

 

Jean-Noël :

2018, année blanche, pas de camp ! Le camp 2019 est donc le bienvenu, car nos sorties spéléos depuis un an se sont cantonnées à des petits puits et des petits réseaux. Il y a bien eu quelques visites un peu physiques en mai et novembre 2018 dans le Minervois, mais c’est peu.

Sainte Baume, Sioux Blanc, des noms connus grâce aux aventures rapportées par certains initiateurs du club, mais ce sera une découverte totale. La France est riche en zones karstiques. Mais le camp commence mal ! Virus, embarras gastrique dû à un aïoli un peu fort pris sur le port de La Ciotat, me voilà complètement flagada le samedi. Tout juste la force d’aller profiter de la vue au-dessus du Trou Jeannette. Et le dimanche ce n’est pas mieux… On se rabattra sur la concoction de plats roboratifs pour les vaillant(e)s sportif(ve)s parti(e)s à l’assaut du Thipauganahé et on ira les soutenir à la sortie de leur trou.

Heureusement que j’ai pu enfiler la combi le mardi et découvrir le « pièges à guêpes » du Petit Saint Cassien. Un trou superbe, beaux puits, mais on a bien fait de faire demi-tour dans le Petit Méandre… Puis le Mefuie, beaux puits mais le fond était un peu décevant. Pause superbe avec la rando Pagnol, merci Noël d’avoir eu cette idée, de quoi inciter à lire ou relire les ouvrages ou revoir quelques films. Paysages extras à deux pas de Marseille. La descente du Vallon de Passe Temps est très sauvage.

Dernier trou avec le Gouffre de l’Eau de Là avec les amis de la CoMed, cavité peu profonde mais très physique, surtout les méandres.Haut de page

La fin du séjour fut plus sédentaire, réunions du CA et AG… Un beau Congrès, merci le CDS 13.

Au total un camp avec des objectifs quasiment remplis. Manque qu’une sortie canyon et le regret de ne pas avoir passé la voûte mouillante de La Castellette. Gîte super, de la place, du confort, une cuisine équipée au top, de la bière, du Bandol et des repas Top Chef !

 

 

Véronique :

Ni coquillages, ni crustacés
Ni entomo, ni araignées
Mais le groupe spéléo au complet
Des vastes cavités s’est emparé.

Les uns en papotant ou en chantant
Les autres tout chemin faisant
À la conquête d’espaces souterrains
Où la bonne humeur menait bon train.

Quelques difficultés cependant
Ont satisfait ceux qui l’esprit battant
Et au rythme de chacun affranchies
La curiosité et la découverte des abimes conquis.

Dès leur retour tout le plaisir fut pour moi
Quand je décelai sur leurs visages confus de fatigue et d’émoi,
À la tombée du jour, les gouffres à peine délaissés,
Un plein enthousiasme pour la sortie du lendemain programmée.

Ensuite sur la terrasse qui déjà bien ombragée,
Autour d’amuse-gueules et d’un vin de Bandol bien mérité,
Ni les petits hématomes, ni les petits ressentis sur la complexe topo de la cavité,
N’assouviront la soif profonde de toujours explorer.

MERCI àHaut de page

Jean-Claude aux photos, Frank à l’apéro,
Marie portant Wanda sur le dos, Alexia et Noël aux gâteaux,
Jean-Noël aux topos, Henri-Pierre et Pierre au contre-courant spéléo,
Wanda piano, piano, et bien sûr l’infatigable locuteur Anto.

 

 

Jean-Claude :

Encore un camp tout près de chez nous, une quarantaine de kilomètres en voiture, ce qui rend des centaines de cavités bien plus proches que nombre de trous corses, bien pour le bilan carbone.

Bien aussi pour la nature, le covoiturage à « environ » 4 dans le confortable « minibus » de Franck, et bien aussi pour le porte-monnaie la cabine partagée.

Choix des cavités : on a essayé de prendre le meilleur de ce qui était proposé. Du vertical, du volume, de l’aquatique, du concrétionné, et pour épicer le tout quelques passages en boyaux et méandres ! Celles qui m'ont marqué : la Castelette pour sa voute mouillante et sa rivière, Thipauganahé pour son grand puits et ses magnifiques concrétions, et le bonus, Maramoye, cavité bien ancrée dans ma mémoire, elle avait fait l’objet d’une journée technique lors du stage initiateur spéléo en … 1998, retrouvée comme si c’était hier ! Beau gouffre qui n’était pas au programme du congrès mais on avait mis un point d’honneur à équiper au moins une cavité.

Un camp spéléo, mais pas que. Un canyon sec le premier jour, histoire de se mettre dans le bain. Enfin presque, les vertigineux rappels s’arrêtaient quelques mètres au-dessus de la mer, avec l’ambiance sonore assurée par la respiration du Souffleur. Rando aussi, sur les pas de Marcel Pagnol, belle promenade dans la garrigue odorante, avec la visite également d’une étonnante cavité. Une autre rando, opportuniste cette fois, dans une ambiance plus sylvestre, plus historique, sur les pas des roys et des papes, sur les pas des milliers de pèlerins qui ont gravi les pentes de la Sainte Baume depuis des siècles, espérant une guérison, une rédemption, la bonne fortune, l’amour…

Le gite : difficile de faire mieux, on est loin de la maison des Français dans le Lot !Haut de page

Les repas, là aussi du bon et du généreux, en partie grâce à la disponibilité de Véro ... et Wanda !

Un point négatif, l’accident de Wanda, une première en camp, heureusement à l’extérieur de la cavité, si on peut dire …

Un camp encore une fois mémorable.

 

 

Pierre :

Certes un « camp », mais hormis le dernier jour véritablement passé en camping, pour tout le reste de la semaine écoulée, ce fut cette année 2019 autour d’un gite « 4 étoiles » (tant par le confort de l’hébergement la qualité de la nourriture et la beauté de son cadre apaisant) que les diverses activités, tant sous terre que sur terre, furent pratiquées pour combler les attentes de chacun.

C’est donc après un tardif mais rapide et intensif entrainement quotidien pendant deux semaines en solo malgré un récent lumbago, pour me remettre à minima à un niveau de base, que j’ai aussitôt pris avec enthousiasme l’autoroute pour rejoindre le quartier général de ce « camp » convoité, où le gros de la troupe avait déjà convergée pour y choisir l’emplacement de sa paillasse. Et une fois mes marques prisent dans ce nouvel environnement, j’ai ainsi pu reprendre ma dose de plaisir après bien des années éloigné de ces grands puits, immenses salles et belles galeries, dans une ambiance de vie communautaire durant 8 jours, même si quelques épines mal placées, récoltées lors d’une magnifique randonnée (merci Nono) ont cependant eues raison de ma motivation durant toute une journée.

Je n’en garderai que d’excellents souvenirs. D’autant que la fin de ce dernier, passé sur les sites du congrès FFS 2019 à La Ciotat, nous l’aura clôturé avec un remarquable concert rock qui nous aura permis de libérer nos dernières énergies et ressources non encore épuisées. Merci à tous.

 

 

Marie :

Le dernier camp spéléo datait de 2017, j’étais donc contente de pouvoir repartir faire de la « vraie » spéléo avec les joyeux lurons du club. Les topos publiées sur le site du congrès ont fini de me mettre l’eau à la bouche. Finalement, et sans trop de surprises, j’ai passé une très bonne semaine.

Le groupe était relativement homogène en termes de niveau de pratique, ce qui nous a permis de faire de belles sorties. J’ai adoré chaque journée, mais ma préférence va pour la grotte de la Castelette avec son sympathique éboulis et sa jolie rivière et pour les belles concrétions de Thipauganahé.

Je suis un peu déçue de moi-même (toute proportion gardée !) de voir que le Petit Saint Cassien a eu raison de moi. Je n’étais pas capable d’aller plus loin que là où nous nous sommes arrêtés alors que nous n’avions rien à équiper et donc pas grand-chose à porter. Ce petit méandre aura été éprouvant ! Autre petite déception concernant l’équipement de Maramoye. Vraiment, il faut que je m’entraîne plus !Haut de page

Ceci étant, le gîte était parfait, les repas excellents, les cavités et canyons enthousiasmants, le temps extraordinaire et l’équipe fantastique. Bref, je me suis régalée.

Merci à tous !

 

 

Franck :

Difficile de comparer ce camp avec les précédents car c’est le premier pour ma part. J’ai passé une semaine fantastique et gardé en guise de souvenirs des lieux et des images plein la tête. Seul bémol la blessure de Wanda qui entachera cette belle semaine.

L’hébergement était excellent, spacieux et bien emménagé. L’ambiance au sein du groupe, agréable.

Par ailleurs je tiens à remercier et donner une mention spéciale à l’ensemble des cuistots qui nous ont préparés de bons petits plats.

Je ne dirais qu’une phrase « C’est quand que l’on repart !!! ». J’espère pouvoir revenir sur les prochains camps.

 

 

Nala :

Ouaf, ouaf, ouaf. Ahouuuuuuu !
Ouaf, ouaf.

Traduction par HP (le langage écrit chien est très concis ; les intonations, les mimiques et les mouvements de la queue complètent énormément l'écrit) : « Jardin agréable. Des chats àHaut de page poursuivre. Trop bien mangé. Mais pas de chipo malgré la présence de Jean-Claude. Belle balade dans les Calanques. A la balade de Pagnol on a vu un animal avec 2 grandes oreilles et une queue en boule, mais trop chaud pour courir après. Les cailloux blancs du sentier m’ont fait mal aux pattes. J’ai fait semblant d’avoir des difficultés pour marcher. Du coup HP m’a porté ; ça avait marché pour Wanda à la Castelette, ils l’ont portée pour le retour ! Heureusement ils ne m’ont pas emmené dans les grottes. J’ai pas de casque ni de lampe ni de combi moi, c’est pas normal. »

 


Henri-Pierre :

Camp tip-top, malheureusement perturbé par l’accident de Wanda. Content d’être revenu de l’Eau de Là en compagnie de Claire, Jean-Pierre, Jean-Marie et Jean-Noël de la CoMed.

Beau temps. Terrasse agréable, gite calme, bibliothèque fournie. Cuisiniers et cuisinières au top. Découverte du simulateur de montée de corde de Grand Pierre ; à breveter. Vive le Bandol.

Amusant de voir les vieux spéléo écolo-baba au congrès. Soirée du congrès réussie. Super orchestre, Super ambiance. Madison à travailler.

Vivement le prochain.



 

Nono :

Un camp spéléo à la Ciotat. Tout d'abord cette année nous avons eu un gîte au top. Vaste et très bien agencé, une vraie cuisine était à notre disposition et chacun a pu disposer d'une chambre confortable. La salle commune aurai été un peu petite si nous devions prendre nos repas à l'intérieur, heureusement la météo nous a permis de dîner sur la terrasse. Il y avait même une piscine, mais l'eau était encore bien fraîche en ce début de mois.

J'ai beaucoup apprécié le petit canyon du souffleur qui se jette en mer. Pour la spéléo, je n'étais pas très en forme et j'en ai un peu bavé, mais j’ai fait l’effort de participer à toutes les sorties.Haut de page

Et puis il y a eu les 2 randonnées: Tout d'abord celle de Pagnol et du Garlaban, c'était un vieux désir de marcher dans les collines de la « Gloire de mon père». Il suffit de lire trois lignes de Pagnol et on se retrouve dans les collines sous un soleil de plomb, avec le parfum des garrigues et le chant des cigales. J’en garde un souvenir inoubliable. Puis la rando de la Ste Baume elle aussi très surprenante elle passe par le monastère accroché à la paroi qui abrite une grotte : La Sainte Madeline.

Le congrès fédéral aussi très apprécié, c'est toujours l'occasion de revoir quelques vieilles connaissances qui sentent fort le carbure...

Cette année aussi j'adresse un énorme merci à celles et ceux qui se sont investis tous les jours en cuisine. Je me suis régalé. MERCI

 

 

Alexia :

C'était ma première participation au congrès national de la fédération. Le congrès m'a permis de revoir quelques connaissances rencontrées pendant les stages ou l'exercice secours de l’Hérault. La soirée de samedi a été bien sympathique.

Le gîte, situé à la Cadière d'Azur dans le vignoble de Bandol a été un excellent choix. La cuisine à notre disposition était fonctionnelle ce qui nous a permis de confectionner de bons petits plats. Nous n'avons pas pu profiter de la piscine, l'eau était encore un peu fraîche. Bien situé géographiquement le gîte nous a permis de rayonner facilement vers les cavités de la Ste Baume ou de Siou Blanc.

J'ai apprécié la mise en jambe, le premier jour par le canyon du Souffleur.

J'ai bien aimé le choix des cavités, variées, alternant les puits, les rivières souterraines et les grandes galeries.Haut de page

La rando de Marcel Pagnol a été une bonne idée et nous a permis de faire une coupure en milieu de semaine. Elle reste une rando particulière et je retournerais bien dans les collines pour gravir le Garlaban.

L'ambiance a été géniale, merci à tous ceux qui ont fait en sorte que ce camp 2019 soit une réussite. Un clin d'œil particulier pour les cuisiniers.

 

 

Wanda :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Anto :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les bilans

 

 

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Un peu de géologie

 

Les poudingues de La Ciotat

Extraits de http://0mrphotos.free.fr/poudingues1.pdf et http://laurejo.canalblog.com/archives/2014/10/08/30658196.html

 

Jusqu'à la fin de l'ère Secondaire (-65 millions- d'années), un continent s’étendait, des Pyrénées à la Sardaigne ; englobant le massif du Cap Sicié, les Maures, l'Esterel et la Corse.

Au Nord de ce continent, une étendue marine recouvrait la future Provence et au-delà.

Durant le Crétacé Supérieur (-90 à -65 millions d'années) cette mer connut différents régimes.

Temporairement chaude, propre et peu profonde, elle permit la vie corallienne et le développement de récifs.

Ces périodes de calme lagunaire furent troublées par des apports d'alluvions fluviatiles qui se superposèrent sur le fond marin, les plus fines allant plus loin du rivage que les grosses, leur proportion variant avec le mode d'érosion.

A la fin de l'Ère Secondaire se produisit l'effondrement quasi total du continent Pyrénéo-Corso-Sarde.

Les eaux envahirent aussitôt la dépression ainsi formée, formant la Méditerranée, l'ancien fond marin devenant continent.

Depuis son émergence, ce continent subit les contraintes qui ont présidé à sa constitution.

La tectonique plisse, crevasse, fissure, bascule les plaques sédimentaires. L'érosion prolonge ce gigantesque terrassement par le vent, l'eau, le gel, la canicule et la vie même, végétale ou animale.

Beaucoup s'étonnent de la masse des sédiments, s’inquiètent de leur stabilité des risques d'éboulement ….aussi sont-ils surpris d'apprendre que ces parois abruptes sont formées d'anciens galets de rivière, soudés entre eux depuis près de cent millions d'années en une roche dure nommée «poudingue ». Les falaises et les surplombs sont stables depuis des millénaires et, si l'escalade en est périlleuse à cause des risques de descellement des galets, la résistance de l'ensemble est exceptionnelle. Aux yeux du géologue, les poudingues sont un assemblage de galets de grès et de quartzites d’âge permien et, plus rarement, de galets calcaires (souvent dissous et érodés par les eaux de pluie).Haut de page

La structure des falaises est simple ; les couches conglomératiques plongent à environ 45° vers le Nord au Bec de l'Aigle, de plus une inclinaison générale d'Ouest en Est fait descendre le bord des falaises de près de 400m au Cap Canaille à 150 m seulement au Bec de l'Aigle. L'Ile Verte ne culmine qu'à près de 50m puis les poudingues plongent sous le mer et constituent une série de hauts fonds immergés dont la beauté est grandement appréciée par les plongeurs sous-marins. Quelques failles récentes, de faible rejet, en direction sensiblement S.N. affectent les falaises, et forment les calanques de Figuerolles et de Gaméou et quelques longues grottes sous-marines.

 

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Le massif de la Sainte Baume

Extraits de http://www.ecomusee-sainte-baume.asso.fr/patrimoine/nature/geologie/GROTTES%20PLAN%20D%27AUPS.pdf

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01458720/document

 

INTRODUCTION

Le massif de la Sainte-Baume est une petite montagne calcaire bien connue des randonneurs de Basse-Provence. Elle l’est également par les spéléologues et les géologues qui scrutent ses cavernes et ses roches à la recherche de son histoire. Les grottes sur le massif de la Sainte-Baume sont fort nombreuses. La plus fameuse de toutes est bien évidemment celle de Sainte Marie-Madeleine, perchée sur la falaise supérieure. Mais bien d’autres grottes sont connues, certaines depuis la nuit des temps, comme les abris néandertaliens ou les grottes-bergeries néolithiques, d’autres sont découvertes encore aujourd’hui. Toutes font partie d’une histoire géologique commune, et en constituent des témoins précieux.

C’est le flanc nord de cette chaîne montagneuse qui raconte le mieux la genèse de la Sainte-Baume. En effet le plateau en gouttière du Plan d’Aups est non seulement une structure primitive du massif, mais en plus il est remanié par les eaux dès sa naissance à la fin de l’ère secondaire. Son histoire est celle de la Sainte-Baume toute entière, voire parfois celle de la mer Méditerranée. Ses grottes, ou en terme scientifique son karst, est un réseau complexe de galeries souterraines jalonnées de puits, de salles et de lacs, qui n’a cessé de se modifier tout au long des âges.

C’est cette genèse croisée de la Sainte Baume et de son karst qui fait l’objet de cet article.

 

L’ÈRE SECONDAIRE

L’histoire de la Sainte-Baume commence à proprement parler à la fin de l’ère secondaire. Au début, au Jurassique, la Sainte-Baume n’existait pas. Ni même la Méditerranée. Une chaîne montagneuse, le massif pyrénéo-corso-sarde, s’étendait alors d’ouest en est de l’Espagne à l’Albanie. La Provence n’était que le rivage nord de ce massif, avec plus au nord le bras d’une mer immense, Téthys, qui s’étalait par-dessus les Alpes jusqu’aux confins de l’Asie. C’était il y a quelque 200 millions d’années. Quelques dizaines de millions d’années plus tard, au Crétacé, la Sainte-Baume commence à naître. Très modeste encore, elle est reliée par un isthme(3) au Massif Central. Ces roches calcaires de l’ère secondaire sont traversées par des grottes aux volumes souvent remarquables, comme la grande salle de Castelette. Ces volumes intriguent très vite pour peu qu’on essaie de savoir comment ils ont été creusés, surtout si on se place à l’époque actuelle où le climat local est loin d’offrir suffisamment de pluies pour creuser de telles cavités. Mais ce n’est pas non plus en ces temps reculés de l’ère secondaire qu’ils ont vu le jour. La preuve immédiate est que les cavités souterraines se développent dans tous les âges du secondaire, et donc sont forcément apparues après. Passons donc à l’ère tertiaire.

 

L’ÈRE TERTIAIREHaut de page

1) ÉMERSION DE LA SAINTE-BAUME

L’ère tertiaire débute il y a 65 millions d’années. La transition avec l’ère précédente est définie par l’extinction massive des espèces vivantes qui a eu lieu à cette époque, vraisemblablement sous l’action conjointe d’un impact météoritique de grande puissance au Mexique et une recrudescence du volcanisme en Asie. La Sainte-Baume elle-même s’est formée principalement à cette époque, émergeant encore un peu plus de la mer, presque en même temps que les Pyrénées. L’hypothèse la plus complète a été proposée dans les années 1980 par le géologue Gérard Guieu, de l’Université de Provence. Selon lui, le massif pyrénéo-corso-sarde, qui était donc à l’emplacement actuel de la Méditerranée, était tellement érodé qu’au niveau du golfe du Lion son altitude était sous le niveau de la mer (pénéplanation). C’est ce qui se passe aujourd’hui dans la vallée de la Mort aux États-Unis. Or les montagnes, c’est un peu comme les icebergs, il y en a plus dessous que dessus. La différence de taille est essentiellement que la montagne fait partie intégrante d’une plaque tectonique, alors que l’iceberg flotte. Et donc une montagne s’use sans subir la poussée d’Archimède qui la ferait remonter doucement. Au contraire, ses élévations sont chaotiques et sont parfois déclenchées par l’arrachement d’une partie de la roche par le magma sous-jacent. Le massif se mettrait alors à gonfler localement, un peu comme un soufflet. C’est l’hypothèse principale de G. Guieu. Un bombement de la croûte terrestre se serait donc produit au niveau du golfe du Lion (le BCLP : bombement crustal liguro-provençal). Ce bombement aurait été tel qu’il aurait sorti de la mer les calcaires qui s’y étaient déposés. Ces énormes masses de roches auraient alors glissé par gravité, se chevauchant au nord (actuelle Provence et Languedoc), et s’emboutissant au sud (Corse et Sardaigne). C’est ainsi que la chaîne de la Sainte-Baume aurait vu le jour. Plus généralement, ce phénomène de glissement massif de roches calcaires s’étend à tout le golfe du Lion et constitue une grande nappe de recouvrement. Au niveau du sous-sol, les calcaires allochtones (c’est à dire ceux déplacés par gravité) sont peu karstifiés, les cavités se développant essentiellement sous forme de grottes ou de petits couloirs sur les accidents de l’encaissant (diaclases et graben de failles). C’est le cas de la grotte de Sainte Marie-Madeleine. Au contraire, le socle autochtone est quant à lui très karstifié, les cavités s’y développant sur plusieurs kilomètres de large et au moins 400 mètres d’épaisseur, le tout réparti sur trois ou quatre niveaux altimétriques. C’est le karst étagé de Saint-Cassien Castelette, du nom des deux principaux réseaux souterrains que les spéléologues explorent. L’étage supérieur de ce karst est particulièrement apprécié car les galeries y sont de grande taille, comme dans la grotte de Castelette, mais aussi dans la grotte du Mistral et l’aven de l’Eau De Là, qui sont deux des dernières découvertes (Inventeurs respectifs : Frédéric Hay et Jacques Morel).

 

2) CE QUE DISENT LES GROTTES

Les grands volumes permettent d’affiner le scénario de l’orogenèse de la Sainte Baume. Déjà la taille des galeries laisse suspecter un climat permettant une corrosion importante des calcaires formés au cours du Jurassique et du Crétacé inférieur et supérieur. C’était le cas au début de l’ère tertiaire, au Miocène, où le climat était chaud et humide. L’absence de roches tertiaires dans les remplissages sédimentaires présents dans le karst (partie terminale de Castelette) confirme leur non-dépôt à cette époque, et donc l’existence d’une Sainte-Baume bien plus conséquente qu’à la fin du secondaire et qui n’a pas subi les assauts des dernières mers tertiaires qui ont épisodiquement envahi la Provence. Mais un tel volume aurait également pu être creusé à des époques bien plus récentes, au quaternaire, dans les périodes post glaciaires où les eaux de dégel compensent leur relativement faible quantité par une agressivité accrue. L’examen des concrétions dans les galeries supérieures permet de lever le doute. En effet, les spéléothèmes sont massifs, généralement sous la forme de coulées stalagmitiques de plusieurs mètres cubes, et leurs épaisses couches de calcite sont faites de gros cristaux sombres. Ceci va dans le sens d’eaux chargées en carbonates dissous, ce qui est le cas des eaux karstiques sous climat tropical et sous couvert végétal, alors que ce n’est pas le cas des eaux de dégel qui donnent des karsts de type montagnard, qui fonctionnent essentiellement par régimes de crues et qui sont très peu concrétionnés (tout du moins en ce qui concerne le concrétionnement massif). Le karst de la Sainte-Baume s’est donc formé au Miocène.

 

3) LA NAISSANCE DE LA MER MÉDITERRANÉEHaut de page 

La suite de l’histoire est plus communément admise par les géologues. Le massif pyrénéo-corso-sarde s’ouvre, laissant la place aux eaux de l’Atlantique qui s’engouffrent progressivement par le détroit de Gibraltar pour donner naissance à la Mer Méditerranée. La Corse et la Sardaigne sont à ce moment-là déplacées (rotation centrée sur Gênes) du golfe du Lion à leurs positions actuelles. Dans le même temps, la poussée de la plaque tectonique africaine sur la plaque européenne commence à engendrer la chaîne des Pyrénées (phénomène qui se poursuit toujours).

 

4) L’IMPACT DE LA NAISSANCE DES ALPES

Quelques millions d’années plus tard, les Alpes apparaissent progressivement. La plaque africaine passe sous la Provence et ressort au nord en pleine mer Téthys, au niveau d’un immense et profond sillon géosynclinal sous-marin. C’est ainsi qu’au plus haut des Alpes on peut trouver des roches du socle africain. Cette orogenèse alpine ne va pas sans heurt pour la Provence. Celle-ci se retrouve en effet soulevée par le nord, et les montagnes renversées, la pente générale étant dès lors plutôt au sud, vers la mer Méditerranée nouvelle. Cela donne à la Provence son visage quasiment définitif, avec ses collines orientées est-ouest et qui s’élancent vers le nord à l’assaut des Alpes, comme des vagues déferlantes. Il ne manque plus que de lui faire subir un petit basculement vers l’ouest, et de faire remonter et descendre quelques zones du massif (La Lare, Plateau d’Agnis).

 

5) LA CRISE DE L’ASSÈCHEMENT DE LA MER MÉDITERRANÉE ET LA DISLOCATION DU KARST

A la fin de l’ère tertiaire, au Méssinien précisément, il y a cinq millions d’années, un phénomène majeur se produit. La mer Méditerranée s’assèche. Du coup, toutes les rivières, sur terre comme sous terre, se mettent à s’enfoncer pour rejoindre la mer de plus en plus basse. Le Rhône ainsi descend de plus d’un kilomètre. Aujourd’hui, son canyon est sous le lit actuel, rempli par les alluvions récents. Sur la Sainte-Baume, les sources descendent en même temps que les vallées se creusent. La rivière de Castelette, qui jusqu’alors alimentait le Cauron, se trouve déviée vers l’Huveaune. Les plateaux rapetissent au fur et à mesure que leurs falaises bordières reculent (cluses de Castelette ou du Colombier). Le karst qui initialement s’étalait sur tout le plateau se trouve disloqué en plusieurs lambeaux, celui de Castelette et celui du Saint-Cassien essentiellement. Il se met à descendre, créant des étages de galeries de plus en plus bas, connectées par des puits. Tout au long de son évolution, ce karst étagé s’est servi des fractures de la montagne pour se frayer des passages de plus en plus rapides. Le réseau du petit Saint Cassien par exemple utilise souvent les failles principales orientées est-ouest de la chaine, ou encore un réseau de diaclases plus récentes (Nord 155). Dans certains endroits, comme dans Castelette, la faille principale se conjugue avec les défauts de la roche (la lacune stratigraphique du Crétacé inférieur, et le calcaire dolomitique du Jurassique supérieur).

 

6) LA REMONTÉE DE LA MER ET LES SOURCES VAUCLUSIENNES

A la fin de l’ère tertiaire, le grand karst étagé de la Sainte-Baume subit enfin une phase massive de colmatage, juste après que la Méditerranée se soit brutalement reconstituée (rupture du détroit de Gibraltar). Les rivières souterraines n’ont plus le temps de trouver des nouveaux passages, et soit elles gardent leurs anciens cours et s’écoulent en régime noyé (Port-Miou), soit ressortent brusquement au profit des fracturations ou des joints de strates, par des siphons vauclusien, comme celui de la Foux de Nans.

NB. Le siphon de la Fontaine de Vaucluse n’est pas vauclusien ! C’est un puits vertical réemprunté par la rivière d’Albion).

 

LES GLACIATIONS DU QUATERNAIRE

La Sainte-Baume n’évoluera quasiment plus à l’ère quaternaire et ce jusqu’à l’actuel. C’est davantage le climat qui est remarquable, avec une succession de périodes glaciaires et interglaciaires. Cela conduit à une forte altération des sols, avec la mise en place par exemple des nombreux lapiez du plateau du Plan d’Aups, de dolines ou du poljé qui est régulièrement trop petit pour contenir toutes les eaux de la Maïre et qui inonde alorsHaut de page les villas alentour. Le karst quand à lui, déjà bien rempli depuis la fin du Tertiaire, l’est encore plus, par des argiles déposées par des rivières trop faibles, par le concrétionnement qui se multiplie, ou encore par des apports de roches lors des crues de fonte. Il est tantôt débourré, en totalité ou en partie, par des ruisseaux un peu plus forts, tantôt rempli. Le creusement du karst s’est arrêté. Dans Castelette, pour parler encore de cette grotte mythique, ce sont les petits ruisseaux du quaternaire qui ont vidé de leurs remplissages les vielles galeries tertiaires, sans vraiment en créer des nouvelles.

 

 

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Le plateau de Siou Blanc

Extraits de https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01458715/document

voir aussi https://spelunca.ffspeleo.fr/200803_Spelunca_109.pdf (p21)

 

Le plateau de Siou blanc est environné de massifs satellites : Morières-Montrieux, Touris, mont Caume, Tête de Cade. Entre 500 et 800 m d’altitude, il constitue une zone naturelle en majorité forestière qui fut un lieu de pâturage (domaine de Montrieux). La bergerie de Siou blanc a donné son nom au massif. Ce plateau calcaire aride et sauvage, encore préservé de l’urbanisation croissante, est riche de plus de 900 cavités. Souvent étroites, elles se développent surtout verticalement au dépend de la fracturation. Certaines présentent un développement horizontal, comme le réseau de la Tête de Cade et l’abime de Maramoye.

 

Contraintes structurales et morphologie des cavités

Le karst de Siou blanc appartient à l’unité géologique du Beausset. Il est constitué des étages compris entre le Jurassique moyen (Bathonien) et le Crétacé supérieur (Santonien), affectés d’un pendage d’une dizaine de degrés vers le sud-ouest. L’aven du Caveau traverse ces étages géologiques, caractérisés chacun par des morphologies spécifiques. L’entrée étroite s’ouvre dans les calcaires barrémiens à facies urgonien (comme les avens du Sarcophage, du Cercueil, et de L’Étrier). Dans ces calcaires massifs fracturés, les conduits sont étroits, à la seule exception de l’aven de Thipauganahe. Sous l’Urgonien, dans le Berriasien-Valanginien, des vides plus vastes seHaut de page développent, connus également dans les avens du Sarcophage, du Cyclopibus, et du Dragon. Les écoulements ont érodé les marno-calcaires entrainant ainsi l’écroulement des voutes. Plus bas, les grandes verticales, connues également dans les avens Cyclopibus, du Jas de Laure, de la Solitude, suivent les fractures dans les dolomies du Jurassique supérieur (Portlandien, Kimmeridgien, Oxfordien). En surface, ces dolomies donnent les reliefs ruiniformes des Morières.

Les cavités les plus profondes (Caveau, Cyclopibus), s’arrêtent au contact Bajocien-Bathonien marno-calcaire.

L’eau poursuit son trajet vers la nappe sous-jacente au travers des fractures.

 

Karst à bauxite crétacé, colmatage, et drains horizontaux

Du Crétacé au Miocène, le niveau de base marin proche favorise la formation de réseaux horizontaux et le colmatage des karsts. A l’Aptien-Albien (113-96 Ma), le « bombement dur ancien » émerge le secteur durant près de 20 Ma.

La bauxite formée sous climat tropical colmate les cavités (visible au Revest). Après une phase de sédimentation, l’orogenèse pyrénéo-provençale s’amorce à la fin du Crétacé (65 Ma). Elle s’accentue au Bartonien (37 Ma) avec les grands chevauchements. L’émersion permet la reprise de la karstification, avec une forte altération de surface obturant les karsts par des argilites. De l’Oligocène jusqu’à l’Aquitanien (34-20 Ma), la phase distensive découpe les massifs, tandis que l’écoulement de surface apporte des éléments siliceux érodés sur le socle des Maures. Au Miocène (20-7 Ma), les nouveaux réseaux recoupent les anciennes cavités colmatées. C’est durant cette période que deux grands réseaux apparaissent : l’abime de Maramoye et le réseau de la Tête de Cade, recoupé par les travaux souterrains du canal de Provence, mais inaccessible depuis.

 

Verticalisation des réseaux à partir du Messinien

Au Messinien (6,5 - 5,3 Ma), l’effondrement du niveau de la Méditerranée provoque une chute rapide du niveau de base. Les grands réseaux verticaux se mettent en place, les réseaux horizontaux supérieurs sont abandonnés.

Dans le même temps, les coulées de basalte d’Evenos s’épanchent dans des paléo-vallées en direction de la Méditerranée. Érodées depuis, les éléments basaltiques ont été en partie piégés dans des pertes (Maramoye).

Certains paléokarsts autour du Pas de la Mascle sont colmatés de basalte. L’origine du basalte n’est pas encore identifiée : infiltration d’une coulée basaltique dans l’épikarst, ou filon de basalte remontant au travers d’un paléokarst ? Au Pliocène, la remontée du niveau de base est responsable de colmatages massifs. Au Quaternaire, les régressions glacio-eustatiques permettent une reprise du creusement du karst jusqu’à 135 m sous le niveau marin actuel.

 

Quel est le niveau de base actuel ?Haut de page

Les cavités s’achèvent sur des niveaux peu perméables perchés. Aucune cavité n’atteint la nappe karstique qui est beaucoup plus profonde, mais son altitude est connue aux émergences. L’altitude des sources varie entre 315 m au nord (vallée du Gapeau), 150 m à l’est (font d’Ouvin et source Werotte), 110 m au sud (sources de Dardennes), et 50 m au sud-ouest (gorges d’Ollioules). A l’étiage, la nappe se trouve à une altitude décroissante de 300 m au nord à 150-100 m vers le sud. En hautes eaux, l’activation de trop-pleins indique une mise en charge de plus de 100 m (foux de Sainte-Anne, Ragas de Dardennes).

 

 

 

 

Fin ...

 

 

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