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1995

 

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Une des ambitions de notre association est le partage de nos passions avec le plus grand nombre. Nos activités nous amènent souvent en des lieux difficiles d’accès pour le commun des mortels. Les récits ci-dessous permettent modestement ce partage, avec l’espoir de faire vivre, par quelques lignes et quelques photos, les sensations parfois intenses que procurent nos activités.

Ces comptes-rendus ne représentent pas l’exhaustivité de nos aventures (certains étant un peu réticents à s'épancher sur un clavier ;-), ils permettent néanmoins de donner un aperçu de nos pérégrinations souterraines et canyonistiques, et pourquoi pas de faire rêver.

Bonnes lectures, et si l’envie prend le dessus sur la simple curiosité, rendez-vous au local un jeudi soir …

 

Sommaire

 

Samedi 7 janvier 1995
Spéléo, topographie - Castiglione, Oletta

Samedi 14 janvier 1995
Prospection Brando

Dimanche 15 janvier 1995
VTT, balade - Miomo, Erbalunga, Sisco, Grotte de Butrone, Silgaggia, Pozzo, Miomo

Samedi 21 janvier 1995
Spéléo, explo et topo - Castiglione, Oletta

Samedi 28 janvier 1995
VTT Randonnée Col deTeghime et descente sur Furiani

Dimanche 29 janvier 1995
Spéléo, explo - Grotte de Brando, Brando

Dimanche 5 février 1995
Spéléo, explo - Castiglione 5 « Rollingstone », Oletta

Samedi 11 février 1995
Spéléo, perfectionnement technique spéléo, - Falaise de Pietralba, Pietralba

Dimanche 12 février 1995
Spéléo, explo - Castiglione 5 « Rollingstone », Oletta

Samedi 18 février 1995

VTT, randonnée, Les Agriates

Dimanche 19 février 1995
Spéléo, explo - Carrière de Brando, Brando

Samedi 25 février 1995
Spéléo, topo - Carrière de Brando, Brando

Samedi 4 mars 1995
Spéléo, topo - Carrière de Brando, Brando

Samedi 11 mars 1995
Spéléo, visite et topo - Gouffre de Ghisoni, Ghisoni

Vendredi 17 mars 1995
Spéléo, visite et topo - Castiglione 5, Oletta

Dimanche 19 mars 1995
Spéléo, désobstruction - Trou de Farinole, Farinole

Samedi 25 mars 1995
Spéléo, initiation et perfectionnement technique spéléo - Falaise de Pietralba, Pietralba

Dimanche 26 mars 1995
Spéléo, initiation, désobstruction et visite - Castiglione 2, 3, 6, Oletta

Vendredi 31 mars 1995
Anniversaire de Jean-Pierre et Patrick

Samedi 1er avril 1995
VTT, Spéléo, prospection et désobstruction - Petre Scritte, Brando

Samedi 8 avril 1995
Spéléo, visite - Gouffre de San Nicolao de Moriani, San Nicolao

Dimanche 9 avril 1995
VTT dans Les AGRIATES

Lundi 17 avril 1995
VTT, randonnée via le col deTeghime et la route des Agriates, Merendella - Lozari

Samedi 22 avril 1995
Spéléo, topographie - Castiglione 5, Oletta

Vendredi 28 avril au Dimanche 7 mai 1995
Camp Seranne (Hérault)

Samedi 13 mai 1995
Spéléo, topo, explo - Morosaglia


Samedi 20 mai 1995
Canyon, Techniques en falaise - Francardo, Omessa

Dimanche 21 mai 1995
Canyon - La Ruda, Coscia

Jeudi 25 et Vendredi 26 mai 1995
Spéléo, topo et explo - Gouffre de Ghisoni, Ghisoni

Samedi 3 juin 1995
Spéléo, topo et explo - Gouffre de Morosaglia, Morosaglia

Samedi 3 juin 1995
Spéléo, prospection - Patrimonio

Dimanche 4 juin 1995
Canyon - La Cardiccia, Bocognano

Samedi 10 juin 1995
Canyon - Viula, Olcani

Samedi 17 juin 1995
Canyon - La Vacca, Solenzara

Samedi 17 juin 1995
Spéléo, prospection - Velone

Dimanche 18 juin 1995
Canyon - La Purcaraccia, Solenzara

Samedi 24 juin 1995
Spéléo, explo - Grotta di Ghjuvani, Santa Maria Di Lota

Dimanche 25 juin 1995
Canyon - Viula, Olcani

Samedi 1er juillet 1995
Canyon - Le Lama, Chisa

Samedi 8 juillet 1995
Canyon - Le Sulleoni, Cargèse

Dimanche 9 juillet 1995
Canyon - Le Dardo, Piana

Vendredi 14 juillet 1995
Canyon - Le Figaretto, Borgo

Samedi 15 juillet 1995
Spéléo, visite - Gouffre Sébastien Risterucci, Ghisoni

Samedi 22 juillet 1995
Feria di l’Alivu, Montemaggiore

Samedi 22 juillet 1995
Canyon - La Vacca, Solenzara

Dimanche 23 juillet 1995
Canyon - Le Lama, Chisa

Dimanche 23 juillet 1995
Canyon - Le Barracci

Dimanche 30 juillet 1995

Canyon - La Vacca, Solenzara

Lundi 1er août 1995
Spéléo, visite - Gouffre Sébastien Risterucci, Ghisoni

Vendredi 4 août 1995
Canyon - Le Figaretto, Borgo

Samedi 5 août 1995
Canyon - Le Viula, Olcani

Dimanche 6 août 1995
Canyon - La Ruda, Coscia

Vendredi 11 août 1995
Canyon - Le Figaretto, Borgo

Vendredi 18 août 1995
Spéléo, initiation - Castiglione 1, Oletta

Dimanche 3 septembre 1995
Canyon - Le Nociu, Soriu

Samedi 16 septembre 1995
Canyon - Le Fangone, Olmeta di Tuda

Samedi 23 et Dimanche 24 septembre 1995
Fête du Sport - Santa Maria Poggio

Dimanche 1er octobre 1995
Spéléo, visite - Grotte de Carpinetto, Lano

Samedi 7 octobre 1995
Spéléo, stage initiation spéléo - Falaise de Francardo, Omessa

Dimanche 8 octobre 1995
Spéléo, stage initiation spéléo - Gouffres de Castiglione, Oletta

Dimanche 8 octobre 1995
Spéléo, stage initiation spéléo -Gouffre de Morosaglia, Morosaglia

Samedi 14 octobre 1995
Spéléo, première…, désobstruction - Monte Canarinco, Barbaggio

Dimanche 22 octobre 1995
Spéléo, visite - Grotte de Carpinetto, Lano


Samedi 28 octobre 1995
Spéléo, désobstruction, deuxième… - Monte Canarinco, Barbaggio

Samedi 28 octobre 1995
Spéléo, visite, Le Trésor des Aragonites Vertes (quelque part dans le sud de la France…, la Montagne Noire ?)


Dimanche 29 octobre 1995
Spéléo, désobstruction, troisième… - Monte Canarinco, Barbaggio

Dimanche 29 octobre 1995
Spéléo, visite - La Rivière de Cabrespine, Aude

Lundi 30 octobre 1995
Spéléo, visite - Le trou des Œillets, Bélesta, Ariège

Mardi 31 octobre 1995
Spéléo, visite - Le trou de Caousous n°1 et la Fontaine intermittente de Fontestorbes, Bélesta, Ariège

Mercredi 1er novembre 1995
Spéléo, visite, La Grotte de Lauzinas

Samedi 4 novembre 1995
Spéléo, visite - Razzu Biancu, Venaco

Dimanche 12 novembre 1995
Spéléo, tentative de repérage d’une entrée secondaire - Castiglione, Oletta

Samedi 18 novembre 1995
Spéléo, poursuite du repérage d’une entrée secondaire - Castiglione 1, Oletta

Samedi 25 novembre 1995
Spéléo, prospection - Gouffre de Furiani, Furiani ?

Samedi 2 décembre 1995
Assemblée Générale au gîte de Catastaghju de San Gavinu di Fium’orbu

Samedi 9 décembre 1995
Spéléo, explo, visite - Mines de Cardo, Bastia

Samedi 16 décembre 1995
Spéléo, explo - Grotta di Ghjuvani, Santa Maria di Lota

Dimanche 17 décembre 1995
Spéléo, visite - Grotte de Butrone, Sisco

Jeudi 28 décembre 1995
Spéléo, topo - Grotte de Butrone, Sisco


Samedi 29 décembre 1995
VTT, tour de l’étang de Biguglia

Samedi 29 décembre 1995
Hydrospeed, descentes Asco et Vecchio

 

 

Samedi 7 janvier 1995

Spéléo, topographie, Castiglione – Oletta -

Jean-Yves, Jean-Noël, Jean-Baptiste, Jean-Claude

 

Rendez-vous 8 h 30 chez Jean-Claude pour retrouver Jean-Baptiste et direction le Col d’Amphore à St Florent. Jean-Yves est déjà devant son café depuis un bon quart d’heure et nous passons une demi-heure à attendre Patrick qui avait appelé la veille et signalé son intention de faire de la spéléo. En avant vers le gué que passe sans problème Jean-Yves et son C15 Tout-Terrain, quelques problèmes cependant pour accéder au lieu habituel de parking au milieu de la piste, les passagers descendent en cours de route. Équipement et montée sous le soleil d’hiver, un petit vent frais avait rendu la séance de déshabillage très sympathique.

Les projets sont multiples, il faut choisir : finir la topo de la partie gauche de Cast.3, visiter Cast.1, tenter une jonction à la voie entre Cast.1 & 3. On commence par la topo. Vu quelques incertitudes de la dernière séance, on reprend les mesures à l’entrée du réseau gauche. On retrouve le départ du « réseau de l’écho », où les cailloux rebondissent avec toujours autant d’intensité, on reviendra avec perfo, coins, massettes tandis que Jean-Claude et Jean-Baptiste parlent de stages de désobstruction à l’explosif... La topo semble se terminer dans la grande salle quand Jean-Baptiste retrouve « son » étroiture, celle où il avait failli rester bloqué pour faire le beau devant les étudiantes de Corte. C’est finalement J-C. qui la franchit après échec de J-Y. et refus de J-N., J-B. suit et les premiers mètres de topo vierge se suivent, je reste à l’entrée de la chatière pour noter les relevés mais les voix s’affaiblissent, ils sont loin, il va falloir passer, nenni ça bloque, heureusement J-Y. qui gratouillait dans un autre coin de la salle a pu faire la jonction avec la galerie de nos deux explorateurs, je le rejoins, la chatière semble plus sympathique et J-Y., malgré son « thorax puissant » est passé, toujours nenni, ça bloque... les fêtes de fin d’année ont été profitables ! Un caillou et je m’attelle à casser un redan mal placé et après dix minutes d’effort, ça passe.

Retrouvailles et reprise de la topo, au total 40 m de vierge. Mais une roche très agressive qui râpe les combinaisons, et quelques odeurs nauséabondes nous font faire demi-tour sans regrets. Fin de la topo Castiglione 1 & 3. Sortie au soleil couchant et faiblissant vers 15 h, pique-nique à l’entrée de Cast.1 pour bénéficier du souffle d’air chaud et vers 16 h le trou se met à souffler, subitement le point de rosée est atteint et une brume se met à sortir.

Jean-Noël

 

Samedi 14 janvier 1995

Prospection Brando

Jean-Yves, Jean-Noël, Jean-Claude

 

Rendez-vous 9 h 30 chez Jean-Noël, café, révisions des cartes et direction la grotte de Brando, pour explorer le maquis surplombant, les incendies de l’été dernier ayant malheureusement tout nettoyé et mis la roche à nu. En premier, halte pour voir l’exurgence de la source de Brando, auvent maçonné pour protéger une installation de mesure du débit en continu, on peut remonter sur quelques mètres, l’eau débouche d’une trémie, à explorer ? Jean-Claude ayant eu des informations sur l’existence d’une cavité près de la maison en ruines qui surplombe la grotte, nous nous y rendons. Après quelques minutes de recherches, l’excavation est trouvée dans le fouillis de branches calcinées. Orifice de 2 m de diamètre et descente en plan incliné sur 5 m. Au fond, deux orifices de 50 cm de large qui soufflent un fort courant d’air au point que poussière et feuilles mortes sont refoulées vers le haut. Jean-Yves s’engage, les yeux fermés, à cause de la poussière dégagée par la reptation, suivi de Jean-Claude, équipement a minima, frontale et torche, un premier ressaut oblige à équiper avec une corde de 13 m suivie d’une 20 m, elles serviront de vague assurance et permettront de mesurer la profondeur atteinte. Je reste en sentinelle à l’extérieur, maugréant de ne pas avoir pris la frontale, mais de toute façon « en première », il faut mieux laisser quelqu’un en haut... Les voix s’affaiblissent puis silence ils ont disparu dans les profondeurs, le temps s’écoule lentement, une demi-heure peut-être, malgré le faible soleil, le vent est bien froid et bien qu’étant un peu à l’abri, on gèle. Relevés de coordonnées pour se réchauffer. Direction la maison qui se trouve en face des glacières 100°, altitude 110 m. Et puis les voix se manifestent mais à l’opposé de leur première entrée, ils ressortent par l’autre trou qui soufflait. En fait, ils se sont perdus dans un dédale de petits boyaux poussiéreux qui partent d’une faille principale assez rastèg où l’on descend en opposition jusqu’à –20 m environ. Ce n’est pas du vierge, au fond ils ont retrouvé les vestiges d’une vieille corde en nylon. Le fort courant d’air disparaît, très peu d’espoir de continuité. Orientation de la faille, perpendiculaire à l’axe de la grotte. Poursuite de la prospection en remontant la pente, le maquis a bien brûlé et le rocher est le plus souvent à nu, matériau calcaire mais du cipolin fracturé et friable, incroyable le nombre de constructions, de talus, de murs, de cabanes qui ont été édifiés avec ces pierres, quelle pouvait être la fonction de tous ces vestiges, des glacières ? La mémoire se perd. En tout cas aucune faille à explorer, pas le moindre trou. Pique-nique à l’abri derrière un immense mur en lauzes, le soleil de janvier est chaud.

Jean-Claude file jusqu’au vallon qui se trouve sous la maison de maître aux pins parasols et nous remontons la ligne de crête avec Jean-Yves jusqu’à la chapelle, pour atteindre la zone épargnée par le feu. Au-dessus on tombe sur la route de Pozzo à Silgaggia, au niveau des carrières. Exploration des fronts de taille, une belle veine de calcite a été dévoilée et de nombreux cristaux sont retrouvés dans les éboulis, les joints de strates sont bien visibles, il y a bien eu une activité karstique. Retour à la chapelle et descente sur la gauche pour suivre la base de la falaise qui rejoint la grotte de Brando. Aucune entrée.

À 200 m de la grotte, un départ semble se profiler parmi les éboulis, la falaise marque un décrochement en retrait et l’air y est plus chaud, les cailloux rebondissent sur quelques mètres. La désobstruction commence, on sort le pied-de-biche de Castorama à 22,60 F, il s’agit d’enlever des éboulis de cipolin imbriqués. Quelques suées plus loin et avec la collaboration de toute l’équipe un passage semble possible mais avec quelques mètres-cubes de terre et roche au-dessus de la tête. Jean-Claude s’insinue précautionneusement mais le faisceau de la frontale ne révèle aucune suite, ce n’est vraisemblablement qu’une poche artificielle parmi les éboulis. Retour à la grotte, il est bien tôt, une petite visite s’impose. Jean-Yves ne connaît pas la chatière de gauche qui donne accès à quelques salles un peu préservées du vandalisme. Il passe en frottant pas mal, Jean-Claude se faufile à l’aise, mais j’ai beau enlever le pull, ça frotte trop, certes je n’ai pas la combinaison spéléo, mais le tour de poitrine a du augmenter depuis la dernière visite de septembre. Une bonne bière à la maison et un bain pour laver toute cette poussière de la journée.

Dimanche 15 janvier 1995

VTT, balade

Jean-Noël, Jean-Claude et Amin

 

Miomo, Erbalunga, Sisco, le chemin de la grotte de Butrone, jonction avec la route de la carrière au niveau du sémaphore, Silgaggia, descente par Pozzo et retour à Miomo. Jean-Claude souffrant 5 km de plus pour rejoindre Petra Verde, dur la côte du Fango !

 

Samedi 21 janvier 1995

Spéléo, explo et topo, Castiglione – Oletta -

Jean-Noël, Jean-Yves, Jean-Claude, Jean-Baptiste, Michelle

 

Rendez-vous 9 h, Col d’Amphore, St-Florent, retrouver Michelle et Jean-Yves les cortenais, ce sera une sortie inter-club ! Mise au point de la topo provisoire, Michelle propose de rajouter des informations sur les fouilles ; il va être nécessaire de réaliser deux types de topos, l’une à visée spéléo et l’autre à visée paléonto. 9 h 40, Gilles qui semblait motivé par cette sortie, ne viendra plus. Franchissement du gué, le C15 TT bondé de matériel et chargé de passagers jusque sur le toit parvient à atteindre le milieu de la piste. Bonne suée pour monter jusqu’à Cast.1, deux équipes se forment. Jean-Yves et Jean-Noël iront jusqu’au fond de la Salle de la Chèvre pour tenter une désob et puis finir les escalades tandis que Michelle poursuivra les fouilles à Cast.3 et que Jean-Claude et Jean-Baptiste remonteront l’escalade de la grande faille de Cast.3 jusqu’au début des salles concrétionnées, là où la topo semblait indiquer une jonction possible. Les deux équipes règlent les montres et à 11 h 30, on tentera la jonction au son.

Équipement rapide et léger des P7 et P15, arrivée au fond de la Salle de la Chèvre où en effet ça ne queute pas, il s’agit d’une trémie d’effondrement constituée de rochers plus ou moins recouverts d’argile, et surtout on ressent bien un léger courant d’air frais. Bien que l’on soit en avance sur l’horaire, on commence à briser quelques cailloux mais bien vite il faut se rendre à l’évidence, il faudra des moyens plus conséquents, les rochers qui bloquent sont trop gros, mais derrière cela semble continuer et il fait frais. 11 h 30 silence, quelques minutes sans un bruit et puis les coups sourds tant espérés, réguliers et puis rythmés de façon caractéristique - - - -- --, chacun se répondant, aucun doute ils ne sont pas loin. La jonction part donc bien du fond de la Salle de la Chèvre, au point le plus bas et légèrement à gauche. Par contre pour Cast.3, le son semblait provenir d’un point au plafond situé en haut de E13, dans la galerie qui s'oriente vers le nord après l’entrée des salles concrétionnées et légèrement à gauche, ce qui contredit la topo. L’explication réside sûrement dans les erreurs qui ont été faites dans les mesures de surface pour rejoindre les entrées des deux cavités. Mesures à reprendre pour vérifier. De plus il est logique que les deux failles, celle de la Salle de la Chèvre et celle de Cast.3 soient dans le prolongement l’une de l’autre, séparées par des trémies d’effondrement. Tout reste à faire...

Après ces heureux instants, poursuite des escalades. Installation au bout du mât, du crochet auquel est fixée la corde, Jean-Yves arrive à attraper une petite, petite concrétion et grimpe rapidement sur le plafond situé 4 m plus haut, je suis, cela manque d’assurance, mais on est en première... Arrivée en fond de faille sur calcite, escalade libre sur la droite et la faille s’élargit en hauteur, grande coulée de calcite inclinée à 60° et de nombreuses concrétions ornent le plafond et le haut des parois, l’une d’elle à la forme très allongée et renflée pourrait être appelée « le pis de la Chèvre ». Nouvelle escalade au mât et à la corde, il restait 5 m. Jean-Yves fixe l’échelle à un bel amarrage naturel et on a l’heureuse surprise de tomber dans une belle petite salle très concrétionnée, avec quelques fistuleuses et même de formes remontantes en crochet, attention tout cela est très fragile ! La suite redescend sur quelques mètres pour finir sur du concrétionnement. Ultérieurement, on verra d’après la topo que l’on se trouve à la verticale des salles concrétionnées de Cast.3. Jean-Yves se lance en libre, à moitié assuré, sur la vire du haut de la Salle de la Chèvre et qui revient vers le puits d’entrée. Pas de grosse frayeur, quelques concrétions permettent de bonnes prises. Au bout de 6 m, on atteint un petit palier surplombé par une cheminée de 3 m qui se termine sur de l’argile et de la terre, on doit être très près de la surface. Plus loin, la pente se poursuit parmi de grandes concrétions et on peut continuer jusqu’à être en vue du fractio du puits d’entrée. Séquence photo N&B avec flash auxiliaire. Retour à la surface, les estomacs se manifestent et on se retrouve avec l’autre équipe pour pique-niquer à l’entrée de Cast.3. La jonction au son est arrosée avec joie mais beaucoup de modération, une seule bouteille.

Michelle a trouvé deux os de jeunes cerfs. Michelle et Jean-Yves partent dans le réseau gauche de Cast.3 vers l’étroiture de Jean-Baptiste pour dégager des os pris dans la brèche. Retour vers la Salle de la Chèvre pour faire la topo et équiper les escalades avec les échelles. Surprise, le tamponnoir a perdu son embout fileté, il faut enfoncer les spits avec le poing ou directement avec le marteau... Déséquipement par Jean-Baptiste et Jean-Noël, pendant que Jean-Claude part vers un petit tour de prospec dans le maquis. Cast.1 est déséquipé, Jean-Baptiste est parti rejoindre Jean-Claude, mise à profit des dernières lueurs du jour pour ranger le matos et nettoyer la place des tas de chaux.

J’entends les appels pressants des deux prospecteurs, Jean-Claude a trouvé Le Trou ! En suivant la ligne de la première faille du grand réseau de Cast.1, au bout de 100 m environ et beaucoup de maquis, il est tombé sur une petite dépression encombrée de cailloux, qu’il s’est empressé de déblayer ; en dessous une terre noire qui a vite donné naissance à un orifice étroit mais suffisant pour s’engager et surtout un fort courant d’air. J’accours avec le pied-de-biche, Jean-Claude a déjà quasiment disparu dans ce trou noirâtre entouré de cailloux bien instables. Il faut purger autour et tenter de sortir quelques grosses pièces mal placées. Pendant ce temps, Jean-Claude pousse devant lui et les blocs qui bloquaient le boyau tombe dans le noir dans un bruit énorme !

Il y a du vide en dessous, il faut la corde ! Retour à Cast.1 pour ramener cordes et barre pour l’amarrage. Équipement avec la 13 m, Jean-Claude poursuit sur un plan incliné terreux et caillouteux pour s’arrêter sur un palier 6m plus bas, je descends à mi-pente, il y a un départ de puits, donc remontée pour réclamer la perceuse et la trousse à spit. Jean-Baptiste et Jean-Yves ramènent le matériel que je m’empresse de donner à Jean-Claude. Nous voilà sur un palier, à droite un orifice de 60x60 donne sur un puits vertical qui semble promettre, le premier spit est déjà planté ; à gauche descente d’un cône d’éboulis sur 3 m et on tombe dans une diaclase perpendiculaire très étroite avec un courant d’air (c’est l’axe de la faille de surface). Nos spécialistes Jean-Claude et Jean-Baptiste tenteront en fin d’explo de s’y engager mais sans succès, une petite désob peut laisser espérer la suite...

Jean-Yves et Jean-Baptiste nous ont rejoint et en avant dans le puits. Quelques mètres plein pot, puis contre paroi le diamètre est de 2 à 3 m, avec deux départs en palier, on file jusqu’au fond P16. Arrivée sur sol caillouteux, galerie en diaclase qui s’arrête rapidement après quelques mètres et des ressauts. La zone est très fracturée, aucune concrétion, calcaire mille-feuilles très fragile, de nombreux blocs en équilibre précaire. Remontée aux deux paliers rencontrés au cours de la descente, les configurations sont les mêmes. Peu d’espoir dans cette zone. Jean-Claude évite de peu l’accident, un petit caillou purgé par Jean-Baptiste en entraîne un autre et etc. une masse d’au moins deux quintaux passe à deux doigts de sa jambe droite, quitte pour un bleu et une belle peur. Déséquipement, sortie avec précautions car la purge est loin d’être terminée dans le plan incliné d’entrée.

Superbe ciel étoilé, heureux d’avoir allongé la liste des grottes de Castiglione, un peu déçus de la nature du trou mais un certain espoir avec la diaclase étroite. Retour au Col d’Amphore, cela s’arrose. Laissons le mot de la fin à Jean-Claude : « J’suis content ! »

Jean-Noël

 

Samedi 28 janvier 1995

VTT Randonnée Col deTeghime et descente sur Furiani

Joseph, Jean-Noël, Jean-Claude, Jean-Baptiste, Gaston et Amin

 

Départ, 9 h résidence Petra Verde, en haut de la vallée du Fangu. Un nouveau venu, Gaston, chirurgien à la clinique de Furiani, amené par Jean-Baptiste, sportif et avec une bonne expérience du VTT. Au passage de la route de Cardo, le groupe s’étoffe de Joseph, peu sportif et peu d’expérience du VTT, mais très motivé ! Malgré ses efforts, la voiture-balai, conduite par son épouse le récupérera à Suerta et lui permettra d’atteindre le col et de pouvoir faire la descente dans un bon état de fraîcheur. Montée tranquille, moyenne de 11 km/h, le passage le plus pénible se situe au niveau de la station d’incinération, d’une part à cause des odeurs et de la pente qui s’accentue très nettement. Pour la descente, tourner à gauche au premier lacet de la descente, prendre la route de la carrière et continuer vers la bergerie. Ne pas franchir le portail ! Le berger n’a pas de fusil et est très aimable mais il n’a aucune envie que l’on effraie ses chèvres. Contourner par la gauche et descendre jusqu’au torrent. Portage sur 200 m pour remonter jusqu’à un sentier qui passe au pied de barres rocheuses et permet de rejoindre une piste venant du village de Furiani, au milieu des cistes et des lentisques. Monter à droite pour atteindre les ruines de la Chapelle. Pour la suite, une certaine hésitation, le projet était de descendre vers le lotissement des Collines, mais bien qu’ayant obliqué à droite pour rester en ligne de crête, nous nous sommes retrouvés sur une piste inférieure qui nous a conduit au village de Furiani, mais en passant dans des châtaigneraies abandonnées, sensations VTT assurées. Halte café, casa au bar du village et descente folle vers la quatre-voies... Dernière difficulté la montée du bd Giraud vers le Fangu. Total, trois heures de VTT et 30 km.

Jean-Noël

Dimanche 29 janvier 1995

Spéléo, explo, grotte de Brando – Brando -

Jean-Noël, Jean-Claude, Jean-Baptiste

 

Pour être étroit, c’était étroit ! Le but de la sortie : faire avec Jean-Claude, la liaison entre la grotte de Brando et un trou situé une quinzaine de mètres plus haut sur la falaise. Ce trou devait déboucher dans une faille de la grotte désobstruée en septembre 94 avec Jean-Claude et Jean-Noël. Nous descendons dans la faille en ayant pris soin de laisser derrière nous une main courante amarrée à un arbre, la faille n’est pas très large et surtout se rétrécit régulièrement, puis elle tourne sur la droite et nous empêche de deviner la sortie. Nous tentons une liaison phonique, la réponse nous parvient bien mais personne n’aperçoit nos lumières, de plus on nous apprend que nous sommes situés à gauche de nos prévisions. Jean-Claude se lance quand même mais échoue, c’est vrai que la faille n’a pas l’air très motivante, puis la voix de Jean-Noël (qui passait par-là au cours d’une promenade dominicale en VVT-ndlr-), se fait entendre et nous annonce que les prévisions de Jean-Claude sont justes, la faille correspond bien à ce qu’il pensait, je passe devant, étant plus petit, mais la faille n’est pas droite et de plus très encombrée, dernier virage sur la gauche et nous apercevons la sortie, encore une dizaine de mètres vraiment très étroit. Quand il s’agit d’inconnu, cela demande beaucoup de concentration pour ne pas penser à un blocage éventuel. Pour un premier contact avec ce genre de passage, je n’ai pas été déçu et je dois dire aussi que ça me plait.

Jean-Baptiste

 

Rendez-vous à 15 h 15 à la glacière de Brando avec Jean-Baptiste, sa compagne et deux amis. Jean-Noël nous rejoindra à la grotte en VTT. Objectif de la sortie : tenter la liaison entre la grotte et la faille s’ouvrant une trentaine de mètres plus haut au pied de la maison abandonnée. Équipement sommaire, une C34, ceinture et éclairage complet. Sur le chemin, nous faisons un petit détour pour visiter la source. Un escalier s’enfonce dans le sol et permet d’atteindre la résurgence qui jaillit d’un amas de blocs de cipolin. La source se situe à une vingtaine de mètres à l’aplomb de la grotte et l’espoir de la retrouver en désobstruant la partie basse de la faille de Brando nous titille l’esprit, mais ce sera pour une autre fois.

Nous voilà maintenant à l’entrée de la grotte où nous nous équipons rapidement. Petit problème avec la buse du casque de Jean-Baptiste qu’un nettoyage un peu trop énergique a transformé en chalumeau. Changement de buse et tout rentre dans l’ordre. Maxime et Marie-Françoise serviront de guides aux néophytes et nous partons vers la maison abandonnée. La corde est attachée à un arbre qui passait par-là et nous nous insinuons dans l’une des deux ouvertures de la faille. Le souffle d’air est moins impressionnant que lors de notre dernière visite et soulève peu de poussières. La faille est étroite et nous descendons l’un après l’autre en opposition. Le second n’avance qu’une fois que le premier s’est mis à l’abri des chutes de pierres. Nous arrivons ainsi pratiquement au bout de la corde qui continue sur un trou impénétrable. Nous nous décalons vers le sud, la faille se resserre et cela ralentit notre progression. Des voix nous parviennent aux oreilles, j’appelle… pas de réponse, je recommence… cette fois-ci Marie-Françoise et Maxime nous répondent, quelques minutes plus tard la voix de Jean-Noël se joint aux leurs pour nous guider. La grotte est proche mais une étroiture semble bloquer le passage, j’envoie mes pieds en éclaireurs, mais ceux-ci ne semblent pas très enclins à continuer. Heureusement Jean-Baptiste, dit « l’anguille » est là et trouve la manière de passer l’obstacle. Je le suis, non sans mal, en suivant ses conseils. Des lumières apparaissent, encore quelques mètres de « faufilage » et nous voilà dans la grotte à l’endroit prévu. Nous n’aurions sans doute pas pu réaliser cette traversée si nous n’avions pas désobstruer le dernier passage lors du baptême spéléo de Jean-Baptiste en septembre dernier. La récupération de la corde pose quelques problèmes, un nœud aussi importun que mal intentionné la retient au fond de la faille et m’oblige à redescendre une seconde fois pour la débloquer.

Au retour, nous décidons de visiter un trou situé au pied de la falaise à la sortie sud de Bastia, 200 m environ après le tunnel. Nous nous rééquipons sur le trottoir et entamons l’exploration. Celle-ci est vite arrêtée, 4 m après l’entrée, nous butons sur un petit passage, nous l’agrandissons pour y passer la tête et la visite se termine, car tout est bouché par l’effondrement du plafond. Cette grotte a sans doute été réalisée par la mer alors que la route n’existait pas.

Jean-Claude

Dimanche 5 février 1995

Spéléo, explo, Castiglione 5 « Rollingstone » – Oletta -

Patrick, Jean-Claude, Jean-Baptiste

 

Franchissement de la faille verticale, qui avait arrêté la progression lors de la découverte. Passage à l’égyptienne sur 3 m puis opposition verticale sur 2 m, on atteint une petite vire de 40 cm de large où l’on progresse à quatre pattes. À gauche désescalade assurée sur corde sur 4 à 5 m, arrivée dans une trémie où un passage donne accès à deux salles concrétionnées dont une avec une belle coulée de calcite blanche. Dans le prolongement de la vire et donc de la faille principale, c’est la descente vers le noir et l’inconnu, les cailloux rebondissent et puis le son devient très grave, élargissement ? on équipera dimanche prochain.

Jean-Claude

 

Pendant ce-temps Jean-Noël connaissait l’enfer, Verdun, sur les chemins de vigne de sa Touraine natale. 84 km en VTT dans la boue jusqu’au bout. Nous partîmes 255 et Dieu seul sait combien ont pu arriver. 18 fois les coteaux de la Loire à monter (dénivelé 50 m à chaque fois, mais une vraie patinoire). La boue collait partout, les freins ne freinaient plus, les plateaux refusaient de changer, les vitesses sautaient toutes seules ou restaient obstinément bloquées, certains ont cassé les chaînes et comble de malheur, tous les trois kilomètres il fallait resserrer l’axe du pédalier à la clé de 13 (VTT de location !). Cependant cela reste un super souvenir, les bords de Loire en VTT sont fabuleux, la forêt d’Amboise superbe et passer au pied des murailles du château en vélo... quant aux ravitaillements situés tous les 15 km dans les caves du coteau, les rillettes arrosées au Vouvray moelleux 85, cela valait le déplacement.

Jean-Noël

Samedi 11 février 1995

Spéléo, perfectionnement technique spéléo, falaise de Pietralba – Pietralba -

Jean-Noël, Hervé, Jean-Claude, Philippe, Valérie

 

Temps agréable, équipement de nouvelles voies. À poursuivre, notamment l’équipement de la grotte au milieu de la paroi où notre ami Jean-Claude ne « le sentait pas trop »... Rencontre et échanges, mise au point avec Guy CAU…

Dimanche 12 février 1995

Spéléo, explo, Castiglione 5 « Rollingstone » – Oletta -

Guy, Jean-Yves, Jean-Noël, Patrick, Jean-Claude, Jean-Baptiste, Gilles, Philippe, Valérie

 

Fin de l’exploration de Castiglione 5. Arrivée à l’entrée du trou, qui se repère très bien en montant le chemin vers le pylône, à droite en contrebas, juste avant d’arriver sur la portion horizontale, un immense cairn trône sur le plateau entourant l’entrée.

Dehors il ne reste plus que Gilles et Guy qui s’apprêtent à disparaître et Jean-Yves qui rentre d’une visite à ses petites bêtes préférées, les rhinolophes de Cast 1. Équipement et descente après que nos deux compères se soient bien installés en bas du cône d’éboulis, car malgré la purge du week-end dernier, la terre et les cailloux continuent à rouler. Philippe termine la révision de l’équipement du P16, en compagnie de Valérie, Gilles et Guy. En avant vers la fameuse faille. Pour reprendre l’expression de Jean-Baptiste, « pour être étroit, c’est étroit ! », surtout en sortant de l’opposition remontante avant d’atteindre la vire, mais finalement ce fût moins impressionnant que prévu, il faut dire que le travail de désob. (élimination de becquets) a été bien fait. Passage sur la vire, avec précautions, 40 cm de large et en dessous la faille file vers le noir en se rétrécissant (il faudra placer une main courante si l’on veut emmener des débutants). Retrouvailles avec J-B., Patrick et J-C. qui est déjà en train de planter les spits pour la descente dans la faille. Déviation à 3 m, fractio à 10 m, il disparaît à notre vue mais le commentaire nous parvient, arrivée à 18 m, fond de faille très étroit, 40 cm environ, longueur estimée à 30 m, à une extrémité, on débouche dans une petite salle de 3x3 m, et de l’autre côté fin sur resserrement des parois. Patrick suit, puis Jean-Baptiste et Jean-Yves arrivé entre temps.

D’après les échos qui remontent, il semble que le fond commence à ressembler à une rame de métro japonais, la place est limitée. Aucune envie de descendre, surtout en imaginant très bien la galère de la remontée, on verra lors de la topo... Ce fut bien une galère, nos quatre amis ont perdu pas mal de calories, ça frotte de partout et il n’y a pas de place pour plier les jambes et bien utiliser le jumar. On file vers la salle concrétionnée, en compagnie de Guy qui nous a rejoint. R5 un peu serré, surtout pour Jean-Yves..., on débouche sous la trémie, changement de direction et un plan incliné composé de petits ressauts nous amène en vue de la coulée blanche, superbe, scintillement, malgré nos précautions, quelques endroits sont déjà maculés (passer le plus au sol possible, sous les blocs et en posant les mains à gauche). Sur la droite, une cupule remplie de quelques « perles » blanches, ovalisées. La salle mesure environ 5x10 m, en léger plan incliné, avec un passage bas à demi-fermé par « la molaire », stalactite bifide. Derrière une grosse stalactite blanche de 60 cm, « le temple hindou ». Et surtout aux plafond, de nombreuses concrétions tubulaires bien blanches, en activité. Tout cela semble très fragile et demandera beaucoup de vigilance lors des visites.

Photos et remontée pour le casse-croûte. Pas de grosses difficultés pour le passage de la faille. Gilles et Philippe en sont au dessert mais nous ont gardé le pastis au frais. Valérie souffrant du genou, est repartie. Patrick redescend visiter le P16, mais aucun volontaire pour accompagner Philippe à la salle blanche... Déséquipement et prospection. Reprise des mesures de surface entre Cast.3&1, avec Jean-Yves, car un doute existait sur la position des deux réseaux. Confirmation le soir devant l’ordinateur, il y a au moins 10 m au niveau de la jonction éventuelle... Le son passe bien, mais pour les spéléos peu d’espoir...

On retrouve l’équipe en train de sortir des mètre-cubes de terre et de rochers d’un petit trou moussu situé sur le chemin. Avancée de 1 m et un léger courant d’air... ce sera Cast.6 ? Mais l’explo est arrêtée par les appels de Patrick, son chien a trouvé le Trou ! À gauche du chemin, en remontant la pente vers le sud-est, parallèlement à la direction de Cast. 2, au bout de 2 à 300 m, on débouche sur une zone d’effondrement remplie de maquis et au fond un départ en couloir. Equipés d’une frontale pour trois, on s’enfonce, Jean-Claude, Patrick, tout émoustillés devant ce noir. Couloir en pente d’environ 40° sur une vingtaine de mètres. On ne prend pas de risques, on laisse J-C. continuer avec sa frontale, Jean-Baptiste le rejoindra ensuite, mais notre ami « l’anguille » ne peut aller plus loin, arrêté sur un resserrement des parois, il faudra casser de la calcite... Cette fois-ci, Castiglione 6 est devant nous.

Jean-Noël

 

Samedi 18 février 1995

VTT, randonnée, Les Agriates

Jean-Noël, Gratien, Jean-Baptiste, Gaston, Jean-Pierre et Joseph, Amin, Claire, Fabienne,Andrée

 

St Florent-Casta-Saleccia et retour par le chemin des douaniers en longeant la côte. 45 km, soleil, des rafales de vent, des embruns le long de la mer. Difficulté moyenne, un peu de portage au niveau de l’ancien sémaphore. Superbes vues dans la zone du Lotu. Galère de crevaison ou une heure pour réparer deux malheureux trous, malgré sept rustines ! Toujours emmener une chambre de rechange ou avoir au moins une colle de bonne qualité et vérifier qu’il ne reste pas d’épines dans le pneu...

Dimanche 19 février 1995

Spéléo, explo, carrière de Brando – Brando -

Jean-Yves, Hervé, Jean-Claude, Fred et Philippe, Valérie

 

Poursuite de l’exploration d’un porche découvert par Philippe sur le site de la carrière de Brando. Explo d’une galerie de 150 à 200 m, avec de nombreuses concrétions notamment des fistuleuses très fragiles. On y retourne samedi prochain pour la topo.

Samedi 25 février 1995

Spéléo, topo, carrière de Brando – Brando -

Jean-François, Jean-Noël, Hervé, Gratien, Marie-France, Fred et Philippe, Valérie

 

Annulation de la ballade VTT prévue le matin, le vent soufflant bien trop fort. Rendez-vous chez Philippe vers 14 h. Café et montée vers la carrière. Le trou s’ouvrant sur le front de taille, il faut profiter des arrêts de travaux de fin de semaine. Après une raide montée dans le maquis, le vent nous attrape sitôt arrivés sur la piste, un libecciu de forte puissance, à se faire déséquilibrer dans les virages, un mur de vent contre lequel il fallait pousser pour avancer. Joli porche d’entrée, 8x2,50 m et plongée dans une grande salle, plafond à 8-10 m, au sol de nombreux blocs et après une raide désescalade, le fond est atteint une vingtaine de mètres plus bas. L’équipe topo est composée d’Hervé en ouvreur, de Philippe à la boussole, au topomètre et au clinomètre, et de Jean-Noël au carnet et crayon. Valérie se charge des photos et devant le reste du groupe part en explo. Premiers contacts avec les abîmes souterrains pour Gratien qui reviendra enchanté. Au fond, un départ à droite dans un boyau sableux qui queute assez rapidement sur des sédiments. Pendant ce temps l’équipe d’explo cherche le départ de la grande galerie, des lumières errent au fond de la salle, des voix se répondent et puis le silence, ils ont enfin trouvé le passage (à gauche quand on regarde le fond de la salle). C’est loin d’être évident car Philippe qui avait découvert la cavité et exploré la semaine précédente a eu quelques difficultés à le retrouver. Poursuite de la topo, il s’agit d’une galerie de 170 m, creusée dans des joints de strates, aux parois sableuses et schisteuses, diamètre moyen de 4x2,50 m, en déclivité régulière avec quelques ressauts, profondeur atteinte 52 m. Au fond, on débouche dans une partie étroite de 8 m de hauteur, faille classique, avec un départ serré sur la gauche au point le plus bas. Boyau de 40x40 cm, avec des becquets schisteux qui empêchent la progression, Hervé et Philippe s’engagent, butent sur une quille schisteuse et refusent de poursuivre plus loin, je casse un peu mais c’est vraiment trop serré. Il faut revenir avec du matériel car un courant d’air assez fort s’échappait par rafales, au fond un coude et sûrement une suite... Demi-tour et séances de photos sur le concrétionnement car c’est le trésor de cette grotte. Au milieu de la grande galerie, une zone de fistuleuses très blanches, fines et fragiles. Reptation prudente pour les éviter. Certaines doivent mesurer 1,50 m à 2 m de haut. Un passage plus étroit barré par un gour recouvert de cristaux de calcite, malheureusement bien sali après seulement deux visites. On peut le shunter mais par une chatière sévère. Regroupement au porche, le vent est toujours aussi violent et la nuit noire. Descente épique dans le maquis à la lueur des quelques frontales.

 

Samedi 4 mars 1995

Spéléo, topo, Carrière de Brando – Brando -

Jean-Noël, Jean-Claude, Gratien, Jean-Baptiste, Philippe

 

Café à 13 h chez Philippe et montée vers la carrière. Cette fois on prend le chemin supérieur, montée habituelle pour le Stello, car le libecciu est encore de la partie. On devrait être plus à l’abri de la crête. En effet, parcours pas trop venté mais les bourrasques nous accueillent dès la crête atteinte. Visite aux départs de trous découverts par Philippe et qui se trouvent en contre-bas du relais, direction N/NE. Cinq départs à désobstruer, alignés et répartis régulièrement sur une centaine de mètres. Le libecciu glacé nous a enlevés toute envie de creuser et c’est en courant que nous rallions l’entrée des grottes. Premier arrêt au petit porche d’entrée de Petre Scritte 2, puis direction PS.1 où l’abri est plus spacieux et permet un habillage à l’abri du vent. Le groupe topo retourne à PS.2, Philippe en ouvreur, Jean-Claude aux appareils et Jean-Noël aux notes. Jean-Baptiste et Gratien partent dans PS.1, réseau inconnu pour J-B. Les deux entrées sont au même niveau, distantes d’environ 30 m, topo assez rapide, une seule galerie ressemblant à PS.1, pas de grande salle d’entrée mais un passage entre de belles dalles inclinées (au retour, prendre à gauche à la sortie des dalles), un dédoublement de la galerie, le passage inférieur est topographié et on laisse la branche sup. qui jonctionnera 20 m plus loin en aval (à faire). Passage resserré, 1 m de large par 5 m de haut avec joints de strates débordants, le canyon, sur 10 m et on débouche dans une galerie plus vaste, largeur de 4 m, hauteur jusqu’à 7 m, sur 40 m, le métro. Un ressaut de 2 m, un peu épique à remonter (prévoir une main secourable pour pousser à l’arrière, et le dernier ?). Gratien et Jean-Baptiste nous rejoignent après nous avoir attendu quelque temps en bas de la grande salle de PS.1, pensant que l’on suivait... Arrivée d’eau en point bas, après deux courts virages, la galerie reprend sa direction principale et 10 m plus loin elle se dédouble à nouveau. Conduit supérieur (à topographier) qui queute sur une infâme boue schisteuse, où Philippe manque de s’enliser, la suite est en bas dans un boyau incliné puis horizontal de 20x20 cm, bien humide et boueux (prévoir la texair, les amateurs de coton s’abstenir...), un passage en trou de serrure où Gratien et Jean-Noël coinceront un peu (avec un petit instant d’angoisse pour ce dernier) et après un ressaut de 2 m à l’escalade facile, la direction change à 90°. Portion plus sèche, sableuse. La pile du topomètre a choisi cet endroit pour mourir, les distances suivantes seront estimées. Même direction horizontale sur 12 m puis nouveau changement de direction à 90° dans un laminoir sableux étroit (20x20 cm) où disparaît Jean-Claude. Gratien resté en relais au dernier coude le perd de vue, la voix devient faible, on arrive à percevoir le bruit de sa reptation... Il aura fait demi-tour au bout de 30 m environ dans un léger élargissement, mais le casque frottait, la lampe faiblissait et deux dalles inclinées resserraient encore le passage, avis aux amateurs... Attendant patiemment dans le conduit précédent le laminoir, le froid commence à gagner tout le monde, surtout les fanas du coton, et demi-tour à l’arrivée de Jean-Claude. Le trou de serrure se passe sans problème et la suite du retour est sans problèmes, exceptée à la fin, à la sortie des dalles, où l’on a cherché à droite (c’est franchement à gauche). Dernières lumières du crépuscule, toujours notre ami le libecciu et en accompagnement de superbes éclairs illuminent la mer. Descente moins épique que la semaine précédente, le chemin de la crête est plus praticable de nuit, même avec quelques frontales. Un salut à Philippe, sur le pas de sa porte et retour aux voitures et aux bains chauds...

Samedi 11 mars 1995

Spéléo, visite et topo, Gouffre de Ghisoni – Ghisoni -

Jean-Noël, Patrick, Hervé, Jean-Claude, Michel, Claire, Jean-Baptiste, Valérie

 

Rendez-vous traditionnel à l’entrée de la piste, vers 10 h, Michel et son 4x4 tant espéré, est bien là, ce qui rassure notre présidente, sinon, prétextant un genou « arthrosique », on ne l’aurait sûrement pas vu (faut-il instaurer une limite d’âge pour la présidence ? l’âge des articulations bien sûr !). La Niva est vite pleine à ras bord et il reste de la place pour Valérie (genou et présidence obligent...), Jean-Claude et Jean-Baptiste (??). Le reste du groupe monte d’un bon pas et à peine une plus tard, on retrouve le team du 4x4 installé pour le pique-nique. Repas sous soleil et nuages, équipement et à 14 h, tout le monde est équipé près du trou. C’est une première (il en reste encore qui n’ont pas fait Ghisoni) pour Patrick, Jean-Baptiste et Hervé. Séquence émotion à l’aplomb du puits d’entrée.

La barre métallique entraîne toujours quelques appréhensions. En-tête l’équipe féminine, Valérie équipant jusqu’à la lucarne et Claire prenant la suite, suivies des initiés. Planté de spit de Patrick au troisième fractio, la rouille avait fait son boulot (les autres ne sont pas dans de meilleurs états et un rééquipement complet s’impose en urgence !). Pour fermer la marche, l’équipe de topo, Jean-Claude en ouvreur et releveur des sections, Michel aux instruments, pour la première fois et Jean-Noël toujours aux carnet et crayon. Le topomètre électronique ayant une cellule qui a rendu l’âme à Brando, les mesures se feront avec le bon vieux décamètre. Base du premier puits, Michel cherche désespéramment les chiffres du clinomètre, mais après de longues minutes, il doit se rendre à l’évidence, dans la pénombre, il est incapable de pouvoir les lire, un de plus atteint par l’âge, à peine 40 ans et presbytie débutante ! Jean-Claude reprend les mesures et Michel passe en ouvreur.

Halte supplémentaire pour installer un mousquif reliant deux nœuds en huit, pour shunter 5 cm de corde bien brûlée. La suite de la topo se déroule sans problème, coup de projo sur les cheminées remontantes, aucune suite évidente, faudra-t-il aller voir, toutes ces cheminées sont parallèles et on peut toujours croire à une lucarne supérieure...

17 h, regroupement au fond, difficile de faire une première estimation de la profondeur, il faudra attendre le verdict de l’ordinateur. Refusant mes propositions de poursuivre la topo, donc d’équiper le P55 parallèle, on décide d’entamer le retour, certes il était déjà tard et il restait la fin du puits d’entrée à topographier. On revien­dra... (la suite confirmera cette décision...) Patrick est sur la corde, suivi de Jean-Claude, Michel et Jean-Noël, regroupement prévu à la lucarne pour la topo. Passage de fractio au Y bien glaiseux, très glissant, le toboggan porte bien son nom, globalement Ghisoni a été trouvé plus humide qu’à l’habitude, même le sable du fond était bien imbibé. La glaise bien humide a encore inspiré les sculpteurs en herbe et suivant l’exemple d’Hélène la section horizontale est devenue une vitrine d’exposition de statuettes en tout genre, l’appellation est trouvée, il s’agira de la Galerie du musée, suivie du Puits du musée et précédée du Puits de la lucarne... Hervé va déséquiper le fond jusqu’à la lucarne et Jean-Baptiste terminera. Fin de la topo, Jean-Claude descendra seul le puits d’entrée, plan incliné en éboulis qui queute sur une trémie (à désober ? rejoint probablement le P55) et cheminée remontante. Jean-Baptiste reste en attente à la lucarne et je remonte suivi du reste de l’équipe topo. Occasion d’apprécier le bloqueur de pied en verticale pure, aucun travail sur les bras, on reste bien dans l’axe de la corde et en alternant les poussées des pieds, on a une impression de montée d’escaliers. Par contre il faut l’enlever lors des montées contre paroi et aux passages de fractio il ne faut pas l’oublier. Sortie sous un doux soleil hivernal, il est 18 h mais l’attente va être assez longue et le froid va vite nous envahir. Sorties échelonnées, il est pratiquement 20 h, Jean-Baptiste termine son déséquipement, lentement car il est en panne totale de lumière ; il a fait deux fractios dans le noir et le projo de Jean-Claude lui sera d’un grand secours pour terminer le puits de remontée. Les sacs sont hissés à la poulie et direction à tâtons dans l’éboulis vers la Lada. Les restes du pique-nique sont sortis, il y a encore une bouteille. Descente au clair de lune, qui est dans le 4x4 ?.... la présidente et son compagnon... 3/4 d’heure d’un bon pas, de quoi bien se réchauffer. Retour sur Bastia, le temps de déposer J-B., Claire, il est minuit quand on arrive Place St Nicolas, premier retour si tardif. Dès le lendemain, quasiment à l’aube... les chiffres de la topo sont rentrés dans l’ordinateur, 194 m de topographié et le verdict tombe, les anciens se sont plantés, Ghisoni a une profondeur de 112,68 m ! Sacré différence, j’appelle Jean--Claude, la nouvelle doit circuler. Au fil de la conversation téléphonique, on découvre, avec honte et reconnaissons le, en toute humilité, que l’équipe de jeunes topographes s’est plantée ! il y a eu confusion dans la mesure du dernier puits, il a été inscrit à 12 m, alors qu’il s’agissait de la cheminée remontante. Pascal l’estimait à 30 m, mais il doit approcher plutôt 20 à 25 m... les paris sont ouverts. Ce qui signifie qu’il faut rapidement retourner à Ghisoni pour reprendre et terminer cette topo. De toute façon on ne dépassera pas les 130 m.

Jean-Noël

Vendredi 17 mars 1995

Spéléo, visite et topo, Castiglione 5 – Oletta -

Jean-Noël, Jean-Claude, Francis

 

Notre ex-président est de retour, le pied tout juste posé sur la terre corse, et profitant d’une oisiveté liée à une grève bienvenue, il n’a qu’une envie, celle de s’engouffrer dans les dernières découvertes souterraines. « Profitons-en pour faire un peu de topo », se disent Jean-Claude et Jean-Noël qui vont lui servir de guide. Trois heures passées pour réaliser la topo du réseau du puits à cailloux et la diaclase étroite jusqu’à la fin de la vire, à suivre... Bilan provisoire, 112 m de topographié. Beaucoup de temps passé dans cet éboulis de gros rochers ; la topo faite après la première visite n’était pas loin de la réalité...

Dimanche 19 mars 1995

Spéléo, désobstruction, Trou de Farinole – Farinole -

Jean-Noël, Jean-Claude, Marie-Françoise, Fanny et Maxime

 

Un puits de 400 de diamètre, de 440 de profondeur, au fond cela s’élargit légèrement, de quoi se pencher, s’agenouiller ou s’accroupir pour pouvoir gratter le sol, une terre argileuse de plus en plus compacte avec quelques cailloux. Fond ellipsoïde, fermé à une extrémité, l’autre partant en diaclase fortement pincée. Des formes concrétionnaires font rêver, on peut espérer sur un départ en étroiture oblique... quelle peut être l’origine d’un tel trou ? Rappelons que la profondeur d’origine était de 40 cm, alors on peut y retourner encore une ou deux fois... Maxime a fait sa première descente de puits (en seau...)

Samedi 25 mars 1995

Spéléo, initiation et perfectionnement technique spéléo, Falaise de Pietralba – Pietralba -

Jean-Yves, Jean-Noël, Hervé, Christophe, Jean-Claude, Gratien, Valérie et Jean-Jacques

 

Hervé a promis de faire le compte rendu, ayant quelques remarques... à faire au responsable de la sortie et à l’encadrement...

Dimanche 26 mars 1995

Spéléo, initiation, désobstruction et visite, Castiglione 2, 3, 6 – Oletta -

Jean-Yves, Jean-Noël, Jean, Michèle, Pierre et Thomas, Sylvie, Hervé, Jean-Claude, Gratien, Michelle, Valérie

 

Valérie, Hervé, Jean-Claude et Gratien se retrouvent dans Castiglione 6, Sylvie restant au soleil faute de casque. La première étroiture verticale est élargie, de quoi progresser de 4 à 5 m puis les parois se resserrent à nouveau interdisant cette fois toute tentative de désobstruction manuelle, on verra après le stage explosif...

Regroupement avec Jean-Noël, sortant de sa grasse matinée. Gratien se joint à lui pour aller finir la topo de Cast.3, où se trouve déjà l’équipe de Corte pour les fouilles. Le reste du groupe des Topi s’en va visiter Cast.2, la grotte aux chauves-souris. Gratien met en pratique les techniques apprises la veille à la falaise sans aucun problème. Le chantier de fouilles est en pleine effervescence, les trouvailles se multiplient, quelques dents, des morceaux de vertèbres, une colonne vertébrale de lézard... aux dernières datations, on remonte à –147 000 ans ! Poursuite de la topo de la galerie aux os, franchissement d’une escalade de 2 m, qui sera un peu périlleuse à redescendre, progression dans une trémie d’effondrement entre des blocs qui constituent de sympathiques étroitures. La galerie fait deux coudes à 90° et on se retrouve dans une diaclase parallèle à la galerie des os sur un plancher encombré de blocs effondrés assez instables. Au cours de l’avancée pour la topo, des cailloux se faufilent entre les blocs et rebondissent avec un bruit prometteur. Désobstruction délicate de quelques gros blocs, de quoi libérer un orifice étroit permettant de découvrir que la diaclase se prolonge en dessous par un ressaut de 2,50 m, on reviendra avec un bout de corde ou on enverra Jean-Yves... Retour vers les fouilles et on continue la topo sous l’escalade du balcon. Puis un peu d’échelle pour initier Gratien et aller rendre visite aux concrétions. Cette petite salle vaut le déplacement et quelques photos seront à prendre. Remontée jusqu’à la jonction théorique avec Cast.1, il y a bien de petites ouvertures concrétionnées entre les blocs qui constituent la fin de la faille... Redescente du balcon au descendeur, délicatement, ça frotte, et retour aux fouilles, Jean-Yves a bien entendu pu franchir le ressaut, la diaclase continue et la jonction est faite au son et à la lumière 3 m à gauche de l’entrée de la galerie aux os, il s’agit bien d’une faille strictement parallèle. Pas de suite ! Remontée du P16, mi-échelle puis jumar car absence de fractio en bas. On retrouve Jean-Claude qui a trouvé Cast.7, 8, 9 ! non faux espoirs, sa prospection n’a rien donné. Descente sous le soleil, l’heure d’été a du bon.

34 m de topographié et 17 m de vierge.

 

Vendredi 31 mars 1995

Anniversaire de Jean-Pierre et Patrick

Trop de monde à citer, la quasi-totalité des Topi, des ACS et bien d’autres...

 

Savoureux souvenir du cassoulet et cuisses de canard confites, des gâteaux et du champagne...

Samedi 1er avril 1995

VTT, Spéléo, prospection et désobstruction, Petre Scritte – Brando -

Jean-Yves, Jean-Noël, Jean-Claude, Gratien, Philippe

 

Montée toujours aussi éprouvante sur la piste de la carrière de Brando, rythmée par les protestations de Philippe envers sa chaîne qui sautait, et ahanements de Jean-Yves qui avait quelques difficultés à digérer son cassoulet de la veille. Pique-nique ensoleillé auprès des trous du plateau de Petre Scritte, Philippe nous quitte pour redescendre chez lui. Un départ important, bouche rocheuse ovale de 2x1 m, les gros blocs sont enlevés, au fond semblant de départ en faille colmaté par de la terre, il faut revenir avec un seau, profondeur 2,50 m. Un autre départ en faille plus étroite, où l’on peut néanmoins descendre sur 1 m, mais obstrué de chaque côté. Autre départ en faille très étroite avec fond non visible et cailloux qui rebondissent, estimation de 4 à 5 m... Dernier départ impénétrable, à poursuivre. Prospection dans le maquis pour trouver le trou du pylône qui rejoindrait les grottes en dessous... Un peu lassés nous abandonnons les lieux vers 15 h pour entamer le retour vers Silgaggia. Descente de piste très secouée jusqu’à hauteur du sémaphore puis remontée accidentée vers le village, Jean-Yves n’apprécie vraiment pas le VTT. Tournée de bière au bar du village et discussions avec le patron et des clients sur les trous de la région, il reste toujours ce trou du pylône qu’il devrait nous emmener visiter.

Samedi 8 avril 1995

Spéléo, visite, Gouffre de San Nicolao de Moriani – San Nicolao -

Jean-Noël, Sylvie, Hervé, Valérie, Estelle

 

Visite express de ce trou, deux heures d’explo, de quoi cependant permettre à Hervé de faire son premier équipement, et de s’apercevoir que si l’on rate un spit, il faut faire une conversion et remonter, à Sylvie de réaliser son premier déséquipement et à Jean-Noël de se rendre compte que la diaclase n’était pas si étroite que ce qu’il pensait se souvenir, (c’était il y a quatre ans et c’était son premier trou en Corse). À noter que le bloqueur de pied est très utile dans les étroitures verticales et permet de bien pousser dans l’axe du corps. Honte à nous, pressés de sortir, on n’a pas trouvé le développement horizontal qui partait entre la faille et le lac. Il y avait aussi un projet de topo mais le matos est resté au bord du trou, celle de Pascal n’est pas si mal que ça...

Dimanche 9 avril 1995

VTT dans Les AGRIATES

Alain, Bernard, Jean-Noël, Jean-Claude, Gratien, Francis, Lucien, Vicky et Philippe, Jean-Pierre

 

Bocca di Vezzu, piste de Malfalcu, descente très caillouteuse, Vicky se fait attendre, en fait elle a la malchance de crever, d’éclater sa chambre, mais a réparé seule, (je ne retranscrit que les remarques de quelques machos du groupe), pique-nique au village d’Alga Putrica près de la plage du Guignu, où Jean-Pierre à désespérément chercher la source qui affleurait sur le sable. Séance de portage de courte durée pour rejoindre la plage de Malfalcu, Vicky a encore éclaté... réparation collective, échanges contradictoires sur la méthode à utiliser pour éviter une troisième récidive, car le bord du pneu est dilacéré et la chambre fait hernie et éclate. Lucien, gloire !, a trouvé ; il suffit de protéger la portion abîmée par un morceau de l’ancienne chambre, ça a tenu. Belle piste carrossable jusqu’à la Marina d’Alga et de là poursuite par le chemin des douaniers vers la Punta di Acciolu. À éviter, une heure à pousser les vélos sur un sentier sablonneux ! Il faut tourner à gauche et rejoindre les bergeries Luogo Pianu. On quitte le sable des douaniers pour une piste carrossable mais très pentue et en haut à droite pour suivre la rive du ruisseau de Sualelli, mais là encore beaucoup de sable ou de descentes très caillouteuses... Tourner plutôt à gauche pour rejoindre la piste qui vient des bergeries de Luogo Pianu, cette piste de l’intérieure est sûrement beaucoup plus roulante. Pas trop de regrets quand même car les paysages sont superbes. Soleil généreux, cuisant, on s’en est aperçu le soir car le vent de nord-est, qui nous a toujours poussés, a refroidi son ardeur. Autre constatation, on n’emmène jamais assez d’eau... Tous semblent bien heureux d’être arrivés à l’Ostriconi, où la Santana de Francis était stationnée. Les propositions de Lucien et Gratien de rejoindre le Bocca di Vezzu par la route, soit 10 km de bitume, n’ont eu aucun succès, les sept conducteurs se sont engouffrés dans la Santana, prétextant des rendez-vous, une soif extrême, des douleurs du siège... On retrouve les voitures, retour à l’Ostriconi et 18 h direction Bastia, Calvi, Moriani...

Lundi 17 avril 1995

VTT, randonnée via le col deTeghime et la route des Agriates, Merendella à Lozari

Jean-Noël, Jean-Claude

 

Départ, 7 h 30 Miomo. Arrivée Lozari pour l’apéro à 11 h 30, 70 km, ballade superbe, malgré les dix derniers kilomètres de bitume. Pour le retour... vive le moteur à explosion.

 

 

Samedi 22 avril 1995

Spéléo, topographie Castiglione 5 – Oletta -

Jean-Noël, Jean-Claude, Jean-Baptiste

 

Vendredi soir, après de multiples coups de téléphone, il est possible de constituer une équipe de topo, il semble que tous les topi soient mobilisés pour la compétition d’hydrospeed du dimanche. 9 h 30, nous sommes au bord du trou, un temps doux sous de gros nuages. En avant pour finir la topo de ce trou à cailloux, J-C. en ouvreur, J-B. aux instruments et J-N. au crayon. Le haut de la faille étroite est rapidement atteint, la topo de cette section n’est pas vraiment une partie de plaisir, largeur moyenne de 30 à 40 cm, profondeur 20 m. La salle du fond permet de faire la pause ; pour la remontée, ne pas redescendre dans le fond de la faille au point d’arrivée de la corde, il faut partir à l’horizontale en oppo pour aller la récupérer pratiquement sous le fractio, compte tenu de l’étroitesse, le risque de chute est réduit. Pour remonter, au choix, escalade en oppo avec assurance-poignée à la ceinture ou jumar en se servant le moins possible de la pédale, de toute façon, il y a de quoi attraper une bonne suée. La suite ne présente pas de difficultés, le haut du puits vers la salle blanche est toujours étroit. Il serait peut-être possible d’atteindre directement la base de ce puits par une belle verticale en élargissant la faille qui se trouve au plafond et qui part à gauche des spits de la faille étroite. La coulée blanche « voie lactée » se macule de plus en plus... Remontée, repérages de gros os, vertèbres et os longs au niveau du croisement des failles.

Topo terminée, 108 m de relevé, un tout petit espoir de suite dans la faille étroite au niveau du croisement...

Vendredi 28 avril au Dimanche 7 mai 1995

Camp Seranne (Hérault)

Hervé, Jean-Noël, Jean-Claude, Jean-Baptiste, Francis, Valérie

 

Abîme de Rabanel / Aven de Rogues / Aven du Bois du Bac n°1 / Réseau de Roquebleue / Grand aven du Mont Marcou / Aven du Grelot / Rivière souterraine du Trou Fumant de l’Olivier

Samedi 13 mai 1995

Morosaglia topo et explo

Jean-Noël, Francis et Romain (CAF spéléo Aix)

 

Le week-end s’annonce maussade, pluie et vent à la météo, alors se tremper dans l’eau, brr, brr,... rien ne vaut la douce ambiance des grottes. Abandonnant le clan des joyeuses grenouilles à leurs batifolages hydrospeediques, nos deux topi Francis et Jean-Noël vont aller rendre visite à ce bon vieux trou de Morosaglia, bien peu visité cette année (une petite séance d’initiation en début de saison). De plus un spéléo aixois de passage en Corse (pour 10 mois de service à Solenzara), a contacté le club jeudi dernier, alors en avant pour la topo de Morosaglia, il faut bien rendre la balade utile. Carré d’As à 10 h, une demi-heure d’attente, mais notre ami Gratien qui avait envisagé de se joindre à nous a du se coucher bien tard. 11 h en bas de la pente, montée sous un ciel agréable, pique-nique à l’abri du vent, on évoque des possibilités de camp en Turquie, une résurgence avec plus de 700 m de remontée... Midi sonne au campanile de Morosaglia, on descend. Francis va équiper, les spits ont besoin d’être révisés, derrière topo. Début du toboggan avant le puits de la salle « terminale », planté de spit pour raccourcir la main courante un peu longue, on part à gauche pour la topo de la trémie et de la désescalade vers cette salle.

Passage précautionneux de la trémie, beaucoup de cailloux instables et glissants, Romain part en explo devant et revient demander le marteau pour casser une draperie qui bloque une étroiture. Demi-tour au toboggan pour le récupérer, Francis est remonté pour prendre des plaquettes en surplus. L’étroiture est franchie, derrière un ressaut de 3 m en désescalade sur une belle calcite ocre sans taches, on doit être les premiers, avis aux anciens ? 5-6 m, ça queute sur effondrement, trémie, mais il y a un courant d’air, vers le haut, trémie également, mais à gauche arrivée d’une diaclase fortement pincée, 20 cm de large, 2 m de visible, et les cailloux rebondissent longtemps… plus tard, Francis entendra même un plouf ! La rivière souterraine de Morosaglia est là ! Retour vers le toboggan où Francis nous attendait, faute de nous avoir trouvés, il veut voir le nouveau réseau. Puis désescalade vers le réseau inférieur, topo de la diaclase qui est en fait la même, on n’est pas loin de la suite hypothétique. Arrivée sur un petit puits de 5-6 m avec deux spits, aucune idée de la suite, il faudra revenir et équiper.

Les acétos commencent à faiblir, quatre heures que l’on est dans le trou, échange de piles, à 17 h 15, il faudra remonter. La désescalade vers la salle « terminale » est trouvée et rapidement topographiée jusqu’à l’aplomb de la descente du puits du toboggan et au départ du dernier puits. On range le matos topo, il reste quelques lueurs vacillantes et on remonte. Francis et Romain se font les puits en escalade et Jean-Noël qui possède encore une lumière assez vigoureuse prend le temps de déséquiper. En une demi-heure, le trou est déséquipé et on se pèle dans le vent glacial qui souffle sur la crête. Pas le temps de s’éterniser, on se déséquipera et se restaurera en bas. D’un pas alerte, les voitures sont vite regagnées, rangement du matos et là, surprise désagréable... le topomètre électronique qui, comme d’habitude avait refusé de marcher, a été oublié au fond du ressaut d’entrée, par Jean-Noël qui l’avait bien caché sous des cailloux ! Par respect pour ses vieux os, notre ami Romain, jeune militaire dans la force de l’âge se propose de remonter le récupérer, Jean-Noël n’hésite pas trop et le remercie chaleureusement. Fin du rangement du matos, 3/4 d’heure se passe et Romain arrive en courant et désolé, il n’a rien trouvé ! Il ne reste plus à Jean-Noël qu’à remonter, Romain tient à l’accompagner, quelle santé ! Sans kit, la montée est moins pénible. Le topomètre était bien à sa place, bien caché sous de gros cailloux. On récupère en passant un sac de victuailles également oublié, décidément ce trou sera celui de l’oubli de beaucoup de matos (Jean-Noël a retrouvé sa gourde oubliée en septembre et laissée à l’entrée du trou...). 19 h 30, on retrouve un Francis frigorifié mais il se fait bien tard et il ne reste pas assez de temps pour prendre un chocolat chaud au Carré d’As.

160 m de topographié et 18 m de vierge (?)

Samedi 20 mai 1995

Canyon, Techniques en falaise, Francardo – Omessa -

Jean-Noël, Patrick et Jean-Pierre, Hervé, Gratien, Hélène, Pascal, Valérie, Alex, Claire et Romain, X ?

 

Apprentissage de la descente au descendeur en huit, techniques de dégagement en urgence sous cascade et remontée au shunt.

Dimanche 21 mai 1995

Canyon La Ruda – Coscia -

Patrick et Jean-Pierre, Michel, Hélène, Claire et Romain

 

Temps un peu couvert, de la pluie en fin de journée ; beaucoup d’eau, au point d’éviter les rappels directs et un peu froide...

 

Jeudi 25 et Vendredi 26 mai 1995

Spéléo, topo et explo, gouffre de Ghisoni – Ghisoni -

Jean-Noël, Michel, Gratien, Francis

 

17 h 30, arrivée au bas de la piste, Gratien est sur place depuis quelques minutes, la mine triste, l’air ennuyé, il vient de se faire contrôler pour un dépassement de ligne jaune à la sortie d’une courbe, combien de points... Un quart d’heure plus tard arrive le Santana de Francis, mais toujours pas de Michel et de Lada comme cela était prévu. Pourtant il était fortement motivé et aurait dû redescendre du Monte d’Oro vers 15-16 h. Inquiétude, cela va être galère de monter à trois avec tout le matos. Une demi-heure se passe, il faut y aller, on range les voitures non-TT après le pont, on entasse le matos et Gratien à l’arrière du Santana et en avant. Quelques lacets et on se retrouve face à une Lada rouge qui descend, c’est Michel, qui, arrivé très tôt, et voyant une voiture garée en bas, avait cru que nous étions déjà en haut ! Il nous parle de piste défoncée, à la limite du praticable, il aurait tapé deux fois, bref il ne veut pas y retourner. Flottement, incertitude, il faut forcer la décision et Michel, très gentil, accepte de renouveler l’épreuve. Partage du matériel et des hommes et poursuite de la piste. Vraiment plus abîmée qu’en mars dernier, trois ou quatre passages sont limites, mais la science de nos conducteurs nous permet d’arriver à l’aire de camping vers 19 h. Herbe rase, endroit sympa, montage des tentes, pastis, repastis, re..., repas de pâtes à la tomate, arrosé... il faut aller équiper Ghisoni. Projet limité pour ce soir, équiper les deux voies d’accès au fond et demain on fera topo et explo de cheminée. 22 h, début de l’équipement, Jean-Noël/Francis jusqu’à la galerie du musée et là deux équipes ; Francis/Jean-Noël pour le P55 (qui deviendra 51 le lendemain) et Michel/Gratien pour la voie habituelle. Découverte du P51, faille étroite de 40-50 cm de large sur 15-20 m de long, trois fractios bien placés, ça passe au millimètre, fond plus rastèg que l’autre côté ; on explore, un R3 et on correspond par un étroit orifice avec Michel qui est en bas de l’autre voie, une petite escalade et on se retrouve dominant nos deux compagnons, la jonction est faite. Remontée en laissant donc les cordes en place, regroupement au musée, Gratien coince un peu aux fractios, problème de manipulation du croll. Sortie 2 h, la forme, casse-croûte, on ouvre l’autre bouteille. Quelques gouttes de pluie obligent à un repliement dans les tentes, on ne fera pas de feu ce soir. Il va pleuvoir toute la nuit, la tente menace de prendre l’eau, mais Hadès nous protège et demande à Zeus de cesser ses ablutions. 9 h, le soleil revient, petit déjeuner dans l’herbe mouillée, le matos est bien nettoyé. 10 h, on replonge dans le trou, Gratien/Jean-Noël pour la topo puis Francis/Michel qui iront explorer la cheminée au-dessus du puits de la galerie du musée. Bonne progression de la topo, la longueur de la faille du P51 est difficile à évaluer et les chances de suite aux extrémités impossible à préciser. Topo de la partie horizontale, puis d’un départ de faille perpendiculaire avec cheminée remontante à 45°, estimée à 8-10 m, il y a peut-être une suite... Retour vers la jonction avec l’autre fond, escalade de 2 m et on retrouve une lucarne d’où l’on domine le terminus habituel. Petit passage exposé en oppo, plaquette en place, descente d’un R5 sur simple amarrage... et on se retrouve dans notre Ghisoni traditionnel. Il faut déséquiper les deux voies, Michel s’étant senti un peu « faible » et ayant refusé de venir découvrir le P51 et donc de le déséquiper, Gratien va pouvoir réaliser son « rêve » de déséquiper, il s’en chargera jusqu’au musée tandis que je reviendrai par le P51. Un grand bruit de cailloux, impressionnant, on se planque sous un rebord, Francis a ramoné sa cheminée mais les pierres s’arrêteront en haut du toboggan glaiseux... Gratien commence sa remontée, le décamètre à la ceinture, on va enfin connaître la hauteur de ce dernier puits... 15,90 m et non P30, Ghisoni atteint donc la profondeur de –117 m. Ceux qui contesteront et rêveraient encore d’un -145 ou -130, peuvent toujours remesurer... Gratien ayant réussi son déséquipement du mickey, je remonte le R5 sur corde frottante de 9, et entame le déséquipement du P51.

Retrouvailles avec Francis et Michel au musée, il a réussi à remonter en artif sur 10 m, avec AN et un spit, mais pas de lucarne et la suite estimée à 10 m va en se pinçant fortement, peu d’espoir, mais il reste encore d’autres cheminées... Remontées de Michel, puis Francis, chargés de très gros kits ; des cliquetis, Gratien arrive, pas de repos, il faut continuer, le passage de la lucarne demande pas mal de temps, toujours un problème de croll, je déséquipe mais la progression ralentit, pauvre Gratien, on avait oublié de lui dire qu’une déviation ne se passe pas comme un fractio, il faut enlever le mousqueton de la corde alors que le « pauvre » à chaque fois, coinçait sa poignée contre le mousquif. Enfin il sort, le puits d’entrée est inondé de lumière, superbe spectacle inhabituel à Ghisoni, nos sorties hivernales se faisant en général de nuit. Regroupement des kits en bas du P29, le tout est mousquetonné et je remonte, pas de problème, la corde est bien tendue. Sortie 16 h, il faut tirer les kits, quatre pleins et la perceuse, au moins 50 kg. Après bricolage de poulie, descendeur, poignées, on réussit à réaliser un palan mais arrivé à 10 m, la charge se bloque et se coince bien, il faut lâcher du mou, redescendre un peu, ouf ! tout est dehors. Le temps est bien dégagé, les tentes ont séché. Casse-croûte, pastis pour arroser la fin de la topo, 130 m de topographié en plus, un peu déçus des -117 mais c’est la dure réalité des chiffres. L’équipée sauvage en 4x4 reprend, un dernier regard vers le trou - si la piste n’est pas refaite, ce sera difficile d’y revenir ou avec deux kits sur le dos et une heure et demie de marche comme nos anciens...- 18 h 30, retour vers Ajaccio, Bastia et Calvi.

Jean-Noël

Samedi 3 juin 1995

Spéléo, topo et explo, gouffre de Morosaglia – Morosaglia -

Jean-Noël et Romain, Patricia

 

Le canyon est prévu pour le dimanche, si l’on faisait un peu de topo ? La saison touche à sa fin, les topi n’ont plus trop envie de crapahuter sous terre, ils parlent tous de soleil, de cascades... fort heureusement deux « néophytes » (pour les grottes corses) vont accepter de se joindre à Jean-Noël, l’accro de la topo, pour aller terminer Morosaglia. Romain, qui est déjà sorti avec le club et Patricia, nouvelle recrue, avec trois ans de pratiques souterraines sur le continent. Cependant sa manière de pratiquer la spéléo surprendra un peu... le matériel aura besoin de quelques réglages, notamment les longes, de longueurs surprenantes, il faudra l’initier à l’usage de l’acéto, trois ans de spéléo à l’électrique, rappeler que se longer au bord d’un puits n’est pas inutile... enfin tout se passera très bien. 10 h 30 au trou, Romain équipe, un seul spit en tête des puits, il a l’habitude de ne faire que des explos en pointe... Équipement du P8 après le toboggan pour reprendre la topo. Mauvaise prévision de Jean-Noël, la C13 ne suffit pas, malgré l’équipement raccourci de Francis, il manque 3 m, un léger pendule et on désescalade en fond de faille, de toute façon, on remontera par le R6. Topo du puits suivant P8, fin à droite sur diaclases fortement pincées, à gauche un P6 qui se termine sur effondrement, il s’agit du même éboulis retrouvé aux étages supérieurs.

Remontée et déséquipement et direction le puits aux deux spits au bout de la galerie de l’étage moyen. Les spits sont un peu vieux et ne permettent qu’un équipement approximatif, il faudra le revoir, mise en place de la C20, Romain s’enfile dans une diaclase de 40 cm de large, et stoppe en bout de corde à environ 5 m du fond. L’heure avance, faute de temps, on remet l’explo et la topo à une prochaine fois. Cela semble continuer sur 10 à 15 m en diaclase de 40 cm, à suivre... Déséquipement en 40 mn, on sort sous un ciel bourgeonnant, Romain hésite à aller grimper au San Pedrone, comme prévu. 73 m de topographié, et il en reste..

J’allais oublier… le trou de l’oubli porte bien son nom, oubli d’un blouson au Carré d’As, gentiment gardé par la serveuse et récupéré le lendemain.

Jean-Noël

 

Samedi 3 juin 1995

Spéléo, prospection – Patrimonio -

Fanny et Jean-Claude

 

Indices : souvenirs d’un ancien berger de Patrimonio qui nous avait indiqué un trou sur le versant sud-ouest de la Cima di Gratera et dans lequel il avait jeté des cailloux qui rebondissaient longtemps, longtemps... Plein d’espoir nous nous dirigeons vers l’endroit indiqué. Départ depuis la piste qui longe le ruisseau de Monte Rossi que nous empruntons jusqu’à la prise d’eau. Puis petit passage dans le maquis avant de trouver un chemin relativement praticable qui nous emmène jusqu’à la crête de Punta di Porcili. Le reste du parcours se fait au jugé jusqu’au lieu indiqué. Là, nous cherchons en vain pendant une heure, puis nous décidons de revenir par un parcours différent. Bien nous en a pris car nous trouvons enfin le trou sur la crête qui relie la Cima di Gratera à la Punta di Porcili. Evidemment le trou est moins impressionnant que dans le souvenir du berger, mais quelques dizaines de mètres de première font toujours plaisir. L’origine de ce trou semble être une faille tectonique d’axe NNO/SSE. Dans le prolongement de celle-ci, un trou à désober, laisse espérer encore de la première.

Jean-Claude

Dimanche 4 juin 1995

Canyon, La Cardiccia – Bocognano -

Bernard, Guy, Jean-Noël, Patrick et Jean-Pierre, Hervé, Véronique, Jean-Baptiste, Gaston, Hélèneet Laurent, Patrice

 

Une agréable sortie sous un soleil printanier avec des nuages jouant à cache-cache avec les sommets, voulant nous inquiéter un peu. La première sortie de l’année en canyon pour quelques anciens et l’occasion d’en faire découvrir les joies à quatre nouveaux. Une première pour les topi, tout le groupe portait le casque, enfin presque tous, en effet un vieux baroudeur de canyon qui passait par-là s’est joint à l’équipe, un certain J-P D.... le casque, insupportable, je vous passe tous les motifs invoqués... faudra-t-il prochainement exiger un certificat médical de contre-indication ? Pourtant cela avait commencé par une bavure, au moment de démarrer la descente, Patrice, un nouveau, part sans haut de combi, ce qui immédiatement a entraîné le refus de l’emmener de la part de Patrick et Jean-Pierre. À juste titre, me semble-t-il, on s’est bien vite aperçu par la suite que l’eau était encore froide, qu’à un groupe aussi nombreux les temps d’attente en haut des deux rappels furent assez longs et pour certains à l’ombre, de quoi être frigorifié rapidement, d’où fatigue, risque d’accident, se rappeler la fracture de l’année passée. Patrice fut obligé de redescendre et a raté son initiation. Il est certes un peu responsable de sa mésaventure, ayant refusé au départ des voitures d’emporter le haut de combi qu’il avait à disposition... Mais le groupe doit assumer une partie de la responsabilité : il est nécessaire qu’avant d’entamer la marche d’approche, le responsable de la sortie fasse un rapide briefing sur le matériel à emporter et s’assure que chacun est bien en possession du matériel recommandé (ou délègue à un ancien le soin de parrainer un nouveau). Pour cette fois, on peut donner comme excuse, une certaine précipitation dans le départ, suite à une arrivée échelonné au point de rendez-vous, à des retards accumulés... Sachons en tenir compte pour la prochaine sortie avec des débutants, mais le conseil reste valable pour les anciens qui pourraient par exemple oublier de prendre leur baudrier...

Jean-Noël

Samedi 10 juin 1995

Canyon, Viula – Olcani -

Jean-Noël, Philippe

 

Suite au démaquisage d’un chemin d’accès lors du Corsica Raid, ce canyon est devenu très accessible. Ceux qui l’ont pratiqué les années précédentes se souviennent d’une marche d’accès de près de trois heures avec un dernier parcours épique, très épineux... Maintenant une navette est possible, en descendant le Bocca San Ghjuvanu (piste reliant Sisco à Olcani), après quelques lacets la piste remonte légèrement avant un lacet serré à droite, laisser une voiture à cet endroit, le chemin d’accès part juste dans le lacet. Déposer une voiture au Ponte Novu, qui se trouve en contre-bas d’Olcani sur le Viula. Revenons à l’accès, il reste en courbe de niveau, traversant le ruisseau San Ghjuvanu (belle cascade, à envisager), remonte légèrement pour aboutir au ruisseau de Viula au bout d’une demi-heure. Jean-Baptiste ayant eu une panne d’oreiller, nous nous retrouvâmes à deux, bien décidés, un peu inquiets par le temps gris et les premières gouttes de pluie. Pique-nique et départ à 13 h, casques bien vissés sur le tête, mais la remarque de la dernière sortie sur le matériel des « anciens » s’est trouvée justifiée, Philippe, pour sa première sortie de la saison, n’a pas récupéré les automatismes pour la préparation du matériel, le descendeur en huit est resté à la maison... on descend quand même ; la première idée de descendre sur un nœud italien s’avèrera inopérante, trop de frottements sur corde double, donc on remontera le huit fixé à la corde après la descente du premier. 10 mn de marche en rivière, un cairn (départ du parcours chronométré du Raid ?), à nouveau 10 mn de marche et les réjouissances commencent, un toboggan annoncé 6 m, coupé en deux par une vasque bouillonnante, éviter la seconde partie, cela doit taper à l’arrivée et puis on accède à la partie engagée, resserrement des parois, pas de réchappe possible, et il continuait à pleuvoir finement...

Une cascade de 3 m et un toboggan 2, que l’on pourrait faire en désescalade mais que par prudence on a assuré en main-courante sur arbre à gauche. Et le premier rappel, un bel a-pic de 10 m avec un dévers deux mètres en dessous, beaucoup de bruit et une belle cascade, cela promet d’être arrosé. Bel amarrage sur la droite, mais Philippe hésite, il faut se sacrifier..., en fait, on évite la cascade et la pluie en restant en oppo, les parois sont à 1 m - 1,50 m, et on arrive ainsi jusque dans la vasque, un goulet, une seconde vasque avec un bon courant et nouveau rappel de 10 m ressemblant fort au précédent. Même technique de descente. Un toboggan de 3 m qu’il faut mieux désescalader, une main courante d’accès de 5 m (où l’on a laissé un maillon) puis un rappel de 10 m incliné, un peu glissant à l’arrivée...

Les parois s’éloignent, le paysage prend de l’ampleur, on arrive sur la grande cascade de 50 m, en fait un très beau plan incliné, le départ se fait sur la droite par une main courante de 7-8 m puis deux ancrages, la descente ne présente aucune difficulté, on apprécie la vigueur de la chute lors du changement de rive à 10 m du bas. Un petit saut de 2 m dans la piscine des olcanais et il reste une demi-heure de marche en rivière avant de retrouver le Ponte Novu, possibilité d’un saut de 3 m en cours de route. 3 h 30 de descente ; entre le départ et le retour à Sisco, il faut compter 7 h à 7 h 30.

 

Samedi 17 juin 1995

Canyon, La Vacca – Solenzara -

Jean-François, Jean-Noël, Jean-Pierre, Hervé, Gaston, Marie-France, Jo

 

Grande classique de début de saison, ce canyon est toujours aussi superbe ; temps assez ensoleillé, eau pas trop fraîche et débit comparable à celui de l’été. Pour les courageux, pas besoin de baudrier, le dernier saut, qui fait bien ses 12 m, se fait sans trop d’appréhension (mais toujours l’emmener, au cas où…). Une première pour les habitués, on ne sort plus par le lit de la rivière, interminable balade de une heure à une heure trente sur les galets, on a trouvé le sentier de retour par la montagne : après le saut de la cascade et le dernier saut qui suit, aller jusqu’au bout du grand bief et quand les parois commencent à s’élargir, repérer un cairn sur la rive gauche, au milieu des arbres (autre point de repère dans la rivière, un rocher incliné avec quelques tafonu), suivre ce sentier jalonné de cairns, il grimpe assez raide, on accède à un plateau et par un sentier évident quasiment horizontal, on rejoint la route au niveau du premier virage en épingle à cheveux dans la descente de Bocca di Larone (marqué sur la carte), où bien sûr on aura laissé une voiture pour faire la navette. Temps de retour 40 mn et 10 mn pour la navette. Temps de sortie à prévoir : 5 h depuis le pont de la Solenzara.

Samedi 17 juin 1995

Spéléo, prospection – Velone -

Jean-Claude, Bati , Joseph

 

Indices : souvenirs de randonnée de Bati et indications fournies par Joseph et les anciens du village de Pero-Casevecchie.

8 h 30, nous quittons Pero en prenant un chemin au sud-ouest. Celui-ci se transforme vite en pistes incertaines louvoyant parmi les hautes fougères. Nous nous dirigeons vers le Croce Niolo (Riolo selon la toponymie locale) que nous contournons par le sud. À mi-chemin entre le Croce Niolo et le Monte Emerini, nous trouvons les premières failles. Celles-ci mesurent entre 5 à 6 mètres de long, 40 à 50 cm de large et sont profondes de quelques mètres. Mais notre objectif, ce sont les grandes failles du Monte Emerini.

Après nous avoir mis sur le bon chemin, Joseph nous quitte et retourne à Pero. Vers 11 h 30 nous arrivons aux grandes failles. Celles-ci sont assez impressionnantes. la première, 50 m de long, 10 m de large et haute d’environ 30 m, présente des plans inclinés à chaque extrémités, ce qui en rend l’accès facile. D’une de ses paroi coule une source. L’examen du fond ne révèle aucune continuité. La seconde est plus intéressante. Un plan incliné nous mène vers un boyau que je réserve pour une prochaine visite. À l’extérieur, le temps change et la vue du brouillard nous incite à revenir à Pero que nous rejoignons au jugé.

Sur le chemin du retour, nous faisons un détour pour visiter le trou de Velone. Une vingtaine de mètres de profondeur en plan très incliné impose une corde. Le trou présente la particularité d’avoir une paroi recouverte de calcite alors qu’il se situe dans une zone schisteuse. Un petit boyau part au fond et demande à être exploré.                                                                                                                                          Jean-Claude

 

Nota : lors de la prochaine prospection aux failles de Vacaja, il faudra partir de San Damiano qui n’est qu’à une heure de marche.

Dimanche 18 juin 1995

Canyon, La Purcaraccia – Solenzara -

Alain, Jean-François, Hervé, Marie-France, Valérie

 

Samedi 24 juin 1995

Spéléo, explo, Grotta di Ghjuvani - Santa Maria Di Lota -

Jean-Noël, Jean-Claude

 

Ou comment le sous-sol corse nous réserve encore beaucoup de surprises et surtout pourquoi les informations sur les cavités sont à rechercher par tous les moyens… Samedi matin, un coup de téléphone d’Alain, pour mettre au point la sortie du lendemain et on en vient à parler de nouveaux trous ; une galerie du côté d’Asco, murée par les bergers et réouverte récemment, elle devrait être explorée mercredi prochain par Philippe et Dani, et puis un trou du côté de Partine, information obtenue à la fête de l’école du Centre, auprès de parents d’élève, la tragédie récente dans les galeries rouennaises ayant amené les gens à aborder ce sujet. Bien entendu, les enfants virent s’interdire leur sortie souterraine et ne voulaient même pas dévoiler l’endroit. Mais l’information parvint donc jusqu’à la Sorbinca, Partine n’étant pas loin, on appris vite que les enfants de la maison avaient des copains qui connaissaient le trou, ce qu’ils n’avaient jamais dit, et il n’en fallait pas plus pour monter une expédition avec Jean-Claude.

17 h (après la finale de rugby…), on monte à Partine pour retrouver les jeunes assis autour du lavoir, ils étaient bien entendu au courant de notre projet et se firent un petit peu tirer l’oreille pour accepter de nous y emmener. Pour eux, il s’agit d’un terrain d’aventures secret, objet de nombreuses explos depuis des mois, voire des années… ils ont même construit une cabane à proximité pour y passer la nuit ! Ils parlent de cristaux brillants, de petits oeufs au plafond (ce sera des concrétions en petits « choux-fleur ») et d’un puits profond où ils sont descendus, trouvant de l’eau, mais après c’est trop étroit… Finalement, ils acceptent et direction la grotte mystérieuse ; nous passons le cimetière de Partine, tournons à droite vers le réservoir, puis à droite vers les maisons plastiquées, puis à gauche pour descendre à travers le maquis ; en fait l’entrée se trouve au pied d’un des fronts de taille des anciennes carrières que l’on voit à droite quand on vient de Miomo. Entrée basse de 40x40 cm barrée par une concrétion, une autre entrée en fente, 1 m plus haut, une bifurcation, prendre à gauche et un petit ressaut en pente de 2 m. Jean-Claude s’est déjà enfilé dans le boyau étroit, un passage bas, largeur du casque, une bouteille et une vieille pile rouillée, puis cela s’élargit et en pente on arrive au bord d’un puits qui fera ses 5 m. Il y a une corde à nœud, dans un triste état, fixée à une sangle douteuse et à un gros câble électrique qui descend également jusqu’en bas, tout ça est passé autour d’un gros amarrage naturel, un rocher coincé, mais on peut comprendre l’angoisse des parents… Équipement d’une sangle et de la corde de 8 mm (un seul amarrage, mais c’est une explo…) et arrivée sur un fond sableux, sec (sic !), petite salle de 3x2 m. De chaque côté une faille qui se poursuit en se pinçant ou avec un éboulis, un autre départ de faille étroite avec un très léger courant d’air frais et puis au-dessus après une petite escalade de 2 m, une salle basse avec des départs en boyaux ensablés, à suivre ? Remontée au jumar, à la corde à nœud les jeunes ont du peiner un peu, quant à la remontée sur câble électrique ! À la sortie du puits un boyau remontant donne accès à une salle supérieure avec trois départs obstrués par des trémies. Hésitations pour trouver la sortie, le passage bas n’est pas facile à repérer. On retrouve les gamins qui espéraient que l’on ait trouvé une suite, mais on leur promet de faire la prochaine explo ensemble (pour la topo) et de les emmener explorer d’autres cavernes, ils ont l’air passionnés, la relève des topi est là !

Dimanche 25 juin 1995

Canyon, Viula – Olcani -

Alain, Bernard, Jean-Noël, Jean-Claude, Gilles, Marie-France

 

Je ne vais pas vous raconter ce canyon, descendu avec Philippe, quinze jours auparavant, reportez-vous à la description, simplement préciser que je me rallie à l’idée de Jean-Claude, il faut abandonner la piste St Jean et passer par Nonza et Olcani, plus de temps mais moins de piste… Temps très agréable, soleil un peu voilé au début, une eau que certains vont trouver très fraîche, un bon débit et des R10 bien arrosés. Tout le monde est sorti enthousiasmé par ce petit canyon aux portes de Bastia. Mais j’en vois certains qui doutent, ce n’est pas possible que tout ce soit bien passé, ils ont bien lu que X. faisait partie de l’équipée, eh bien nulle entorse, nulle plaie, nulle chute, abandonnant sa traditionnelle casquette, il avait mis le casque et il n’y eut vraiment rien à signaler… C’est très joli un groupe de canyonistes avec leurs casques colorés et ça fait pro…

Samedi 1er juillet 1995

Canyon du Lama - Chisa -

Jean-François, Pascale, Jean-Noël, Patrick, Christophe, Gilles, Marie-France, Claire

 

Les fourmis sont toujours à l’affût dans le tronc de l’arbre du premier rappel, au bout de dix minutes elles grimpent sur la longe et puis n’hésitent pas également à se laisser tomber du haut des branches, le haut de la combi est recommandé… Bonne progression du groupe, pas mal d’appréhension pour Pascale au second rappel, elle ne connaissait que le rappel d’escalade. Le toboggan de ce rappel a semblé trop dangereux pour Patrick et la descente s’est faite sur corde jusque dans la vasque. Marche de sortie dans la rivière jusqu’au pont, un peu long, mais quelques sauts et des passages de nage permettent de se rafraîchir. Alors que l’on remontait les marches de l’escalier de sortie, un grand plouf !, Gilles et Patrick ont fait le saut du pont de Chisa, pas d’autres volontaires.

 

 

Samedi 8 juillet 1995

Canyon des Sulleoni – Cargèse -

Jean-François, Michel, Claire, Marie-France, Jean-Pierre

 

Propos recueillis auprès des participants : chaleur, maquis et ronces, assez d’eau pour embarquer le sabot de Jean-Pierre, il le retrouvera une vasque plus bas. Un spit de replanté.

Dimanche 9 juillet 1995

Canyon du Dardo – Piana -

Jean-Noël, Claire, Jean-Claude, Jean-Pierre

 

Trois heures de route pour atteindre Piana en partant de Bastia, sans rencontrer une voiture ! Les touristes ne sont pas encore arrivés, les calanches commenceront à s’animer vers 10 h. Jean-Pierre et Claire, qui ont récupéré Jean-Claude au camping, sont au rendez-vous sur la place de l’église, mais pas de Jef et Marie-France. En allant chercher les croissants, on apprend qu’ils ont appelé le boulanger pour signaler qu’ils étaient en panne à Porto. On y file avec Jean-Claude, fuite de liquide de refroidissement, joint de culasse, durite, pompe ? la dépanneuse est en chemin, venant de Sagone, ils ne feront pas le Dardo. Départ à quatre vers 11 h, habillage au bord de la route, on shunte le rappel du moulin, pourquoi ? Peu d’eau, quelques vasques d’eau tiède, il faut se méfier lors des sauts. Les deux rappels plein pot sont superbes et l’ambiance fantastique, les roches rouges changent des canyons gris du Cap.

Joli toboggan d’une dizaine de mètres où l’on part sur main-courante et où on a assisté à ce dialogue :

Jean-Noël (dans la vasque, en bas du toboggan) : « Claire, pars avec le bout de la corde pendant que je la rappelle »

Claire (nageant vers le bord de la vasque) : « D’accord »

Mais Claire a du mal comprendre et arrivée au bord de la vasque, elle n’avait pas le bout de la corde et Jean-Noël avait laissé l’autre bout filer au fond de l’eau… On a assisté à quelques exercices de plongée de J-N., genre canard barbotant dans la vase mais sans grand succès et Claire a pu récupérer la corde. Marche de sortie un peu longue, mais l’embouchure sur la mer est un moment très fort. Puis une certaine inquiétude s’est emparée des néophytes du Dardo, il fallait rentrer à la nage, un kilomètre de cabotage pour rejoindre la plage de Ficaghjola. Mise à l’eau avec palmes et masque et tuba pour les plus prévoyants. Mer calme avec cependant une petite houle de 3/4 face qui ralentissait et nous faisait perdre le cap dès que l’on ne voyait plus le fond. Mais tout est passé rapidement et il a fallu que Jean-Pierre nous rappelle, car l’on a failli traverser l’anse de Ficaghjola sans s’en rendre compte. La famille LA MILZA nous attendait et le retour aux voitures a été des plus simples.

Vendredi 14 juillet 1995

Canyon du Figaretto (Borgo)

Jean-Noël, Jean-Baptiste, Gaston, Vincent et Alain L

 

À l’occasion du passage en Corse d’Alain Lafarguette, cadre ESF, responsable du stage désob’ auquel ont participé Jean-Baptiste et Jean-Claude, nous nous devions de l’emmener voir nos richesses locales, le gouffre de Ghisoni en spéléo et un petit canyon près de Bastia. Départ à 15 h, sous un soleil de plomb, pas d’eau dans le lit de la rivière, le début de la montée a été démaquisée mais la suite justifie le pantalon et les manches longues, et la fin du chemin devient de plus en plus pénible. Arrivés en sueur, lacérés et recouverts de graines en tout genre, l’eau est là et la baignade un moment exquis. Frisson garanti au grand saut de 10 m (?), avec ses deux rappels, ce canyon est bien sympa.

Samedi 15 juillet 1995

Spéléo, visite, Gouffre Sébastien Risterucci – Ghisoni -

Jean-Noël, Jean-Baptiste, Francis et Alain L

 

Visite estivale à notre gouffre, c’est le seul qui est digne d’être présenté à une grosse pointure de la spéléo comme notre ami Alain Lafarguette. Francis manquant au rendez-vous de la piste, on se décide à monter, le matériel est là et le Toyota 4x4 d’Alain va nous avaler cette piste sans problème. On risque d’être à deux pour faire Ghisoni, Jean-Baptiste est prêt à déclarer forfait suite à un mauvais caillou bloqué dans une étroiture urétérale, le comble pour un spéléo, la désob est prévue quinze jours. À peine arrivés au col, on devine le Santana rouge qui aborde les premiers lacets, Francis s’est bien réveillé. Installation sur le coin d’herbe habituel, pique-nique et direction le trou, entassé dans le Santana. Une grosse suée pour atteindre l’entrée pais dès les premiers mètres de descente on se trouvera dans une agréable fraîcheur de 15°, la spéléo a du bon en été. Équipement de Francis suivi d’Alain, ils continueront par les P30 et P16, puis Jean-Noël et Jean-Baptiste, qui a retrouvé ses forces, ils équiperont le P51. Le fond est atteint en 45 mn. L’objectif était de rechercher une désob éventuelle, on s’attelle à la tâche. On explore les moindres fissures mais d’après Alain, il y a peu d’espoir, le comblement par du sable fin dolomitique ne laisse rien espérer. Creuser éventuellement sur les bords ou forer des trous à la barre à mine, remplir d’explosif et revenir trois mois plus tard après dissipation des gaz… Exploration de la diaclase perpendiculaire au fond du P51, une étroiture, continuité sur 8 m, une escalade de 5-6 m réalisée par Francis, mais toujours du sable au fond et cela se resserre fortement. Après une heure d’explo, remontées par les circuits inverses, Francis et Jean-Noël déséquipent. Retrouvailles au musée, où l’on reste 20 mn pour effectuer un secours sur un mille-pattes non-troglophile que Francis ramènera à la surface dans la pochette de sa couverture de survie - depuis quand s’est-il converti au bouddhisme ?- une heure et quart pour déséquiper, on sort sous le soleil. Pour être encore plus rapide dans l’équipement, Alain propose la méthode suivante - le premier équipier descend jusqu’à la lucarne, sans poser de dèv et de fractio, pas de problème de frottements à la descente, puis équipe le puits de la lucarne et la suite habituelle des puits, le second équipier pose les fractios et tombe sur une lucarne équipée d’où gain de temps, moins d’attente, à essayer…

 

Samedi 22 juillet 1995

Feria di l’Alivu – Montemaggiore -

Jean-Noël, Claire, Francis, Hélène, Jean-Pierre

 

Repérage des lieux le vendredi soir puis superbe ballade VTT de Calvi à Calvi, via Lumio, Aregno. 10 h sur place, nous ne sommes plus sous le gros olivier, mais l’endroit est passager et ombragé, du moins le matin, car de 13 h à 15 h, ce sera la canicule. Montage de la table et de la banderole, expo de matériel et des photos, les bières et l’eau pour le Casa sont dans la glacière, on tiendra jusqu’au soir… Pas mal de contacts, un bon nombre de vacanciers qui veulent des sorties ou bien que l’on emmène leurs gamins, mais aussi des échanges avec des locaux. L’après-midi, l’équipe se renforce de Claire et Jean-Pierre et d’une équipe de spéléos de Courniou-les-grottes (81), amis de Francis. Contact avec un journaliste de FR3 Corse qui aimerait faire un sujet sur le club, mais en langue corse… avis aux autochtones… Démontage le soir après un apéro très sympa.

Samedi 22 juillet 1995

Canyon de la Vacca – Solenzara -

Jean-François, Jean-Pierre, Gilles, Marie-France, Jo

 

Une histoire de canyonistes du dimanche, embarqués sans corde ni baudrier et avec un berger allemand ! Au niveau de la cascade de 12 m, ils ont tout simplement demandé à ce qu’on leur prête le matériel et que l’on fasse descendre le chien en moulinette… Refus très justifié, alors ils ont sauté avec le chien dans les bras… Il va falloir s’attendre à voir n’importe quoi (revers de la médaille de la publication des topos dans les guides).

Dimanche 23 juillet 1995

Canyon du Lama – Chisa -

Jean-François, Jean-Noël, Nathalie, Jean-Baptiste, Marie-France, Jean-Philippe, Hélène, et Pierre-Henri et Jean-Christophe (CAF), Bernard, Jean-Pierre, Joseph, Julien, Mylène

 

Une grosse équipe, 14 personnes, avec quelques débutants, mais sportifs, ce qui permettra au groupe de bien progresser. Toujours les fourmis… Le toboggan du second rappel est praticable et très fun. Sous la canicule, l’eau est à température idéale. À peine arrivé au pont, Jean-Baptiste enjambe le parapet et saute… les autres se regardent, Jean-Pierre et Jean-Christophe finiront par le suivre. D’autres qui pensaient le faire, renonceront après avoir trop hésité, d’autres n’ont même pas envisagé de le faire… Mais 14 m c’est bien haut, il ne faut pas réfléchir et sauter de suite !

Dimanche 23 juillet 1995

Canyon du Barracci

Jean-Pierre et Patrick, Gilles, Jo, Claire

Dimanche 30 juillet 1995

Canyon de la Vacca – Solenzara -

Jean-Noël et Lionel, Hélène, Lionel, Cyril, Marie-Hélène (Malou), Dominique

 

Francis est bien au rendez-vous de Casamozza, mais c’est pour déclarer forfait suite à une méchante sinusite contractée la veille au cours d’une plongée, et puis sa motivation pour les canyons n’est pas très forte… Cela pose un problème, un encadrant du Club pour six hors-club, mais parmi eux, il y a deux spéléos licenciés FFS, et La Vacca a priori ne présente pas de risques… La décision est prise de poursuivre la sortie. Beaucoup de voitures à la sortie du chemin et au pont, cela va bouchonner. Déroulement sympa de la progression, seul manquait le soleil, dès midi de vilains nuages et puis des coups de tonnerre et vers 15 h de la pluie fine, juste au niveau du dernier saut de la cascade, là où cela a effectivement bouchonné. Deux groupes, 15 personnes au total, étaient avant nous, encadrés par un guide, qui les faisait descendre en assurance à la moulinette, heureusement la moitié a sauté, tout notre groupe également, excepté Malou qui malgré de nombreuses approches du vide a fini par déclarer forfait, la mine déconfite et les jambes tremblantes. On a donc attendu la fin des descentes pour installer notre corde et elle a pu faire le rappel. Retour par le chemin du maquis, raide mais supportable grâce à la pluie fine qui continuait de tomber, 40 mn pour atteindre les voitures. Un contact sympa au cours de la sortie, François LURO, nouvel arrivé en Corse et qui faisait la descente seul, d’après le guide IGN, et qui étant à la recherche d’un club, va prochainement nous rejoindre.

Lundi 1er août 1995

Spéléo, visite, Gouffre Sébastien Risterucci – Ghisoni -

Francis, Jean-Noël et Cyril, Dominique

 

Décidément, nous prenons un abonnement à Ghisoni, mais pour remercier nos amis tarnais de nous avoir fait découvrir les merveilles de la grotte de Roquebleue, on se devait de leur faire apprécier notre gouffre. Rendez-vous à 15 h en bas de la piste, Francis est à l’heure… on s’entasse à quatre et le matériel et le fidèle Santana nous amène en haut sans rechigner. Application de la technique « Lafarguette », Francis et Cyril partent jusqu’à la lucarne sans poser de fractio et équipent la voie des puits, ils seront au fond en 45 mn, Jean-Noël et Dominique qui suivent, donc en équipant le puits d’entrée et le P51, auraient du arriver en même temps, si Jean-Noël ne s’était pas mélangé les pinceaux, c’est bien beau de n’équiper qu’avec une dèv et un fractio, mais il y a tellement de spits que l’on ne sait plus lequel prendre (à la margelle, il faut poser la dèv sur un spit à gauche et légèrement plus bas et qui ne tient que deux ou trois filets, le fractio se trouvant à l’autre margelle, en arrière), ils arriveront 15 mn plus tard, Francis et Cyril étant déjà en bas du P51, ayant remonté le R5 en oppo. Visite du fond, topo de la diaclase perpendiculaire, franchissement de l’étroiture qui n’est pas vraiment méchante. Il y a matière à désober, il faut creuser dans ce sable très fin, en montant un petit mur pour le contenir, un projet pour 96…la cheminée remontante ne laisse que très peu d’espoir.

17 m de topographiés. Une grosse heure pour déséquiper, le puits de sortie est encore éclairé, mais la descente de la piste se fera aux phares. La piste est vraiment cassante, basta pour 95, à l’année prochaine !

 

 

Vendredi 4 août 1995

Canyon du Figaretto – Borgo -

Jean-Noël, Marie-Hélène (Malou), Dominique, Gérard, Lionel, Cyril

 

Un gros orage a décidé d’éclater à 15 h, juste à l’heure du rendez-vous, des éclairs sur la plaine, mais la limite des cumulus ne semble pas vouloir franchir le défilé du Lancone. Au bout d’un quart d’heure, la pluie se calme et le chemin du canyon se dégage, en avant, il sera toujours temps d’aviser en haut. Cet orage a eu du bon, nous sommes montés au début sous une pluie fine, par une température fraîche et dans un maquis trempé, bien plus agréable que la canicule du 14 juillet dernier. Arrivés au départ du canyon le soleil était de la partie et nous a accompagnés pour toute la descente. Le débit de l’eau baisse mais reste suffisant. Le saut de 10 m n’a pas plu à Malou et Gérard qui malgré de nombreuses approches ont fini par descendre en rappel, ils n’auront que le saut de bronze ou saut de puce, il va falloir préparer des diplômes… Cyril mérite une grosse médaille ayant fait le grand saut dans la vasque qui suit, 12 m ? Notre sauteur fou, Gilles, a encore laissé un verre de lunettes au fond de cette vasque, attention à vos pieds ! Il a pu regagner la sortie, guidé par la douce main de Malou, tiens, tiens ! Sortie à 19 h 45 et réconfort au N°4.

Samedi 5 août 1995

Canyon du Viula – Olcani -

Alain, Jean-François, Jean-Noël, Marie-France, Hélène, Jean-Philippe, Philippe, Alex et Marie-Hélène (Malou), Dominique, Lionel, Cyril, Mylène, Floriane

 

Un groupe de 15, qui a failli être réduit dès le départ, Alex s’étant égaré suite à la précipitation de certains dans les points de rendez-vous. Bonne progression, les rappels ont été équipés en double, seule la cascade a constitué un bouchon incontournable, mais le soleil était de la partie et l’attente bien agréable. Une astuce, sûrement connue par les canyonistes pro, en cas de jonction entre deux cordes avec un nœud de pêcheur double, de grand dénivelé et de groupe important, pour éviter de trop tirer sur le nœud et de bloquer, faire en dessous de l’amarrage sur chaque corde, un nœud en huit, on les relie par un mousqueton, que l’on fixe sur l’amarrage, la traction se fera sur les nœuds en huit (le dernier ne doit pas oublier de les défaire !).

Dimanche 6 août 1995

Canyon de La Ruda – Coscia -

Alain, Jean-François, Floriane, Jean-Marie, Marie-France, Jean-Philippe, Philippe et Marie-Hélène (Malou), Dominique, Lionel, Cyril, Mylène

Vendredi 11 août 1995

Canyon du Figaretto - Borgo -

Patrick, Gilles

 

Récupération d’un verre de lunette (cf. plus haut) et équipement avec broches.

Vendredi 18 août 1995

Spéléo, initiation, Castiglione 1 – Oletta -

Jean-Noël, Francis et Marie-Hélène, Dominique, Lionel, Cyril

 

Initiation au milieu souterrain corse pour Lionel et Malou. Arrivée sur le site dans le milieu de l’après-midi sous un ciel d’orage menaçant, mais la pluie nous épargnera. Le Santana et le Disco (premier baptême en 4x4), nous amènent au pied du pylône mais les cailloux de la piste sont très tranchants, une crevaison pour Francis.

Nos deux amis Francis et Jean-Noël ont décidé de faire une bonne blague à Cyril, un équipement avec une corde trop courte, très drôle n’est-ce-pas… première diaclase il manque 5 m, il remonte et on change de corde, second puits il manque autant et là Jean-Noël remonte tout pour aller chercher une autre corde, bien moins drôle… Bien sûr aucune blague de prévue mais une grossière erreur du topographe (il s’agit bien de celui qui est remonté chercher la corde) dans la dernière mise à jour de la topo. Une occasion de plus pour rappeler que le nœud en bout de corde est toujours indispensable !

Visite détaillée, nos initiés souffrent un peu, remontée vers 20 h 30, le soleil est déjà bas il est trop tard pour aller se faufiler dans Cast.5, peu de volontaires. Fin de soirée sur le port de Saint-Florent au milieu des touristes.


Dimanche 3 septembre 1995

Canyon du Nociu – Soriu -

Jean-Noël, Jean-Claude, Gilles, Jean-Pierre

 

Exposition mémorable de cairns signés Gilles Mouhat, du véritable art vivant, juste trois pierres mais quelle sensibilité dans la disposition, quelles émotions dans le choix des formes, époustouflant de sincérité, on a reconnu l’œuvre dans homme imprégné de nature brute… En tout cas bien utiles pour repérer la fin du chemin d’accès. Canyon équipé par le Corsica Raid ; un malheureux veau tombé dans une des premières vasques (nous préviendrons la gendarmerie à la sortie, feront-ils le nécessaire ?), quelques rappels de 10 à 35 m mais en pente douce, suivi d’une marche en rivière de 30 à 45 mn assez fastidieuse, puis après le pont génois, un passage assez engagé où la rivière se fraye son chemin à travers un dédale rocheux, avec un rappel de 10 m dans un passage sombre, quasiment dans l’obscurité, le premier oscuro corse ?

Samedi 16 septembre 1995

Canyon du Fangone - Olmeta di Tuda -

Jean-Noël, Jean-Claude, Gilles, Jean-Pierre

 

Stage canyon qui n’a pas attiré la foule, où sont passés tous nos pratiquants, cela sent la fin de saison, pourtant le soleil était de la partie et le haut de combi a suffit. Le choix du canyon s’est porté sur un petit affluent du Bevinco dans le défilé du Lancone, de l’eau passait sous le pont de sortie et le dénivelé semblait intéressant. Tout a bien commencé par une belle piste d’accès, quasiment praticable en 4x4…, puis on rejoint une piste horizontale venant du col de San Stéphano, puis un sentier assez net sur plusieurs centaines de mètres, mais après les premières barres rocheuses, en arrivant au niveau d’un replat et d’un pailler, les choses se gâtent, le chemin n’existe plus ou se perd dans le maquis et il a fallu affronter les ronciers ; grâce au courage de Gilles, le seul à avoir prévu le pantalon, nous avons pu atteindre le lit de la rivière, marche d’approche une heure et demie… dont une demi-heure pour les cent derniers mètres. Rappels sympas de 10-15 m, apprentissage de la technique cordelette sur un « grand » rappel de 25 m, arrivée discrète dans les jardins au niveau de la route, pour continuer il aurait fallu spiter dans le mur de la maison…. Et retour aux voitures par la route.

Samedi 23 et Dimanche 24 septembre 1995

Fête du Sport - Santa Maria Poggio -

Dimanche 1er octobre 1995

Spéléo, visite, grotte de Carpinetto – Lano -

Alain, Bernard, Floriane, Guy, José, Jean-Noël, Patrick, Hervé, Jean-Claude, Jean-Baptiste, Cathy, Claire et Alexandra

 

Malheureuses automobiles au ventre au ras du sol, qui abandonnent dès qu’il n’y a plus de macadam… La piste de Lano effraye le groupe des trois voitures, il ne reste qu’à entasser le matériel dans le Disco, le coffre est chargé jusqu’au plafond, sept personnes à l’intérieur, quatre sur le marchepied arrière et un de chaque côté, cela doit faire treize…… Arrivée sans incident à 500 m de la grotte, « abandon » du 4x4 par éboulement de la piste. Pique-nique ensoleillé, équipement et on retrouve le chemin parmi les éboulis occasionné par les dernières crues. Le paysage à l’entour a beaucoup changé, la rivière a creusé les berges et le petit chemin d’accès n’existe quasiment plus. Visite de la grotte in extenso grâce à Alain, nous n’osons pas imaginer ce qu’il serait advenu du groupe sans sa présence, ces lignes n’auraient peut-être jamais été écrites… nous n’étions que deux à l’avoir visitée une seule fois, mais aucune possibilité de se repérer, quel labyrinthe ! Baptêmes d’étroitures et de ramping pour les nouveaux, certains pensaient que l’on allait se promener debout, touristes va ! Le concours de lancer de glaise a toujours beaucoup de succès, Hervé se plaçant premier avec Jean-Baptiste en médaille d’argent… Laminoir, méandre, salle des schistes, les lacs et une surprise, la rivière a déserté son ancien lit (que l’on remonte amont et aval jusqu’à un siphon et une voûte mouillante) et a été retrouvée, enfin entendue derrière une étroiture en bas de la salle des schistes, de la désob en projet… Trois heures de ramping ayant suffit au groupe de néophytes, ils ressortiront en premier et retourneront aux voitures à pied, avec 2 à 3 kg de girolles en prime. Les anciens iront fureter dans le lit de la rivière et auront la joie de tomber sur la résurgence de la rivière souterraine à 300-400 m en aval du porche de la grotte, un éboulis, un gros rocher, derrière une retenue d’eau (un siphon ?), peut-être une galerie remontante, il faudra creuser ou déplacer le rocher, un gros espoir…

 

Samedi 7 octobre 1995

Spéléo, stage initiation spéléo, falaise de Francardo – Omessa -

Bernard, Floriane, Jean-Yves, Jean-Noël, Olivier, Laurent, Jean-Claude, Jean-Baptiste, Francis, Jérôme, Noël, Valérie, Alice et Jean-Jacques (CAF), Alexandra, Laurent, Stéphane

 

Très belle journée ensoleillée, la falaise grouillait de petits spéléos néophytes suants sang et eau sur de méchants passages de fractio. Nous avons pu recueillir les impressions (à froid) d’un de ces néophytes : « 10 h, rendez-vous au Carré d’As, pour entreprendre une journée peu ordinaire en ce qui me concerne. Arrivée sur un parking improvisé, le but de la journée fut annoncé par la distribution des harnais et des casques. La montée pour accéder à la falaise ne présenta pas de difficulté, mais, pas à pas, la vue grandissante de cette roche devenait souciante, 15 m de hauteur ? L’attention grandit, la première leçon a commencé, elle concerna l’équipement. Le premier exercice pratique porta sur l’utilisation du descendeur sur une petite pente, sans difficulté. Le second exercice, lui, se pratiqua en haut de la falaise, le vide allait faire son apparition. Les autres exercices ne manquaient pas d’appréhension, puisqu’ils se montraient de plus en plus techniques, mais pas le moindre problème. Nous étions entourés, il faut le dire, par des personnes pour qui les méthodes à utiliser n’ont plus de secrets, d’où une certaine “confiance” (sauf dans le matériel !). La journée se conclut, tous ensemble (initiateurs et stagiaires - pas mécontents…), au bord d’une table. Enfin, pour illustrer les phénomènes que j’ai pu ressentir dans cette première, je citerai Mark Twain : “Le courage n’est pas l’absence de peur, c’est la maîtrise de la peur”. Laurent Greffier

Laissons la parole à notre responsable-initiateur :

« Devant le nombre important de participants, l’équipe s’est dirigée vers la falaise de Francardo qui a été finalement préférée à celle de Pietralba, moins pourvue en amarrages et en difficultés diverses. Un mot, au passage, pour parler justement de cette falaise de Francardo, pour nous elle fait partie des “meubles” et on n’y prête guère attention, pourtant, les contacts avec les clubs du continent permettent se de rendre compte à quel point ce type d’installation est rare et recherché. On peut encore l’améliorer en y créant quelques passages supplémentaires (mains courantes notamment à mi-hauteur ou fractios techniques, certains parlent aussi d’aménager un accès au “trou” qui se trouve en plein milieu de la paroi sous le surplomb), ce sera peut-être l’occasion d’un ou plusieurs week-ends. D’autre part, il serait intéressant d’aménager des “circuits” en sens unique pour éviter les situations où la même corde peut être utilisée aux deux extrémités.

Sur le week-end, forte participation pour cette première sortie initiation de la saison 95-96 avec 9 néophytes et 9 encadrants, et une arrivée en force de “France Télécom”, dans le sillage de Jean-Claude.

La journée débute avec tout le monde à l’heure (c’est formidable), par les séances d’habillement, obligatoire pour pouvoir entamer la progression sur corde, apprentissage des premiers termes, barbares, qui deviennent vite familiers aux spéléos aguerris : “croll, poignée, longes, delta”, d’autres sont parfois déjà connus, notamment pour ceux qui ont pu pratiquer l’escalade : “baudrier, mousqueton, amarrage”. Premières descentes sur corde, contre paroi, avec quelqu’un en bas, à l’assurance, prêt à tendre la corde pour arrêter aussi sec toute velléité de descente incontrôlée. Ensuite graduation des difficultés avec fractios contre paroi à la descente puis remontée au “jumar” (encore un terme barbare), fractionnements plein vide, à la montée ou à la descente et pour ceux qui aiment, la “vire” équipée en main courante.

L’intérêt de la falaise tient en plusieurs choses :

- possibilité d’accéder aux difficultés de manière progressive

- éclairage

- pour les gens qui encadrent, vue d’ensemble du comportement (sécurité, postures, gestes techniques) et facilités de communication, ce qui est impossible en cavité.

- diversité des participants, les spéléos en initiation profitent de l’expérience des autres et adaptent les méthodes à leur propre morphologie, goût, etc. ce qui donne un échange profitable à tous.

À la fin de la première journée, l’ensemble des participants était à même de progresser en cavité en sécurité. »

Francis

Dimanche 8 octobre 1995

Spéléo, stage initiation spéléo, gouffres de Castiglione – Oletta -

Bernard, Jean-Noël, Olivier, Laurent, Francis, Jean-Claude et Alexandra

 

Traditionnel rendez-vous au Col d’Amphore, Jérôme a déclaré forfait, trop de courbatures, direction le site de Castiglione. Les voitures sont garées avant le gué et tous s’entassent dans le 4x4, pour une montée sans histoires jusqu’au bord du trou (il y aura bien quelques vilaines rayures sur les côtés…). Équipement et constitution de deux équipes, Francis équipe le réseau principal où Jean-Claude emmènera Olivier et Laurent, et Jean-Noël équipe le réseau de la chèvre. Retour à la salle du veau pour prendre en charge Bernard et Alexandra, Francis fermera la marche. Montée des deux échelles avec assurance manuelle à l’ancienne, visite de la vire et de ses belles concrétions, Francis n’appréciera pas trop de passer en libre. Notre jeune spéléo Alexandra semble émerveillée par ce spectacle. Bernard va subir son baptême du déséquipement. Jean-Noël remonte à la salle du veau et redescend le P11 du grand réseau où il croise Jean-Claude et ses débutants, un peu exténués mais contents, Bernard suivra pour une visite complète du grand réseau. Pendant ce temps le reste du groupe ira rendre visite à Cast.5, le trou de Jean-Claude.

Sortie de Jean-Noël et Bernard vers 17 h au soleil, peu d’entrain pour se précipiter dans l’autre trou, on mange, ce que l’on avait oublié de faire dans la précipitation des équipements…, on range le matériel, on amène la voiture en haut de la piste et on décide d’attendre nos petits camarades à la sortie de Cast.5. La nuit tombe, il faudra une bonne heure et demie avant d’entendre les premiers ahanements du passage de la faille égyptienne, mais ils ressortent tous avec le sourire, on parle des joies et des angoisses et en avant pour la descente de la piste, incident de parcours, une crevaison au beau milieu de la pente, il faudra attendre le plat pour changer, le pneu n’appréciera guère… Pot et briefing de fin de stage au Col d’Amphore.

Jean-Noël

 

Rendez-vous traditionnel au Col d’Amphore à Saint-Florent pour accéder une dizaine de minutes plus tard aux cavités. Décidément, les spéléos se recrutent de plus en plus jeunes ! Alex(andra), 12 ans, est là pour en donner une preuve et d’aucuns, même s’ils ne l’ont pas avoué, ont du envier son petit gabarit pour se faufiler dans les étroitures de Castiglione 5.

Odeur désagréable du carbure, petit en-cas au soleil avant la descente dans Cast.1 vers le petit réseau qui sera peut-être dit un jour « de la jonction », puis descente des deux puits menant à la brèche osseuse et au plateau à escargots, en cours de fouilles actuellement.

Nos spéléos se débrouillent plutôt bien avec leurs acquis de la veille. Visite ensuite de Cast.5 et de sa diaclase (étroite), bien cassés en sortant mais belle petite salle de la coulée blanche où, comme l’a souligné Jean-Noël, seulement quelques personnes au monde sont venues (rare privilège, pourquoi pas une association de Ceux qui ont vu la salle de la coulé, avec repas annuel, A.G., etc.).

À la sortie, retour au Col d’Amphore pour un demi bien mérité après toute cette poussière et rendez-vous pour une option « perfectionnement » à Pietralba cette fois.

Francis

Dimanche 8 octobre 1995

Spéléo, stage initiation spéléo, gouffre de Morosaglia – Morosaglia -

Guy, Noël, Pascal, Valérie et Alice, Laurent, Stéphane

 

Rendez-vous à 10 h au Carré d’As, pas de Noël, une demi-heure plus tard… on y va ; de toute façon il connaît la situation du trou. Quelques chasseurs au parking du gouffre, préparation du matériel, Noël nous rejoint alors que nous allions attaquer la grimpette. Il s’est fait coincer par un radar et a essayé de négocier… Pique-nique à l’ombre en dessous de la crête, puis Pascal équipe, suivi de Guy. Les trois nouveaux sont ensuite intercalés entre Guy, puis Noël et Valérie qui ferme la marche. Arrivée au fond en moins d’une heure trente, Noël part en explo un peu plus bas et fait demi-tour par manque de corde et de trousse à spit.

Pascal remonte en premier, Guy et Noël se partagent le déséquipement. Laurent et Alice sont enchantés (Alice préfère le monde souterrain à la falaise), Stéphane un peu moins (il a du se motiver ce matin pour ne pas téléphoner qu’il ne venait pas, mais il est heureux quand même… que ce soit fini !)

Valérie

Samedi 14 octobre 1995

Spéléo, première…, désobstruction, Monte Canarinco – Barbaggio -

Jean-Noël, Olivier, Jean-Claude, Jean-Baptiste

 

Le Monte Canarinco est un petit plateau calcaire situé à 10 km de Bastia et connu pour sa falaise d’escalade. Une prospection effectuée en famille mi-septembre a permis de repérer une petite faille avec un départ étroit où les cailloux rebondissent sur quelques mètres. Une équipe est constituée le 14 octobre. Jean-Baptiste, Olivier (jeune initié) et moi-même nous rendons sur place, 15 mn de route, 5 mn de marche d’approche, pour l’instant on ne peut faire mieux. La faille est étroite et en grande partie remplie de calcite. Massette, burin, pied de biche, massette, burin, pied de biche... dur, dur la calcite. Jean-Noël nous rejoint en vélo (180 au tachycardiomètre) et nous prête main forte (oui, oui). Un coup de projecteur dans l’orifice éclaire une salle avec quelques stalagmites. La vision de cette salle à travers la petite lucarne de son plafond nous dope et quelques blocs sont encore extraits de la faille, dont un qui doit approcher les 200 kg… ouf !

Arrêt repas sous un magnifique soleil automnal et au cours duquel nous évoquons la possibilité d’équiper la falaise pour l’initiation spéléo. Ensuite, re-massette, re-burin, re-pied de biche. Mais la suite demande un outillage plus adapté. La cavité restera encore vierge aujourd’hui. À prévoir pour la prochaine fois : barre à mine et si possible burineur et groupe électrogène.

Dimanche 22 octobre 1995

Spéléo, visite, grotte de Carpinetto – Lano -

Bernard, Jean-Noël, Olivier, Laurent, Jean-Claude, Philippe

 

Objectif de la sortie, remonter la résurgence découverte lors de la sortie du 1er octobre et que l’on pense être celle de la rivière de la grotte de Carpinetto. Cinq mecs musclés, Rambos dans l’âme, équipés de masse, barres à mine, burins, massette, cordes, etc. Le rocher de 500 kg qui semblait bloquer l’entrée allait se volatiliser. Surprise, le rocher était toujours là, mais la résurgence ne coule plus, on aurait pu passer à côté sans s’en douter, il y a bien un petit écoulement par un amas de cailloux plus bas, mais peu engageant. En fait le rocher laisse un espace en dessous, où après avoir gratté, Jean-Claude peut s’insinuer et découvrir un départ oblique assez prometteur, mais il va falloir casser quelques roches et le gros bloc est branlant et risque de retomber sur l’entrée du boyau empêchant toute sortie…

On retrousse les manches et en avant pour la casse. Saluons la force de Bernard, le roi de la masse, et le savoir-faire de Laurent qui par son burin et sa massette permettait de trouver les veines du bloc, qui éclatait sous les coups de masse, il aura quand même fallu deux heures pour dégager une entrée correcte et sans risques. Casse-croûte et rasades de Bourgueil et on file dans le boyau. C’est un réseau actif, sans eau ce jour mais avec un plancher rocheux propre, des lames d’érosion, un diamètre moyen de 50 à 60 cm. Mais la direction n’est pas celle de la grotte, il remonte vers la montagne pour rejoindre le lit supérieur du ruisseau de Grotta qui passe au-dessus, donc à l’opposé de la grotte. Au bout de 15-20 m, Jean-Claude bute sur un éboulis qui obstrue le boyau et malgré l’aide de barre à mine il semble impossible de voir une continuation, la position est plutôt inconfortable pour la désob.                              

Demi-tour, on laisse en suspens et direction la grotte pour une visite pour les néophytes et aussi dans l’espoir de désober la chatière où l’on avait entendu la rivière. Jean-Noël, Jean-Claude et Bernard mettent en commun leurs souvenirs de la dernière sortie et réussissent à retrouver le lac, la salle supérieure et à ressortir (après quelques hésitations), mais impossible de retrouver la chatière de la rivière. Philippe que l’on retrouvera plus tard à l’entrée de la grotte nous indiquera l’endroit mais il sera trop tard pour y retourner. Avant de sortir, on fait goûter les joies du laminoir à Olivier et Laurent, apprécient-il ? Sortie, donc après hésitations, le sac de Philippe est sous le porche, est-il entré dans la grotte et l’on serait croisé sans s’entendre ? Jean-Noël et Jean-Claude retournent jusqu’aux étroitures mais les appels ne donnent rien, retour rapide, bon moyen pour se souvenir du chemin. Philippe est dehors et revient de prospection le long de la falaise, il a trouvé un petit départ plus haut à 15 mn de marche. Retour au ruisseau de Grotta, rangement et remontée vers les voitures. Revenir pour tenter de franchir l’éboulement du boyau et retrouver la chatière de la rivière.

 

Samedi 28 octobre 1995

Spéléo, désobstruction, deuxième… Monte Canarinco – Barbaggio -

Olivier, Laurent, Jean-Claude, Jean-Baptiste

 

Rappel de l’épisode précédent : une journée de travail a été nécessaire pour accéder au plafond d’une cavité dont nous apercevons quelques stalagmites sur le sol. Mais l’orifice est encore très étroit...

Pleins d’espoirs et armés jusqu’aux dents, l’équipe de choc se dirige vers le TROU. Celui-ci n’a pas évolué, il est toujours aussi serré le bougre. Equipés des tout nouveaux outils « high-tech » récupérés par Jean-Noël, nous nous attaquons au dernier mètre qui nous sépare de la salle. Suant sang et eau, les parois sont peu à peu rongées, rognées, arasées, insultées. Les blocs rocheux coincés dans le boyau sont extraits centimètre par centimètre. En fin d’après-midi, décision est prise de tenter une « pénétration ». Jean-Claude s’équipe, amarrage sommaire sur barre à mine, lente descente contrôlée par deux équipiers, les jambes sont dans la salle mais le reste ne peut (ne veut ?) pas passer. Le torse est oppressé entre les parois, le coccyx bute sur une arête rocheuse ; un passage en force est envisagé, mais galère certaine serait la remontée. Jean-Baptiste essaie à son tour, même sensation, même appréhension. Le trou restera encore vierge aujourd’hui.

Le soleil s’est caché derrière Teghime, le ciel s’obscurcit, la fraîcheur nous imprègne lentement, nous décidons de revenir le lendemain pour gratter encore quelques centimètres...

Samedi 28 octobre 1995

Spéléo, visite, Le Trésor des Aragonites Vertes (quelque part dans le sud de la France…, la Montagne Noire ?)

Bernard, Jean-Noël (I Topi Pinutti), Francis (hybride ITP et SCMNE) et Cyril, Dominique, Lionel (Spéléoclub de la Montagne Noire et de l’Espinousse), Michel dit « Landru » (Spéléoclub de Saint Pons)

 

La topo et la fiche d’équipement ne seront évidemment pas publiés dans ce compte rendu… Pour notre première sortie du samedi, la route était longue et le ferry déjà bien en retard pour être nous-mêmes à l’heure au rendez-vous où nous attendait l’équipe du SCMNE. Arrivée donc un peu « à la bourre » après avoir sacrifié à Arles, aux nécessités de l’intendance (achat de bouffe et de diverses choses, photos, etc.) pour assurer notre subsistance pendant ces quelques jours.

Arrivée tardive qui nous limitait aussi dans nos possibilités de visite, aussi une partie du matériel allait rester dans les voitures trop loin, trop bas et, pourquoi se fatiguer pour une première journée ? Il faut bien en garder pour une prochaine fois, d’autant plus que la journée de dimanche, avec la rivière (la longue rivière) de Cabrespine, s’annonçait « cassante » et, qu’à l’expérience, elle fût « cassante ».

Départ vers 14 h 30 et descente des premiers puits quelque peu humides malgré la sécheresse chronique qui sévit ici aussi. Souvenir du mois de mai où la douche était plus prononcée ; enfin au sec, série de ressauts et arrivée…

Les « verte »” sont toujours là avec leurs colorations qui vont du vert-émeraude au blanc-translucide en passant par toutes les nuances du vert ; elles vivent là de leur vie minérale dans un silence tellement profond que l’on croit deviner une présence derrière les aiguilles, à travers ces gouttes qui perlent çà et là, on se fait discret pour ne pas déranger tout cela. Une chauve-souris a élu domicile dans ce décor, elle aurait pu choisir pire !

Puis le retour, avec le regard encore rempli de cette minuscule galerie, quelque part dans une grotte sans nom, dont on espère qu’elle survivra dans son état (presque) d’origine. Cela tient à la volonté et à la conscience de quelques-uns uns qui fréquentent comme nous le milieu souterrain.

Remontée, déséquipement, mais ce ne sont que quelques coups de pédale le long d’une corde et quelques plaquettes à dévisser, de la quincaillerie quoi !

Merci en tout cas à Landru qui nous a encore une fois guidés dans ce dédale.

Francis

Dimanche 29 octobre 1995

Spéléo, désobstruction, troisième… Monte Canarinco – Barbaggio -

Olivier, Laurent, Jean-Claude, Jean-Baptiste

 

Dès 14 h l’équipe de bagnards est de nouveau au travail. La barre à mine, le pied de biche et les burins sont mis à rude épreuve. Les désobeurs aussi. 16 h 30, nouvelle tentative. La barre à mine est mise en travers du trou, Jean-Claude s’équipe avec le descendeur en bout de longe. Cette fois ci, ça passe. Arrivée 4 m plus bas sur éboulis. Examen rapide de la salle. Celle-ci fait environ 20 m2. Quelques stalactites jonchent le sol et elle est joliment concrétionnée. La naissance de Jean-Baptiste (par le siège) est immortalisée avec sa nouvelle caméra. Olivier essaie, en vain, de passer par la cheminée. Celui-ci préfère rebrousser chemin et il regagnera l’air libre aux prix de maints efforts. Laurent, refroidi, préfère ne pas tenter le diable et attendre l’élargissement de l’ouverture. Retour au fond. Nos deux compères examinent tous les recoins de la salle. Une petite faille, en partie colmatée de calcite et de concrétions, laisse peu d’espoir de continuité. Une grosse stalactite part du plafond et s’enfonce dans le sol. Celui-ci est composé pour moitié de plancher en calcite et à son point le plus bas une éventuelle suite se devine (encore de la désobstruction en perspective !). On gardera ceci pour une prochaine fois. Jean-Baptiste trouve dans une alcôve un squelette de lapin. Sur le sol, certains stalagmites ont des formes phalliques. Quel nom donner à cette salle ? Salle du lapin : classique. Salle impudicus : trop osé ? Bon, on y réfléchira plus tard. Le retour en surface, redouté, se passe finalement sans trop de problèmes.

Apéro chez Jean-Claude où nous visionnons la cassette vidéo. Celle-ci donne encore plus de regrets à Olivier de ne pas avoir insister pour entrer dans la salle. Mais ce sera pour le prochain épisode. À suivre...

Dimanche 29 octobre 1995

Spéléo, visite, La Rivière de Cabrespine – Aude -

Bernard, Jean-Noël, Francis (I Topi), Cyril, Dominique, Nadine, Lionel (Spéléoclub de la Montagne Noire et de l’Espinousse), Albert, Eric, Michel, Pink, Olivier et d’autres (Spéléoclub du Plantaurel)

 

L’Aude et la région de Trassanel, Cabrespine, Villeneuve-Minervois, recèlent de très belles cavités autant par leur concrétionnement que par l’intérêt sportif des parcours.

Cabrespine, à 15 km au nord de Carcassonne était connue depuis longtemps pour ses importantes potentialités de développement (plus de 6 km de développement en ligne droite), révélées par des colorations (mais où chercher ?). C’est à la fin des années soixante que Jean Guiraud, membre du SCA « explose » 30 m d’étroiture et débouche sur la suite (aujourd’hui, environ 19 km de topographiés).

Ce qui surprend à Cabrespine, c’est la dimension, les volumes des galeries qui donne l’impression de se trouver dans un véritable paysage, « Cabrespine - disait Bernard - c’est une véritable randonnée ».

Le lever au gîte de Courniou fut difficile et l’heure du rendez-vous - 9 h - avec le groupe du SSP faisait vraiment « matin » compte-tenu du coucher tardif de quelques-uns uns… Peu après 9 h arrivée à l’entrée de la grotte, maintenant aménagée, pour constater qu’au SSP, comme ailleurs chez les spéléos, on ne se laisse pas abattre, lentilles, plat de côtes, vino rosso, etc. Formalités, papiers, décharge de responsabilité pour le propriétaire, la routine des réseaux aménagés. 10 h 15, départ par le tunnel qui débouche directement sur une plate-forme, tout en haut de la salle des éboulis de vastes dimensions (90 m depuis la plate-forme jusqu’à la rivière, 140 m jusqu’en haut de la voûte, diamètre aux environs de 100 m).

Descente jusqu’au cône d’éboulis par un échafaudage mis en place lors de l’aménagement, le long d’échelles fixes séparées par des plates-formes, descente de l’éboulis glissant et arrivée dans l’eau que l’on suivra vers l’aval. La progression en bottes se révèle bien vite pénible car il faut vider sans cesse sous peine de se traîner un kilo de plus à chaque pied. Gour en étoile qui domine de 4 à 5 m le fond de la rivière, puis alternance de passages dans l’eau et en hauteur, toboggans d’argile, superbe galerie des gours, rapides n°1 vus par erreur… tant mieux, halte et petit verre au « robinet » (stalactite qui dégouline d’un filet d’eau), à l’époque le verre était en vrai verre, maintenant c’est un gobelet en plastique, les traditions se perdent, mais ça désaltère autant. Salle des dômes, mais où est donc passé le chat ? Il est là-haut en train d’illuminer (merci Albert pour « le beugleur ») un groupe de magnifiques fistuleuses dont certaines dépassent les deux mètres de long. Poursuite de la visite dans les éboulis schisteux, de nouveau des passages aquatiques (où Bernard en a profité pour ouvrir sa dudule et bien laver son carbure…), entrecoupés de portions au sec, toujours argileuses et glissantes (Jean-Noël y laissera un bout de sa combi, de sa bury et d’une partie assez tendre et charnue de son anatomie). Arrivée aux rapides n°2 où l’eau gronde et cascade jusqu’à une voûte basse.

Retour par le même chemin, avec parfois certaines hésitations, les dernières visites de la grotte remontant pour certains à plusieurs années et le balisage brillait par son absence. Arrivé 17 h dans le puits de remontée pour jeter un coup d’œil au réseau aménagé bien concrétionné et bien mis en valeur, dire que les premiers ont grimpé en escalade depuis le bas (140 m !).

Équipement : ceinture, si on tient vraiment à s’encombrer longe double et deux mousquifs, prévoir du carbure et de quoi stocker la chaux, chaussures tenant bien la cheville à préférer aux bottes si celles-ci ne sont pas trouées.

F. E. : quelques passages en fil clair ou équipés en fixe, aucun équipement à emporter.

Francis

 

Lundi 30 octobre 1995

Spéléo, visite, Le trou des Œillets - Bélesta, Ariège -

Bernard, Jean-Noël, Francis et Michel dit « Landru », Jean

« l’ancien » et Jean « le jeune », Olivier

 

Après cette journée « cassante » mais superbe à Cabrespine, le réconfort nous sera apporté le soir par nos amis du SSP. Hébergés chez Eric et Odile, nous fûmes traités comme des princes de passage. Table excellente et bien garnie (trop…), coucher douillet, douche chaude, de quoi faire sécher les burys, un palace et surtout un accueil chaleureux, la grande communauté des spéléos… À 8 h il a fallu se tirer du lit pour aller retrouver Landru et ses amis à Bélesta dans l’Ariège à 15 km de là. Olivier du SSP devait nous guider jusqu’au trou des Œillets, un -150 avec un beau P50. Retrouvailles dans les temps, et départ vers la forêt de Bélesta où s’ouvre ce trou. Installation dans le gîte du SSP, qui a la bonne idée de se trouver à 500 m de l’orifice du trou ! Ancienne maison de garde, au confort sommaire, il y l’eau mais pas l’électricité, une grande cheminée, il peut accueillir un groupe pour quelques jours, ceci dit pour un éventuel camp en mai 96… Habillage et direction l’orifice que retrouvera difficilement Olivier, tout se ressemble dans cette sombre forêt de sapins. Doline de 10 m de diamètre, un conduit s’ouvre dans la végétation humide et luxuriante. Michel et ses amis vont équiper jusqu’en haut du P50 tandis que je retourne avec Francis au gîte pour s’habiller (retard dû à la préparation des kits), Olivier doit retourner à Bélesta et nous rejoindra dans l’après-midi.

Retour à l’entrée vers 12 h 30, l’équipement est en place, casse-croûte. Je m’enfile dans le boyau pour aller descendre ce P50 et poursuivre l’équipement. Jolie descente plein pot dans un puits de belles dimensions, 10-15 m de large, légère inquiétude sur la longueur de corde, elle remontera à 1,50 m une fois en bas… Engagement dans une succession de méandres assez rastegs (plus de 50 tirs ont été nécessaires) entrecoupés de puits de 10-15 m. Un ressaut de 4 m sans équipement, je refuse, Francis prendra la suite, la désescalade se fera en fait sans difficulté. Poursuite des étroitures (Bernard n’appréciera guère…) et un dernier P17 où un pendule est prévu.

En effet sur la gauche s’ouvre un galerie de grande dimension, mais le pendule s’avère acrobatique et la réception très argileuse. Echec de Francis, je ne fais pas mieux, Bernard y arrivera presque, il faudra attendre l’arrivée de Jean « le jeune » pour que ça passe. L’équipe remonte dans cette galerie de 5-6 m de diamètre, escalades très glissantes, Landru s’empare d’une corde qui pendait du sommet de la côte et redescend bien vite, elle n’était pas fixée ! Progression sur 50 m, étroiture, cheminée remontante en pente, cela semble bizarre, les copains du SSP avait décrit un parcours bien différent. On rebrousse chemin pour retrouver Olivier qui vient de terminer sa descente. On s’est planté, il fallait penduler de l’autre côté ! La galerie horizontale continuait en effet symétriquement à celle que l’on vient de quitter. Pendule bien plus facile, en fait une petite escalade. Même dimensions, des entonnoirs d’argile gigantesques où des marches profondes ont été taillées. Trémie, étroitures, on débouche sur un ressaut de 7-8 m bien exposé, les premiers passent sans corde, mais il y a un spit pour les suivants. Eurêka d’Olivier, il a trouvé une corde qui doit être un ressaut de 8 m annoncé sur la topo, mais c’est l’arrivée du pendule ! On a fait une boucle. Demi-tour, Olivier a trouvé la vraie suite, il fallait redescendre dans l’entonnoir d’argile et remonter en face, sa lumière se perd dans l’obscurité, les volumes sont énormes.

Mais il est déjà 17 h, après concertation, un certain ras-le-bol s’exprime et la remontée est décidée. Landru est déjà en haut du P17 suivi de Bernard, j’emboîte le pas. Les étroitures ne sont pas si méchantes. Le déséquipement sera confié aux Jean. Regroupement en bas du P50. Landru et ses 58 ans nous le monte tranquillement en 11 mn et notre ami Bernard, désavantagé par un très, très mauvais réglage de sa pédale, prendra confortablement 14 mn pour atteindre le dernier mousquif. Pour les suivants, on parle de 9 mn. Olivier nous a un peu écœuré en 5 mn… Séance photo avec Francis au milieu de la verticale, mais trop de buée, résultat minable.

Sortie à la nuit mais le gîte n’est pas loin, il est environ 20 h. Récupération, bières, casse-croûte, arrivée de Eric et Odile vers 22 h, ils se posaient quelques questions. À nouveau une table d’enfer nous attendait, coucher fatigués vers 2 h, demain le rendez-vous est à 11 h.

Jean-Noël    

Mardi 31 octobre 1995

Spéléo, visite, Le trou de Caousous n°1 et la Fontaine intermittente de Fontestorbes - Bélesta, Ariège -

Bernard, Francis, Jean-Noël (I Topi) et Cyril, Dominique (Spéléoclub de la Montagne Noire et de l’Espinousse), Olivier (Spéléoclub du Plantaurel)

 

La Fontaine Intermittente de Fontestorbes, située près de Bélesta dans l’Ariège est une curiosité hydrologique. Il s’agit d’une résurgence dont le niveau varie entre un point haut et un point bas, avec un dénivelé d’environ 0,45 m, et une périodicité régulière de 60 à 90 mn, suivant les périodes de l’année. Ce phénomène survient en général de mai à novembre, en période de basses-eaux. Touristiquement cet endroit vaut le détour, arrivant sur le site, on observe une résurgence à plein débit, recouvrant un chemin de dalles qui permet d’accéder au fond de la grotte et en 20 mn le niveau baisse et permet de se rendre à l’intérieur de la grotte par les dalles, salle unique de 18 m de long par 8-10 m de large ; suit une période de stabilité de 10 mn et le niveau d’eau remonte et ainsi de suite. L’eau sort par une diaclase impénétrable et sous un amas de rochers. D’après les dernières hypothèses, il s’agirait d’un phénomène de siphon généré par la morphologie du karst, qui entraînerait une succession d’amorçage et de désamorçage.

Pour les spéléos, il est intéressant d’aller voir ce qui se passe en amont de ce système. Plusieurs cavités verticales permettent de jeter un œil sur le réseau souterrain de Fontestorbes, notamment le trou du vent de Caousous n°1 que nous avons pu visiter, emmenés par Olivier FOUIN, du Spéléoclub du Plantaurel. On retrouve Dominique et Cyril descendus de leur Montagne Noire et Olivier, notre guide. Visite à la résurgence, photos souvenirs et montée sur le plateau pour accéder à la cavité. Le trou dans une forêt de petits feuillus, vaste entonnoir d’argile, succession de P6-8-28, séparés par des étroitures pas trop méchantes. Gros avantage, le trou était équipé, il faudra quand même le déséquiper. En 20 mn tout le monde se retrouve dans la galerie quasi horizontale, on est à –70 m, et qui permet d’accéder à la rivière par une salle amont et une salle aval.

Direction la salle aval, où l’on prend pied par un plan incliné de 7 m et un P6. À notre arrivée, l’eau était à son point le plus haut et il a fallu que Jean-Noël reste sur la corde, faute de place, certains se sont mouillés les pieds. Puis le niveau de l’eau a commencé à baisser doucement puis rapidement accompagné de bruits étonnants, des bruits de vidange, de chasse d’eau, des borborygmes, surprenant… l’eau s’est retirée et a permis la visite d’un couloir de 6-7 m de long qui s’arrête sur un siphon d’eau profonde, un fil d’Ariane était en place. Les plongées n’ont pas donné grand chose compte-tenu du phénomène de vidange, de l’étroitesse du réseau et de l’opacité de l’eau. La variation du niveau de l’eau atteint 4,40 m ! Puis le niveau a commencé à remonter doucement…

Demi-tour dans la galerie horizontale pour aller visiter la salle amont. On y accède par un plan incliné et un ressaut de 3 m, il s’agit d’une plus grande salle de 16 m de long par 8 m de large et la voûte varie entre 3 et 8 m. À notre arrivée, l’eau était quasiment à son niveau le plus haut et formait un grand plan d’eau séparé en deux par une voûte basse. Même phénomène qu’en salle aval, l’eau s’est mise à refluer et la salle à se vider dans un concert de bruits divers encore plus impressionnants. En 20 mn, le plan d’eau avait fait place à un ruisseau coulant au milieu de quelques cailloux émergés. La variation de niveau est 2,70 m. Visite de la salle, la voûte basse est franchie et donne accès à un siphon. 15-20 mn de visite et le niveau remonte doucement… Retour vers la surface, déséquipement de Jean-Noël et Francis, sortie au jour, il est 16 h.

Le projet de la journée comprenait également la visite du P5, cavité verticale -150, avec un beau P60 et qui est également un regard sur la rivière souterraine. Réseau également équipé car des désobs sont en cours. Jean-Noël s’est désisté, devant remonter sur Tours, 800 km… et après peu d’hésitations, le reste du groupe a décliné la proposition d’Olivier, les trois jours de crapahutage souterrain commençaient à peser dans les jambes. On le garde pour le camp de mai 96 ?

Halte chez Eric et Odile, visionnage de cassette spéléo et direction le gîte de Courniou.

 

 

Mercredi 1er novembre 1995

Spéléo, visite, La Grotte de Lauzinas

Bernard, Francis (I Topi) et Cyril, Dominique (Spéléoclub de la Montagne Noire et de l’Espinousse), Michel dit « Landru » (Spéléoclub de Saint Pons)

 

De notre envoyé spécial en Occitanie.

Rendez-vous avec Landru, aux alentours de 10 h, qui nous indique l’entrée secrète de la grotte au bout d’un chemin cahoteux. L’équipement se fait rapidement car, malgré la fatigue, nous sommes pressés de s’éloigner des chasseurs qui quadrillent martialement la campagne environnante. Par ailleurs, nous sommes un peu là en fraude, si j’ai bien compris.

Après ouverture de la plaque en fer qui obstrue l’entrée nous entrons dans la Chapelle des Spéléos. La visite débute par une descente d’échelles fixes dont une partie très aérienne. Pas de problème nous sommes au point maintenant. D’entrée on peut s’apercevoir que la réputation de ce lieu est méritée. Nous démarrons par une série de concrétions, draperies, fistuleuses, colonnes somptueuses qui nous font oublier quelques passages délicats. L’expédition se poursuit sous de hautes voûtes au milieu d’un « paysage » qui se renouvelle sans cesse. Vers midi Francis nous abandonne, il doit remonter pour se rendre dans sa famille.

Nous continuons, après avoir un petit repas au cours duquel Landru nous a raconté la visite officielle du préfet dans ce lieu inhabituel pour lui. C’est au moins aussi pittoresque que la visite du préfet aux champs. Quel talent de conteur ce Landru, qui imposa avec autorité au haut fonctionnaire de s’assurer dans des passages un peu risqués.

Nous atteignons les célèbres « champignons ». Dominique, reporter photographe délégué par Francis, mitraille les « agaricus grotticus ». Compte-tenu de notre vitesse de progression, satisfaisante selon notre guide, celui-ci nous propose quasiment « l’intégrale » de la visite de cette grotte. Nous sommes enthousiastes. À l’issue du chemin de retour nous faisons un détour par la « Mosquée ». Même le préfet n’a pas eu un tel honneur. Aucune installation fixe ne permet d’y accéder et Landru se lance dans un pas d’escalade assez engagé pour atteindre un spit. Chapeau le vieux (58 ans) ! Le site immaculé est effectivement remarquable. Nous enlevons nos chaussures et essayons de fixer sur la pellicule la beauté de l’endroit. La remontée est rapide, Dominique n’a plus de carbure et doit marcher en deuxième position.

Sortie vers 16 h, Francis nous attend. Voici l’heure du départ. Naturellement nous sommes légèrement « à la bourre » pour attraper le bateau à Marseille.

Adicias Landru et Dominique. Gardarem Lousinas.

Bernard

Samedi 4 novembre 1995

Spéléo, visite, Razzu Biancu – Venaco -

Laurent, Jean-Claude, Jean-Baptiste

 

Peu de volontaires pour cette sortie. Même le responsable du week-end est forfait (problème de dos ou de dodo, je ne me souviens plus !). En tout cas c’est une bonne occasion de faire découvrir cette cavité aux deux débutants et à Jean-Baptiste qui ne la connaissait pas. Les débutants se transforment en débutant car seul Laurent répond présent à l’appel. Olivier ne peut venir pour des raisons professionnelles. Quant à Noël, volontaire le jeudi, il sera absent au rendez-vous le samedi.

Finalement c’est à trois que nous partons vers le trou. Le reportage vidéo sera assuré par Jean-Baptiste avec sa nouvelle caméra.

En chemin nous rencontrons un couple de vieux montagnards menant un âne (ou l’inverse !), qui nous aurait été bien utile pour porter le matériel. Le temps est agréable, nous ramassons quelques châtaignes que nous mangeons crûes sous l’étonnement de Laurent.

En nous approchons du trou, nous repérons un porche caché par un arbre. Visite rapide de la galerie qui se rétrécit très vite. Et puis nous nous disons que celle-ci a du faire l’objet d’un examen détaillé par les anciens et nous attaquons les victuailles. Repas pris avec un petit vent frisquet mais sous un beau soleil. Le puits est ensuite équipé en utilisant les nouvelles plaquettes posées par les pompiers en exercice secours. Circuit de visite habituel, la boîte aux lettres est passée sans problèmes, remontée du puits de 16 m avec en prime, au retour, un relevé topographique sommaire pour tenter de repérer en surface le point haut de la cavité. L’étroiture et le colimaçon de sortie sont jugés plutôt antipathiques par Laurent.

Arrivés en surface, nous calculons rapidement les projections horizontales des longueurs mesurées que nous reportons sur le terrain. Situation assez comique que de nous voir zigzaguer d’un côté à l’autre sur le versant de la montagne. Mais nous ne décelons rien de particulier autour du point repéré. Un cairn est rapidement construit sur celui-ci et nous repartons vers Venaco que nous atteignons à la nuit tombante.

Jean-Claud


 

Dimanche 12 novembre 1995

Spéléo, tentative de repérage d’une entrée secondaire, Castiglione – Oletta -

Jean-Yves, Jean-Noël, Laurent, Jean-Claude, Noël, Michelle et Christophe

 

Ce fameux plateau à escargots situé au fond de Castiglione 1 intéresse beaucoup les paléontologues de Corte et d’ailleurs. Il semble riche en ossements, bien sûr des prolagus mais aussi du sanglier, seulement il est à 30 m de profondeur et il y a un P7 et deux P11 pour y accéder, cela risque d’en décourager certains. Or les datations de gastéropodes ont montré que le haut de ce plateau devait communiquer avec la surface, il y a 800 ans. Actuellement la calcite empêche toute progression, mais derrière ? D’où l’idée de repérer en surface une hypothétique communication de ce plateau remontant. Jean-Claude ayant pu se procurer un appareillage de détection sonore de canalisations enfouies, nous allons tester l’hypothèse.

Équipement « rapide » par Jean-Yves (les habitués comprendront…), accompagné de Jean-Noël, Jean-Claude et Laurent. Déballage du matériel au fond (Jean-Claude remontera chercher la prise de terre oubliée), mise en marche de l’émission sonore à 8 kHz et remontée au soleil pour le repérage. Le report sur le terrain de la topo avait permis de localiser approximativement l’endroit, mais les multiples passages avec le détecteur ne donneront rien.

Hypothèses : la topo est fausse…, la ligne à haute tension perturbe le récepteur ou, plus vraisemblable, la profondeur est trop importante. En effet, la pente de surface est peu accentuée et il faut prolonger le plateau de 10-15 m pour trouver un éventuel débouché à la surface.

Heure du pique-nique, on voit arriver Noël, qui en retard ce matin nous a manqué à Saint-Florent. Obstiné, ses recherches lui ont permis de trouver le trou au bout deux heures, bravo ! Puis redescente pour récupérer le matos et faire une visite des lieux pour Noël. Les os, la salle des marches, la classique. Pendant ce temps Christophe usera de la barre à mine en surface au point repéré d’après la topo, on l’entendra, mais très sourd, au plafond, il y a au moins 15 m. L’éclairage du plafond laisse deviner un balcon où pourrait exister une suite, à prévoir en escalade.

Puis direction Cast.3, où Michelle creuse avec deux étudiantes et Jean-Yves. La fouille a sacrément progressé, il faut descendre dans la zone des os avec une corde… et les trouvailles continuent (cf. compte rendu de Michelle). Visite de la partie supérieure (escalade à l’échelle) avec Noël et Laurent, puis retour à la surface où la nuit est déjà sur le maquis. Désagréable surprise d’un pneu crevé, les suppositions sur les malveillances locales vont bon train, mais ce ne sera qu’une banale crevaison, par surpression ?

 

Castiglione 3… éclairée : quel bonheur ! Depuis l’équipement lumineux tout a changé, et 25 jours de fouilles ont eu lieu. Un groupe qui démarre au quart de tour, des descentes en rappel devenues faciles, une échelle qui « obéit » au lieu de « commander », l’habitude et l’entraînement estompent, c’est connu, les difficultés. Et puis la plénitude du silence, de l’isolement (la solitude du fouilleur au fond !), la recherche des os.

À chaque descente un appel : « Bois, où es-tu ? » Mais les bois (de cerf) ne répondent pas ; ils sont silencieux comme… des bois. Et pourtant il faudra les trouver. La systématique des cerfs est essentiellement basée sur les bois. Le volume de l’éboulis a beaucoup diminué, on fouille maintenant à environ 80 cm sous le plancher d’origine, des tonnes de sédiments argileux et de pierres ont été tamisés, les os s’accumulent, sont remontés (ça c’est plus dur, c’est lourd, faut tirer !). Et de temps en temps, au milieu de la fouille, une énorme pierre gênante ou menaçante... que des vrais spéléos (mâles !) de passage gentiment enlèvent.

Le bilan des découvertes est exceptionnel : un cerf « géant », une chouette effraie géante, un hibou moyen-duc à ailes courtes ; trois animaux inconnus de la faune fossile corse. Et il y a toujours le lapin-rat, les deux petits rongeurs, la musaraigne aux dents rouges, des chauves-souris, des reptiles dont une tortue, etc. Pour les paléontologues spécialistes le site a pris un coup de vieux : la chouette n’est connue ailleurs que dans des gisements de plus de deux millions d’années. Ici ? Ah ! si on pouvait résoudre le casse-tête des datations.

Et ce gisement continue-t-il plus bas ? Beaucoup ? Rien à faire, il faut aller voir... c’est-à-dire continuer à fouiller.

Pourvu que « personne » ne déménage le groupe !

Michelle

Samedi 18 novembre 1995

Spéléo, poursuite du repérage d’une entrée secondaire, Castiglione 1 – Oletta -

Bernard, Jean-Noël, Olivier, Laurent, Jean-Claude, Michelle

 

Après calcul et report sur la topo, il a été possible de localiser l’hypothétique jonction du plateau à escargots avec la surface. Ce serait près de l’entrée de Cast.3, c’est là que Jean-Claude avait repéré un petit orifice. Les mesures au décamètre nous amènent en effet à 5 m de cet orifice. Avant de creuser à l’aveuglette, décision est prise de désobstruer ce petit trou. Seulement il n’y a qu’un pied de biche, les barres à mine ont été oubliées à Bastia, Jean-Noël se dévoue (normal…) pour aller au fond de Cast.3 voir si il reste du matériel, il ne ramènera qu’une modeste pointerolle. Laurent a l’heureuse idée d’utiliser le marteau-perforateur branché sur le groupe ; cela aide mais il y a beaucoup de terre, colmatage, absence de suite ?

On abandonne à 1 m de profondeur, pour un casse-croûte au soleil, au vent et au beaujolais nouveau. Jean-Claude part à Cast.5 avec Olivier (qui fera son premier équipement) et Michelle qui voulait voir la zone où l’on avait trouvé une épiphyse de jeune cerf, en haut de la faille de 18 m. Jean-Noël emmène Bernard et Laurent dans le réseau gauche de Cast.3, poussière, étroitures, chauves-souris (une trentaine dans la Mezzanine). Puis on rejoint le groupe dans Cast.5. Laurent connaît, mais appréhende un peu, Bernard va découvrir et pester un peu en abordant la vire, ça coince… Michelle aura hésité beaucoup et a failli faire demi-tour mais la soif de la connaissance a pris le dessus… Regroupement au croisement des failles et poursuite vers la Salle Blanche, Michelle restera avec ses chers os (gisement assez pauvre, une argile dure et des os friables). La Voie Lactée n’étincelle plus (poussière soulevée par les visites ?), mais les fistuleuses sont toujours actives. Laurent fera son premier déséquipement et retour à la surface avant la tombée de la nuit.

Direction le pylône à travers le maquis, le froid est tombé mais à peine parcouru 10 m, Jean-Claude sent un courant d’air chaud monter d’une fissure, il y a un trou ! Déplacement de gros blocs au pied de biche, une faille de 10 cm de large sur 80 cm de long, profondeur apparente 50 cm, mais il souffle un bon courant d’air chaud, Cast.7… à désober. Une proposition pour la prospection, un temps frais, en automne ou en hiver, après 16 h, les « nanas » en jupe et les mecs en kilts, en avant dans le maquis, on les sentira bien ces courants d’air chaud !

Bilan : peut-être un nouveau trou, mais l’entrée du plateau à escargots reste bien hypothétique. Envisager un meilleur repérage depuis la surface, vérifier le balcon par une escalade et poursuivre le creusement à la barre à mine ?

 

Samedi 25 novembre 1995

Spéléo, prospection, gouffre de Furiani – Furiani ? -

Jean-Noël, Olivier, Laurent, Jean-Claude, Jean-Baptiste

 

Sur les indications de Felicien SIMONI, très sympathique chasseur de Furiani et qui tenait lui-même l’information d’un berger du village, nous voilà partis pour explorer un « trou en entonnoir, entouré de pierres, recouvert de branchages, de profondeur apparente de 4 m avec une suite probable, mais c’était noir et il n’avait pas de lampe, en tout cas on n’entendait pas les cailloux tomber… », propos habituels de chasseurs et de bergers, mais il faut y aller, surtout que le site, les Rochers de Petrici, est composé en partie de calcaire.

9 h à Furiani, Félicien nous emmène en haut de Campolongo, départ du chemin, il ne peut nous accompagner. Tout le monde écoute ses indications pour le chemin d’accès et la situation du trou, et départ sous un soleil voilé. Premiers égarements, on ne quitte pas le chemin assez tôt, il faut couper dans le maquis ras. On tombe sur la bergerie en ruines indiquée et là tous se souviennent qu’il faut prendre sur la droite, un sentier qui redescend doucement vers les bergeries de Teghime pour arriver sur un ruisseau, nous sommes bien trop à droite et il n’y a pas de suite… Les Rochers de Petrici étant en vue, on remonte le cours du ruisseau, écartant ronces et branchages, pour réussir à retrouver un sentier horizontal qui nous ramène au pied de la crête. Grimpette à vue, enfin plus ou moins à vue, dans un maquis d’arbousier qui nous dépasse, la crête se profile mais est bien vite recouverte de nuages, le vent souffle violemment, ambiance hivernale. On réussit à se regrouper sur la crête, confection d’un cairn pour marquer la descente et la recherche commence. Mais la visibilité ne dépasse pas 10 m, une purée de pois, on a beau passer au peigne fin la zone entre la « tour » et la falaise qui marque les Rochers, rien ! Certains ayant sous évalué les rigueurs du mois de novembre, il faut songer à redescendre.

Toujours dans la purée mais on réussit à retrouver les ruines, sans repasser par le ruisseau et les ronces. Derrière nous la crête se dévoile, ce qui nous confirme qu’on a bien exploré la zone indiquée, on hésite à remonter mais bien vite les nuages envahissent tout et même les ruines sont enveloppées. Le feu est vite installé derrière un muret, quelques pierres plates et on sort la panzetta, les figatelli, les boudins et… les harengs ! De quoi imprégner les anoraks pour tout l’hiver ! Ceci dit ce fût un moment super, ambiance highlands garantie dans ces ruines envahies par la brume. Dès qu’il n’y eut plus de rosé, de morgon et de beaujolais, il a fallu songer à descendre. Est-ce les divines bouteilles citées plus haut ou le brouillard mais Jean-Baptiste nous emmena vers la vallée de Teghime, une belle descente dans un haut maquis d’arbousier, certains passages relevaient plutôt du surf… Le groupe a éclaté au cours de la descente, rappelez-vous Astérix en Corse, mais tous se sont retrouvés à la voiture. Félicien est venu aux nouvelles, fut déçu que l’on n’ait pas trouvé, en fait malgré les dix oreilles qui avaient écouté ses précisions, personne n’avait retenu que le trou se situait près de la « tour », à 50 m environ, sur le versant Oletta, on a du passer juste à côté. Rendez-vous est pris pour le 16 décembre et on file se réchauffer au café du village.

Samedi 2 décembre 1995

Assemblée Générale au gîte de Catastaghju de San Gavinu di Fium’orbu

Alain, Jean-François., Bernard, Guy, Jean-Yves, Jean-Noël, Jean-Pierre, Lou, Hervé, Véronique, Jean-Claude, Jean-Baptiste, Marie-France, Noël, Michelle, Dany, Philippe, Vicky, Cathy, Valérie et Philippe, Marie-Françoise, Fanny, Maxime (invités)

 

Au fin fond du Fium’orbu, les spéléos et canyonistes de Haute-Corse se sont retrouvés pour leur rendez-vous annuel. Débats intéressants, bilans, tout est relaté dans les compte-rendus des A.G. Les topi repartent avec un nouveau bureau et un président tout neufs. Des projets sûrement mais merci tout d’abord à Valérie d’avoir bien tenu le cap pendant deux ans. Les projets, poursuivre le dynamisme de l’équipe spéléo enclenché depuis quelques mois avec les prospections fructueuses de Jean-Claude et l’arrivée d’éléments neufs des Télécom ; élargir les activités du club à des sorties extra-spéléo/canyon pour se rapprocher des membres plus « montagne ». Pour le canyon aucun doute de l’efficacité de notre équipe de « découvreurs » et sur la surfréquentation qui va nous arriver l’été prochain, la sécurité doit être un mot-clé.

Samedi 9 décembre 1995

Spéléo, explo, visite des mines de Cardo – Bastia -

Laurent, Jean-Claude, Véronique, Jean-Baptiste

 

Lors d’une précédente visite en famille, nous avions été bloqués par un petit barrage en travers de la galerie. Au-delà, celle-ci se poursuit, mais nécessite un équipement adéquat en raison de la profondeur de l’eau.

Nous voilà donc sur la place de l’église de Cardo, nous équipant sous les regards étonnés des anciens du village. Ceux-ci ne manquent pas de nous mettre en garde sur les dangers potentiels de la mine : risques d’éboulements, noyade, etc. Mais, n’écoutant que notre courage, nous partons quand même vers celle-ci. Jean-Baptiste en profitera pour essayer le nouveau caisson de protection de sa caméra vidéo. L’entrée est atteinte 15 mn plus tard. Un petit muret effondré en barre le passage.

Au bout d’une centaine de mètres environ, la galerie se divise en deux, nous prenons à gauche et quelques dizaines de mètres après, le barrage est atteint. Le bateau est vite gonflé et mis à l’eau. Nous embarquons tous les quatre avec une certaine appréhension car le bateau est prévu pour deux personnes. Et voilà, nous voguons enfin sur des eaux souterraines, activité peu commune, il faut le dire, pour les topi. 40 m plus loin, l’accostage se passe sans problème et la visite vaut le détour. Une belle coulée de calcite blanche, des stalactites en formation et quelques gours actifs, dont certains emplis de perles de caverne. Le retour se fait plus prudemment en plusieurs navettes. En revenant, nous allons voir la seconde galerie qui rejoint l’autre versant de la colline. Un grand puits plein d’eau et encombré d’étais barre en partie le passage. Une drôle d’araignée devient la star d’un jour sous les projecteurs et la caméra de Jean-Baptiste.

D’autres galeries percent les collines de Cardo et mériteraient un examen plus approfondi ainsi qu’un relevé topographique.

Jean-Claude

Samedi 16 décembre 1995

Spéléo, explo, grotta di Ghjuvani - Santa Maria di Lota -

Jean-Noël, Jean-Claude, Noël

 

La route de Travo à Bastia étant fort longue, Noël arriva à la Sorbinca vers 16 h ; le temps de prévenir Jean-Claude et le trio fut prêt, mais la nuit tombe vite en hiver et le ciel plombé et menaçant n’arrangeait pas la situation. Tentative d’accès à la cavité par l’ancien chemin de la carrière de Miomu, très bien marqué sur la carte, mais on ne reconnaît pas la carrière, il faut monter au-dessus où se trouvent les anciens fronts de taille qui servaient à alimenter les fours à chaux, d’ailleurs l’endroit s’appelait U Furneli, on rebrousse chemin et on trouve un chemin au milieu des villas. Mais la nuit est de plus en plus présente, on craint un peu d’effrayer les habitants des lieux ; mais grâce à la persévérance de Noël et bien que la nuit soit bien noire, on réussit à retrouver l’entrée étroite barrée d’une concrétion. Pas de changement depuis la dernière visite, on explore un peu plus, Noël s’engage dans un petit boyau qui part au milieu du P5, mais la progression est stoppée par un bloc. Il faut revenir faire une vraie topo. Sortie sous la pluie et retour à la voiture à la lampe des acétos le long de la route de Miomu à Partine. Des lueurs de phares, une voiture qui stoppe, des spéléos sur une route du Cap Corse, cela doit être étrange… pourvu qu’il ne sorte pas le fusil… Non, coïncidence étrange, le conducteur a fait de la spéléo dans sa jeunesse et nous demande les raisons de notre présence dans cet endroit. Les deux autres voitures qui suivent ne s’arrêteront pas mais ralentiront et les conducteurs se poseront sûrement quelques questions. Le Corse-Matin du lendemain ne parlait pas de petits hommes bleus…

Dimanche 17 décembre 1995

Spéléo, visite, grotte de Butrone – Sisco -

Jean-Yves, Jean-Noël, Olivier, Laurent, Jean-Baptiste, Noëlet Nathalie

 

Rendez-vous au bar de chez Jeannot à 10 h, Philippe, descendu chercher le journal et les croissants avec sa fille, se joint à nous pour le café, mais à 10 h 30, les impétrants invités par Noël ne sont toujours pas là (un décès dans la famille, apprendra-t-on plus tard). Équipement sous un ciel agréable, et bonne surprise le chemin d’accès à la bergerie a été très bien démaquisé, vraisemblablement par l’équipe du camp de l’Aérospatiale pour y emmener les touristes. Autre bonne surprise, il y a de l’eau partout, les ruisseaux sont gonflés, cela doit débiter dans la grotte…

Visite détaillée de la partie fossile dont l’entrée est gardée par une quarantaine de petits rhinos, passage dans le couloir en S et on débouche dans la galerie de la rivière envahie d’un bruyant grondement, l’eau est au rendez-vous mais quand même bien moins que ce qui coulait dehors, la perte doit être assez étroite. Remontée jusqu’à la perte, les concrétions ruissellent, superbe spectacle, les nouveaux sont enchantés et les anciens aussi, dommage que Jean-Baptiste ait oublié de recharger les batteries du caméscope… On se glisse vers le second réseau, certains commencent à être bien humides ! Au niveau du verrou, le ruisseau s’engouffre bruyamment et le boyau qui suit est inondé, pas question de franchir l’étroiture, on y remplirait la texair ! Peu de volontaires, Jean-Noël est suivi de Laurent et de Nathalie, qui n’a pas froid aux yeux pour sa première sortie. Le retour dans le verrou sera un peu plus long, l’eau, le froid, ça gonfle, ça coince… Sortie par le laminoir, entre temps on a perdu Jean-Baptiste qui a batifolé dans les concrétions et n’a pas trouvé le verrou, puis s’est endormi (sic) dans le réseau fossile ! Il fera sa première pour la sortie, en désobant un petit boyau qui abouche dans la bergerie à 2 m à gauche de l’entrée principale. Descente rapide dans le brouillard pour retrouver les vêtements secs.

Mini-rivière souterraine, le réseau de Butrone vaut la visite par temps de pluie, la texair° est vivement recommandée ; en cas d’orage il pourrait être dangereux de franchir le verrou, le retour ne serait pas garanti…

Jeudi 28 décembre 1995

Spéléo, topo, grotte de Butrone – Sisco -

Jean-Noël, Jean-Baptiste

 

Sortie topo, avec comme projet de reprendre certaines mesures qui donnaient un aspect bizarre à cette grotte et puis de terminer le boyau final. Beaucoup moins d’eau que lors de la sortie du week-end, la rivière ne coulait pratiquement pas sur le sentier d’accès à la bergerie. Les rhinolophes sont toujours là, 38 au lieu de 43. Jean-Baptiste se faufile dans le réseau fossile, dont la « Salle du poulain », qui n’avait pas été topographiée. Puis reprise des conduits supérieurs, en fait rien ne queute vraiment, tout se termine en étroiture ou laminoir obstrués par des sédiments. Compte-tenu de la direction et du pendage, il s’agit bien de l’ancien lit du ruisseau, du travail de désob en perspective, derrière il peut y avoir d’autres salles.

Mais le temps passe, une rapide estimation des mesures de la galerie d’entrée montre quelques erreurs de nos amis topographes de l’époque, à reprendre. Descente dans la nuit noire sous une neige fondue.

 

 

Samedi 29 décembre 1995

VTT, tour de l’étang de Biguglia

Jean-Noël, Jean-Baptiste

 

Ballade un tantinet aquatique et très boueuse, des chemins très gras, des champs de maïs et de salades glaiseux à souhait… Une quarantaine de kilomètres, à mettre au programme début 96, de préférence après quelques grosses pluies.

Samedi 29 décembre 1995

Hydrospeed, descentes Asco et Vecchio

Patrick et Jean-Pierre, Marie-France, Claire, d’autres

 

I Topi Pinnuti - Bât. A8 - Les Logis de Montesoro - 20600 BASTIA

Association affiliée à la Fédération Française de Spéléologie sous le N° V20-005-000

Téléphone : 04 95 32 68 16 (répondeur) - http://topi.pinnuti.ffspeleo.fr/ - topipinnuti@orange.fr