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Sommaire

 

 

Dimanche 21 mai

Lundi 22 mai

Mardi 23 mai

Mercredi 24 mai

Jeudi 25 mai

Vendredi 26 mai

Samedi 27 mai

 

 

C'est parti !

 

 

Présentation

 

L'Hérault avait déjà fait l'objet d'un camp en 1995. Cette année-là le gite était tout proche de celui choisi cette année puisqu'il se situait à Madières, à quelques kilomètres à peine dans la même vallée.

Invités par les copains spéléo du coin, ceux qui étaient venus en Corse en 2016, voilà donc les topi de retour dans la Séranne, un des paradis de la spéléologie. Plusieurs milliers de cavités sont recensées dans la région, le choix semble large, mais seulement quelques dizaines sont décrites par des publications ou sur Internet. Heureusement les héraultais nous ont proposé quelques cavités peu connues. L'invitation avait une arrière pensée puisque le but du déplacement était également la participation des topi à un barnum spéléo-secours afin de renforcer leur pratique dans ce domaine, que ce soit sous terre ou en surface.

La délégation corse était massive puisque 15 membres du club se sont déplacés. C'est ainsi que Antoine BOSCHI, Wanda COMPARETTI, Jean-Claude DEL BASSO, Albert DEMICHELIS, Jean-Noël DUBOIS, Henri-Pierre FIOCONNI, Marie GENEVIER, Jean-Claude LA MILZA, Francis MARAVAL, Véronique MASSA, Noël RICOVERI, Rémi ROSSIGNOL, Marie-Pierre ROZE, Alexia SIMIAN BUISSONNET et Silvain YART ont participé à ce camp.

Un nombre de topi important qui ne permettait pas une participation collective à toutes les sorties. Des jeunes, des moins jeunes, certains expérimentés, d'autres moins, les topi se sont répartis dans les différentes sorties en fonction des possibilités et des désidératas.

Côté nourriture, quelques-unes ont préparé de bons petits plats et tout le monde a mangé à sa faim, que ce soit au gite ou sous terre !

Côté déplacements, un seul covoiturage a pu être organisé, hormis les couples.

Remercions les contributeurs à ce récit de nos aventures, Alexia, JCL, JN, Nono et Rémi, sans eux pas de compte-rendu.

Sur le plan ci-dessous sont positionnés le gite et les différentes cavités visitées.

 

: gite

: cavités visitées 

: grotte touristique

 

 

 

Les gites

 

Photos

 

La recherche du gite a été pour le moins laborieuse. En effet, le gite proposé par les héraultais ne convenant pas à tous les participants, une autre solution devait être trouvée, d’autant plus que celui-ci n’est pas resté libre longtemps ! Le gite devait en outre respecter l’intimité des 3 couples et accepter les animaux (aucun rapport entre les 2 ;-). Au final, les gites de la « La Source des Lutins » ont été sélectionnés. Deux gites indépendants, mais « raccordables », permettaient d’accueillir entre 11 et 13 personnes avec une chambre parentale, les 2 derniers couples réservant 2 chambres d’hôtes sur le même site.

Si le nombre de lits était respecté, la qualité d’hébergement n’a pas vraiment été à la hauteur. S’il y avait bien 2 chambres de 2 et une chambre de 3, les autres couchages étaient répartis dans les pièces à vivre. Un dans le « couloir » cuisine du 1er gite, 3 autres dans la salle à manger du 2ème gite.

Heureusement, la majorité des spéléos ne sont pas trop exigeants … hormis JCD qui a préféré dormir dans sa voiture et Francis squatter le van de Nono. Pourtant, avec la fatigue, les bruits des locomotives n’étaient pas trop perçus ;-)

Nous disposions donc de 2 gites.

Dans le 1er, une pièce faisant office de cuisine d’où l’on pouvait accéder à une chambre parentale avec un lit 2 places et à une chambre « enfants » composé de 3 lits superposés dont 1 difficilement utilisable et ... 2 avec des lattes de sommiers ayant une fâcheuse tendance à se débiner ! Une salle de bain et un WC complètent ce gite.

Le 2ème gite est composé d’une grande salle commune faisant office de cuisine et équipée de 2 lits doubles et 1 lit simple. Dans cette salle, un cloisonnement délimitait une chambre avec 2 lits simples. C’est cette salle qui a servi de cuisine pour le camp. Une salle de bain et 1 WC complètent là aussi le gite.

Une machine à laver le linge était à notre disposition dans le couloir allant vers les sanitaires.

Il a été possible de prendre tous les repas dans le jardin après avoir réuni les 2 tables extérieures. Par bonheur le temps a été clément car il aurait été plus compliqué de manger à l’intérieur. Et ce d’autant plus que le gite était très humide, au point que le sol était par endroit mouillé par la condensation.

En complément des gites, un petit local a été mis à notre disposition pour stocker le matériel.

Un accès wifi était également disponible. Celui-ci était aléatoire au début du camp en raison de l'épaisseur des murs et du plafond. JCD y remédie en déplaçant la Livebox des appartements des propriétaires vers les gites !

Une partie des véhicules étaient garés à l’extérieur sur un parking privé aménagé en bord de route, l’autre partie sur le parking d’un arborétum tout proche.

Le cadre était très agréable, le gite est une ancienne magnanerie située en bordure de la Vis et en face de l’arborétum.Haut de page

Les 2 couples avec toutou étaient logés de façon indépendante dans 2 chambres d’hôtes situées à l’étage, disposant chacune de sanitaires indépendants.

La situation du gite était presque idéale puisqu'il se trouve en situation centrale par rapport aux cavités visitées.

 

 

Les alentours

 

Extraits Wikipédia

La Vis, rivière d'une longueur de 57,8 km, prend sa source dans le Parc national des Cévennes, près du col de l'Homme-Mort dans le département du Gard. Elle traverse notamment Alzon où les eaux s'infiltrent au moulin de Larcy. Ensuite son lit reste sec dans de profondes gorges entourant le causse de Blandas, le séparant du causse de Campestre puis du causse du Larzac. Le village de Vissec est traversé par une rivière sèche. La rivière ressurgit à la résurgence de la Foux où les eaux infiltrées sous le Larzac méridional, le causse de Campestre et le causse de Blandas viennent compléter celles qui se sont perdues à Alzon. La Vis traverse ensuite le cirque de Navacelles puis Saint-Laurent-le-Minier après avoir formé de nombreux méandres et se jette dans l'Hérault enHaut de page amont de Ganges.

La Vis traverse onze communes. De l'amont vers l'aval : Arrigas (source), Alzon, Campestre-et-Luc, Blandas, Vissec, Saint-Maurice-Navacelles, Rogues, Gornies, Saint-Laurent-le-Minier, Saint-Julien-de-la-Nef, Cazilhac (confluence).

 

 

Les sorties

 

 

Dimanche 21 mai

Aven de la Cardonille, Brissac (34)

 

Participants

  • ITP : Rémi ROSSIGNOL, Silvain YART

 

TPST : 3h00

Photos

 

Le rdv de tous les participants au camp est fixé vers 12-13h au gîte le dimanche 21 mai. Seulement tout le monde n'arrive pas en même temps. Silvain arrivé la veille s'est chargé de faire les courses pour les premiers jours. Merci Silvain !!!

Arrivé moi aussi la veille je me trouve déjà au gîte. Du coup que faire : une grasse mat' en attendant l'arrivée de tout le monde ou bien déjà se mettre en jambes ?

Silvain me propose donc de faire une petite grotte en attendant l'heure de retrouver le reste du groupe. Rdv est fixé vers 8h30 au petit village de Saint Bauzille de Putois. Une petite pause café plus tard nous voilà partis en direction l'aven de la Cardonille qui se trouve au niveau du col du même nom. Après un petit quart d’heure de route,  Silvain s'arrête en bord de route au départ d'une piste. Nous prenons les équipements et descendons à pieds sur une centaine de mètres le long de la route. Nous enjambons la glissière de sécurité. Nous traçons un passage dans les broussailles et débouchons quelques instants après sur un large sentier pierreux qui nous conduit en une douzaine de minutes à l'entrée de la grotte.

Le porche d’entrée est assez grand et descend en pente inclinée vers la droite. La descente du porche semble pouvoir se faire en dé-escalade mais Silvain, prudent, décide par sécurité d’installer une main courante (après tout on ne sait pas ce qui nous attend en bas…).Haut de page

Cette première partie de la grotte nous amène au départ d’un P25. Silvain l’équipe avec un départ en plein vide. Une fois descendu, nous nous trouvons au fond d’une grande salle presque circulaire dont le plancher s’incline légèrement. Dans la partie la plus basse se trouvent de nombreuses stalagmites. Après en avoir fait le tour et pris plusieurs photos, nous constatons qu’il est temps de remonter et partir rejoindre le reste du groupe.

 

 

Dimanche 21 mai

Grotte du Maire, Laroque (34)

 

 

Participants

  • ITP : Antoine BOSCHI, Wanda COMPARETTI, Albert DEMICHELIS, Jean-Noël DUBOIS, Henri-Pierre FIOCONNI, Marie GENEVIER, Jean-Claude LA MILZA, Francis MARAVAL, Noël RICOVERI, Rémi ROSSIGNOL, Marie-Pierre ROZE, Alexia SIMIAN BUISSONNET, Silvain YART

  • Héraultais : Didier, Franck + ?

 

TPST : 1h00

Photos

 

Nous voilà installés dans le gîte, chacun essayant de se créer un petit nid douillet pour la semaine, ce ne sera pas très facile pour certains (salle commune qui sert de dortoir, salon et cuisine… heureusement qu’il va faire beau toute la semaine).

Une fois bien sustentés, on ne perd pas de temps, on est venu pour faire de la spéléo (enfin en principe). Rendez-vous au parking de Ganges pour retrouver des membres du SCM qui doivent nous emmener dans une grotte d’initiation, la grotte du Maire sur la commune de Laroque, à quelques kilomètres de là. On part direction Montpellier en longeant la rive droite de l’Hérault. Puis à la sortie de Laroque (magnifique église et château adossés à un énorme rocher), obliquer à gauche sur une voie étroite, sinueuse et en montagnes russes qui emprunte le tracé de l’ancienne route de Montpellier, une draille longeant les falaises calcaires du massif de Thaurac. On apprendra plus tard que cette voie carrossable était en fait une ligne de chemin de fer qui amenait les visiteurs de l’Aven des Lauriers jusqu’à l’entrée touristique où les wagonnets faisaient demi-tour. Les rails ont été enlevés il y a quelques années, suite à l’arrêt de l’exploitation touristique de l’aven.

Grand parking qui permet à chacun de trouver sa place, ce ne sont pas les voitures qui manquent. On est accueilli par Jacky, gardien des lieux, âgé de 80 ans et qui faisait office de guide à l’époque de l’exploitation de l’aven. Il serait trop compliqué de raconter les raisons de la fermeture de l’aven, apparemment des histoires de « cloche merle ». Ce qui est sûr c’est que l’aven ayant été fermé depuis plusieurs années, la mise aux normes de sécurité qui sont exigées actuellement, représentent une charge financière impossible à gérer pour une petite commune, en plus la Grotte des Demoiselles n’est pas très loin…

Jacky, très disert sur l’histoire des lieux, nous emmène sur la terrasse surplombant l’Hérault, juste devant la porte fermée de l’aven. Ce sera là d’ailleurs ce soir que nous fêterons notre arrivée avec les amis du SCM et d’autres. C’est pas tout, si on allait sous terre. Retour aux voitures pour s’équiper et voilà une palanquée de 13 topis et quelques SCM qui s’élance vers l’entrée de la cavité. Il ne manque que Véronique qui a choisi d’emmener Oscar se baigner dans l’Hérault qui en principe se trouve au bout de la draille.

Pour trouver l’entrée, il faut revenir sur nos pas, remonter vers la terrasse et la cavité s’ouvre par un soupirail en bordure, une grille en ferme l’accès. Entrée basse, qui s’élargit ensuite rapidement, une galerie de belles dimensions, assez concrétionnée. Par une succession de plans inclinés bien équipés de MC, de passages bas et petits toboggans, nous voilà en haut du P8, qui est équipé en double. En bas les premiers arrivés, cherchent la suite, car plusieurs départs se présentent. Finalement c’est encore par un plan incliné que nous arrivons au bord du lac !Haut de page

Un beau plan d’eau de 2 m de large qui occupe toute une galerie de 2 m de haut. Elle oblique rapidement à gauche et on ne voit pas la suite. Peu de banquettes apparentes sur les parois qui sont bien verticales et lisses. Nos amis du SCM, rapidement à nos côtés, nous mettent au parfum, il faut installer une MC. Les spits de départ sont là à droite, puis en haut à gauche mais ensuite on a beau chercher et éclairer avec tous nos projecteurs, nonda ! Un volontaire du SCM se dévoue, oppo possible au départ puis il faut entrer dans l’eau car la largeur de la galerie approche les trois mètres. L’eau lui monte jusqu’au thorax et elle n’a pas l’air bien chaude. Les spits suivants sont enfin trouvés en rive droite et il parvient à installer la MC jusqu’à la berge opposée du plan d’eau, une bonne vingtaine de mètres. La palanquée peut avancer.

JC, puis Albert s’élancent et on voit de suite qu’il va falloir se tremper au moins le bas du corps, le niveau est assez haut et la MC bien basse. Au tour de JN, et arrivé au milieu de la MC, deux spits lâchent ! Et il y a du fond, pas facile de se dépêtrer quand on est longé et devant Marie-Pierre a été également entraînée dans la baignade forcée, ce qui ne manque pas d’inquiéter JC, déjà sur l’autre rive. Finalement tous se délongent et finissent la traversée à la nage.

On replace les spits et le reste de l’équipe suivra sans plus de soucis. La suite est évidente, une remontée de plans inclinés, bien gras, heureusement équipés de barreaux pour certains et voilà la lumière du jour, car c’est une traversée ! On débouche au raz de la route de Montpellier, heureusement qu’un renfoncement nous protège des véhicules passant à vive allure.

On profite d’une accalmie dans le flot automobile pour traverser et descendre en contrebas sur les berges de l’Hérault. On finira tous dans l’eau, certains plus rapidement que d’autres car les dalles sont bien glissantes et on assistera à de magnifiques schuss… Le matos bien propre, il suffit de remonter à la route, de retraverser et en face un raide sentier, finissant d’ailleurs par des barreaux dans le mur de soutènement de la draille, nous permet d’arriver juste à côté du parking.

On retrouve Véronique un peu déshydratée par sa randonnée jusqu’au bout de la draille. Retour au gîte pour une bonne douche et récupérer les victuailles pour la soirée. Ce soir c’est bamboula à l’Aven des Lauriers.

 

Quelques infos complémentaires sur la cavité

Historique

Robert DE JOLY explore la partie inférieure en 1931, revue en détail dans les années cinquante le GSG, le SCM qui relie les deux entrées et franchit l’étroiture soufflante du réseau supérieur (1960-65) puis plus récemment le GERSAM, dont les efforts conjugués portent à plus de 600 m le développement de la cavité.

En 1993, l’Association CELADON explore le siphon amont sur 210m. Le 18 août 1998, David Brock (Cave-Diving Group) explore 10 m. d’étroites galeries, sur la droite, à partir de la première salle noyée.

Description (de ce qu’on n’a pas vu…)

160 m de conduits ludiques et spacieux agrémentés de ressauts, lacs et toboggans mènent aux plans d’eau terminaux. La vasque de départ (2x4 m) est à rechercher dans une zone affectée par la tectonique locale. Le siphon débute par un puits dont la base (13 m) est chaotique. Une jolie galerie quadrangulaire et argileuse fait suite (3x2 m) puis traverse deux salles pour atteindre le point bas (-21). Dans la première salle, sur la droite, 10 m d’étroite galerie ponctuée d’étroitures ont été explorées. Le conduit se réduit encore puis s’élargit au profit d’un volume noyé, dont l’une des ramifications sort dans une cheminée sans prolongement évident (140 m). La suite se trouve en longeant la paroi gauche. Un laminoir long de 10 m rejoint une modeste salle (-11) d’où un talus argileux remonte à -3 jusqu’à se rapprocher irrémédiablement de la voûte (30 cm). Un passage éventuellement franchissable en décapelé est partiellement colmaté par un bloc rocheux (155 m).

KarstologieHaut de page

La cavité est à raccorder au réseau des Lauriers. Elle fonctionne comme cheminée d’équilibre du Rieutord souterrain, qui résurge dans l’Hérault par un important delta de résurgences impénétrables.

 

Topo : voir Aven des Lauriers ci-dessous

 

 

Dimanche 21 mai

Grotte des Lauriers, Laroque (34)

 

Participants

  • ITP : Antoine BOSCHI, Wanda COMPARETTI, Albert DEMICHELIS, Jean-Noël DUBOIS, Henri-Pierre FIOCONNI, Marie GENEVIER, Jean-Claude LA MILZA, Francis MARAVAL, Véronique MASSA, Noël RICOVERI, Rémi ROSSIGNOL, Marie-Pierre ROZE, Alexia SIMIAN BUISSONNET, Silvain YART
     

TPST : 1h00Haut de page

Photos

 

Jacky nous raconte avec toute sa verve l'histoire de cette cavité. Celle-ci a demandé de nombreuses années de travail pour l'aménager.

Elle est malheureusement fermée maintenant suite à quelques soucis, non pas technique, mais plutôt relationnels.

Il en est de même pour l'aven, entrée supérieure de la cavité.

 

Système de l'Aven des Lauriers

 

 

Lundi 22 mai

Aven de la Bises 2, Hospitalet du Larzac (12)

 

Participants

  • ITP : Antoine BOSCHI, Albert DEMICHELIS, Jean-Noël DUBOIS, Marie GENEVIER, Jean-Claude LA MILZA, Alexia SIMIAN BUISSONNET, Silvain YART

  • Héraultais : Franck, Delphine

 

TPST : 7h00

Photos

 

Après les sorties tranquilles de « découverte du milieu souterrain » de la veille, on allait rentrer dans le monde de la spéléo sportive : au programme l’Aven de la Bise 2, -140 m ! Alexia était contente, elle allait dépasser la profondeur de Ghisoni. Mais le profil de la cavité en stressait certains, que du vertical, notamment une longueur de 90 m, mais qu’heureusement on pouvait doubler en tronçons de 50 et 30 m.

RDV avec deux membres du SCM à la sortie du Caylar. Deux groupes vont se constituer au sein des topis, la Bise 2 et l’Aven de la Portalerie pour les moins expérimentés, emmenés par Noël. Direction l’Hospitalet du Larzac, via l’autoroute ; avant le village, on obliquera à droite pour emprunter une piste reprenant le tracé de l’ancienne voie ferrée. À peine deux kilomètres plus loin on vire à droite au milieu des genévriers et chênes nains. Arrêt sur un grand parking herbeux, il est 10 h 30.

Nos amis du SCM nous emmènent d’abord jusqu’à l’entrée de la Bise 1 située à quelques dizaines de mètres et qui est l’entrée habituelle de la traversée Bise 1 à Bise 2. Cette traversée, possibilité rare sur le Causse du Larzac, avait été équipée lors du Congrès de Millau en 2013, mais n’avait pu être réalisée, suite aux intempéries la rivière était en crue.

Puis retour aux véhicules pour l’habillage. Une fois équipés, direction l’entrée de Bise 2, située à environ 800 m. Une doline de quelques mètres de large, entourée d’une clôture, au fond de laquelle part un boyau. L’équipe des équipeurs sera constituée de Marie, Silvain, Antoine et Jean-Claude qui opèreront sous les conseils de Franck. Ils équiperont le grand puits de 130 m en double, d’un côté un P80 suivi d’un P33 et P17, de l’autre P51, P32, P33 et P17. Mais Franck prévient, les spits sont assez difficiles à débusquer. Il est 11 h, les voilà partis.

Le reste de l’équipe se prélasse au soleil, on va leur laisser une bonne heure pour équiper les départs. Vers midi quinze, top entrée dans la cavité pour nous. Une petite désescalade de quelques mètres, une étroiture oblique et un boyau de désobstruction et nous voilà en haut du grand puits. Enfin pas vraiment car les équipeurs sont encore là… La recherche des spits n’est vraiment pas évidente en dessous. On restera tassés un bon quart d’heure puis Franck nous conseille de ressortir au soleil, ce n’est pas pour tout de suite.

Retour à l’air libre. Certains en profitent pour une bonne sieste, d’autres pour manger. Une bonne heure plus tard, retour dans le boyau. Alexia et Delphine disparaissent dans le grand puits, la voie est libre, chacune sur une corde. Albert suivi de JN emprunteront la voie fractionnée. En fait peu de fractios, le premier plein pot, ce qui freinera un peu les ardeurs d’Albert, puis une belle vire en bas du P51 avec un fractio déporté, encore un peu de retard… puis succession P32, P33 (fractio arrosé, « Albert dépêche toi… ») et une dernière tirée de 17 m pour prendre pied dans la rivière. Il est plus de 14 h 30.

Regroupement avec la première équipe qui est déjà partie dans la descente de la rivière. Profil vertical assez serré ; plusieurs mètres de haut pour 1 à 2 m de large. Les parois sont très érodées et offrent de nombreuses prises. La progression se fera en opposition avec quelques main-courantes en place. Sans être acrobatique, l’avance se fait avec prudence, personne n’a envie d’essayer le bain.

La galerie se poursuit comme cela sur une centaine de mètres, puis d’après la topo, il y a plusieurs trémies à franchir avant d’atteindre le fond de la Bise 2 à 750 m de là. Se repérer n’est pas évident ensuite d’après Franck. Vu l’heure, il est plus de 15 h 30, on fait demi-tour au bout d’une centaine de mètres, après les traditionnelles photos et selfies de groupe.

Nous voilà à la corde, « Du haut de ce puits 130 m vous contemplent… ». Franck part en premier, suivi de JN puis Albert. P17 puis P33 et deux cordes à choisir, on laissera le P80 aux costauds. C’est parti pour JN, tiens une dèv’, pas vue à la descente ? ? et en plus sacrément excentrée par rapport à l’axe du puits et ça frotte sur un rebord au-dessus. Il faut se rendre à l’évidence, plantage de corde ! c’est le P80… ce que confirmera Antoine qui est en haut du P33. Que faire ? Changer de corde en plein pot n’est jamais évident… on continue et au-dessus du rebord, une alcôve en plan incliné qui permet de se poser et de récupérer l’autre corde et faire le changement en toute sécurité. Ouf ! le P80 est libre. Voilà le haut du P32, la vire et le bas du P51. La lumière de Franck est bien petite tout là-haut. Premier fractio sans problème puis un autre ajouté par Franck, c’est un AS avec de la dyneema, mais il n’y a pas de rab’ de corde, il faut se longer et monter très haut au-dessus de l’amarrage pour installer le croll, assez physique. Il va falloir rallonger la corde, sinon Alberto va y passer un peu de temps.Haut de page

Enfin le haut du grand puits ! Avec Franck on récupère un peu de mou en reprenant les nœuds de la MC et des Y, cela devrait aller. Albert passera bien. La sortie n’est pas loin, il est environ 17 h, soleil toujours au rendez-vous. Derrière les sorties s’échelonneront jusqu’à 18 h, le déséquipement a nécessité pas mal de calories. Merci aux djeunes et au moins djeunes qui se sont acquittés de cette tâche. Dernière photo de groupe avec Noël qui nous rejoint, puis retour aux voitures et au gîte.

JN

 

Aven de la Bise

 

 

Lundi 22 mai

Aven de la Portalerie, La Couvertoirade (12)

 

Participants

  • ITP : Wanda COMPARETTI, Henri-Pierre FIOCONNI, Francis MARAVAL, Noël RICOVERI, Rémi ROSSIGNOL, Marie-Pierre ROZE
     

TPST : 3h30

Photos

 

Lors du congrès de Millau nous étions déjà venus près de la cavité mais compte tenu du nombre de personnes que formait la longue file d’attente pour descendre sous terre nous avions décidé de rebrousser chemin.

Aujourd’hui il n’y a personne, nous nous équipons au soleil et Noël se lance dans l’équipement du puits d’entrée ; un P18. Nous parcourons ensuite une longue et vaste galerie pentue, aux belles dimensions, le reste de la cavité est équipé. Les cordes installées en fixe depuis de nombreuses années sont un peu usées par endroit. Des mains courantes nous permettent d’éviter de prendre des bains dans les vasques suspendues et les gours remplis d’eau. Tout à coup un grand PLOUF se fait entendre, un spit viens de lâcher et Noël se retrouve dans la vasque avec de l’eau jusqu’aux genoux. Rien de grave. La progression continue et après un dernier puits nous nous retrouvons dans une très grande salle, (- 60 m environ) le plafond est très haut et de nombreuses concertions ornent le sol et les parois. La salle ressemble beaucoup à la salle principale du Valat Nègre (pour ceux qui connaissent). Nous allons en profiter pour escalader les blocs sur la gauche et faire le tour complet de cette belle salle. Notre exploration va s’arrêter là ; une succession de puits permet d’atteindre le point bas de la cavité. Séance photo, puis nous entamons la remontée, Henri-Pierre, Rémi et Noël ferment la marche. Tout à coup, plus haut, un cri d’effroi se fait entendre suivi d’un grand PLOUF……. Wanda, qui avait entrepris d’escalader la paroi glissante d’une vasque a dévissé et s’est retrouvée dans l’eau jusqu’à la taille. Aujourd’hui, on se demande encore pourquoi a elle a pris cette option ??? …. Alors qu’une main courante était en place sur la paroi opposée ???? …. Plus tard nous empruntons une galerie que nous avions laissée lors de la descente ; nous n’irons pas loin, cette galerie se trouve fermée par une grille recouverte de plaques de polystyrène, les interstices entre les plaques sont colmatées par de la mousse expansive, seul un fil électrique et un câble qui semble être un câble de téléphone passent de l’autre côté.Haut de page Laurence n’en sait pas plus, des études sont probablement réalisées de l’autre côté de la grille…. Plus tard nous nous retrouvons au bas du puits d’entrée, la remontée s’effectue sans problèmes et Francis déséquipera.

On casse la croute au soleil. Il est encore tôt. Les uns rentrent au gîte, d’autres, Wanda, Henri-Pierre, Laurence et Noël décident de se rendre à l’aven de la Bise pour attendre la sortie de l’autre équipe.

 

Aven de la Portalerie (vue partielle)

 

Aven de la Portalerie

 

 

Mardi 23 mai

Aven la Leicasse, Saint Maurice Navacelles (34)

 

Participants

  • ITP : Antoine BOSCHI, Marie GENEVIER, Jean-Claude LA MILZA, Francis MARAVAL, Silvain YART

  • Héraultais : Didier, Franck, Delphine, Suzanne

 

TPST : 6h00

Photos

 

2ème gros trou du camp. On prend presque les mêmes et on recommence. Francis remplace à lui tout seul Alexia, JN et Albert.

Le passage par le petit hameau du Coulet nécessite des précautions relationnelles, Didier s’en est chargé et nous avons le feu vert pour emprunter la petite piste qui nous approche de la cavité. Les 2 pattes ordinaires sont néanmoins abandonnés au bout quelques centaines de mètres, seul le Berlingo de Didier, le Tucson de Franck et le Def de Silvain poursuivent jusqu’à une petite aire de parking herbeuse.

Encore quelques centaines de mètres de marche d’approche et voilà l’entrée.

Une entrée cintrée en moellons calcaires du plus bel effet, c’est en fait l’entrée artificielle de la cavité. Elle permet de shunter le boyau qui suit l’entrée naturelle qui est beaucoup moins agréable à passer.

La cavité étant toujours en exploration, seule la 1ère partie n’est pas équipée. Cette série de petits ressauts et puits modestes permettent de rejoindre le sommet du P110. La cavité prend du volume. Une première tirée de 37 m contre une belle paroi circulaire et bien lisse du plus belle effet précède la seconde plein vide de 34 m. Anto l’équipe en double afin d’accélérer la remontée.

La salle est énorme et il faut penduler sur un grand palier intermédiaire qui évite de descendre jusqu’au fond en cul de sac. Un grand plan incliné plus ou moins chaotique permet de descendre à -120 m dans la Galerie des Meulières. Belle galerie avec des montées et descentes sur de grandes dunes d’argile. Une désescalade dans des blocs permet de shunter un puits et aboutit dans la galerie des Gours sur Pattes, belle succession de … gours. Des parois bien concrétionnées agrémentent le parcours et des fossiles d’entroques sont bien visibles sur une de celles-ci. Dans une géode apparaissent de gros cristaux de calcite rhomboédriques, presqu’aussi gros qu’à Teppa di a Lupinu !

Au bout de 1000 m de marche apparait LE grand volume de la cavité et même du causse de Séranne, la salle Edmond Milhau. 87 m de long, 112 m de large pour une hauteur de 169 m ! C’est le lieu choisi pour le pique-nique.

Les casse-croûtes sont bien appréciés, on a même droit au café préparé par Franck qui apporte toujours son petit réchaud avec lui, c’est une bonne idée !

Nos hôtes nous amènent maintenant vers la galerie du Tac o Tac. Une galerie qui mènerait vers l’aven du Grelot, en cours de désob depuis … 1987. Celle-ci fait maintenant une centaine de mètres de long. Les topi sont mis à contribution et chacun tirera un bac du front de taille jusqu’au déversoir qui ressemble à une pente de terril. Faut dire que la désob est assez facile puisque ce n’est que du sable qui obstrue la galerie. Si le projet aboutit, on pourra s’enorgueillir que les topi y auront contribué !

Après 1500 m de balade souterraine, il est temps de faire demi-tour. Le chemin de retour se passe bien plus rapidement qu’à l’aller.

Voilà les puits, Suzanne et Anto se feront une petite course dans le P34. Anto arrivera en tête de peu ! Ce P34 donnera quelques inquiétudes à JC, un frottement tout en haut se faisant sentir par intermittence. Francis parti avant sur l’autre corde décalera la corde en tête du puits. En fait, celle-ci est un peu trop décalée et frotte sur une lèvre calcaire. Sans incidence sur la corde, mais inquiétant lorsqu’on est pendu dessus avec quelques dizaines de mètres de vide sous les fesses. JC modifiera l’équipement en inversant les 2 oreilles du fusion.Haut de page

Retour en surface sous le soleil et la chaleur.

De bonnes mousses permettront de se réhydrater à Saint Maurice Navacelles en face de la mairie-écoles. Beau bâtiment de village classique avec une mairie encadrée par l’école des filles à gauche et l’école des garçons à droite. Et pour compléter le cliché, le monument aux morts en face.

 

Aven de la Leicasse

 

 

 

Mardi 23 mai

Grotte de Gennevaux, Viols en Laval (34)

 

Participants

  • ITP : Wanda COMPARETTI, Albert DEMICHELIS, Henri-Pierre FIOCONNI, Noël RICOVERI, Rémi ROSSIGNOL, Marie-Pierre ROZE, Alexia SIMIAN BUISSONNET

  • Héraultaise : Laurence ?

 

TPST : 3h30

Photos

 

Après avoir passé le col de la Cardonille (D 986), laisser sur la droite la localité de St Martin de Londres puis repérer un panneau sur le bord droit de la route « terrain militaire-défense d’entrer ». Ignorer les consignes indiquées et entrer sur le terrain militaire par un court sentier qui donne immédiatement sur un vaste emplacement délimité par une clôture. Un passage aménagé permet l’accès de l’autre côté. Nous stationnons là nos voitures. Nous partons pour un premier repérage afin de situer l’entrée de l’aven. Nous le trouverons aisément. De retour aux voitures nous nous équipons et c’est de nouveau reparti dans l’autre sens.

Alexia se lance dans l’équipement de la main courante du P18 puis elle cède la place à Noël qui terminera. Nous nous regroupons dans la salle à la base du puits d’entrée. Nous poursuivons l’exploration dans  une grande galerie entrecoupée de plusieurs ressauts, R5, puis R3, la galerie est vaste et de nombreuses concrétions jalonnent ce parcours ; viens ensuite un R4 qui nous mène au point bas de la cavité à -50m. La galerie remonte maintenant, et nous voilà devant une étroiture au plafond. Noël tente de passer mais ça bloque. Les autres ont beau tenter de pousser rien n’y fait. Alexia tente le coup, aidée par les autres, elle parvient à se hisser au-dessus. De là-haut elle aidera les autres à franchir ce passage étroit, les autres, en bas poussent et se font un peu marcher dessus… . Restent Rémi et Noël qui malgré de nombreuses tentatives ne passerons pas. Ils seront contraints de faire demi-tour. Pour le groupe qui a réussi l’exploit de franchir ce passage, la traversée, la visite se poursuit dans une galerie basse et ébouleuse en pente ascendante, encore une étroiture à franchir puis ce sera la sortie à la lumière par l’entrée secondaire.

Dix minutes après être sortis ceux qui ont réussi la traversée se retrouvent en haut du puits de l’entrée principale. Ils attendront Rémi et Noël qui ne vont pas tarder à les retrouver. La cavité est maintenant déséquipée. Tous nous retournons aux voitures pour la pause casse-croute. D’un commun accord nous décidons d’explorer l’aven de la Cardonille c’est sur notre route de retour. On charge les voitures et c’est reparti pour la Cardonille.

 

Grotte Gennevaux

 

 

Mardi 23 mai

Aven Cardonille, Brissac (34)

 

Participants

  • ITP : Wanda COMPARETTI, Albert DEMICHELIS, Henri-Pierre FIOCONNI, Noël RICOVERI, Marie-Pierre ROZE, Alexia SIMIAN BUISSONNET

  • Héraultaise : Laurence ?
     

TPST : 3h30

Photos

 

Sur la route du retour, après la grotte de Geneveaux il est déjà tard, mais nous décidons de visiter l’aven de la Cardonille.

Passé le col du même nom, nous stationnons les voitures sur le bas-côté de la chaussée le long d’une grande descente. Nous nous équipons là, traversons la route, enjambons la glissière de sécurité, il faut maintenant trouver le chemin qui mène à la cavité, nous hésitons un peu, Albert qui se déplace en bottes, calbut et torse nu nous gratifie alors, d’un impeccable roulé-boulé dans un roncier... On reprend… guidés par Rémi, nous suivons maintenant un large sentier qui nous mène à la cavité au bout de 10 minutes. 

Le porche d’entrée est grand, suit une pente inclinée qui vire à droite. Elle nécessite la mise en place d’une main courante, Alexia se lance dans l’équipement et va jusqu’au bout de celle-ci puis elle cède la place à Noël pour l’équipement du P25 qui suit. En fait le sommet du puits débouche plein vide au plafond d’une très grande salle. Noël s’y reprend à 2 fois, « le passage est un peu sportif », le temps passe, l’heure tourne, 19 h environ…Haut de page Nous décidons alors que seuls Noël et Alexia irons au fond juste le temps d’un aller-retour. Les deux arrivent en bas sur le cône d’éboulis, on peut alors se rendre compte du très grand volume de la salle quasi circulaire. Le sol est en pente, un ensemble harmonieux de stalagmites s’élève du sol. Nous en profitons pour réaliser quelques photographies. Il est temps à présent d’écourter la visite et d’entamer la remontée, Alexia se lance suivie par Noël qui déséquipe le puits. Alexia et Rémi termineront le déséquipement de la main courante. De retour à l’air libre, nous rebroussons chemin en prenant soin d’éviter le roncier ébouriffé.

 

 

Mercredi 24 mai

Aven des Deux Versants, Pic St Loup, Cazevieille (34)

 

Participants

  • ITP : Antoine BOSCHI, Wanda COMPARETTI, Jean-Claude DEL BASSO, Albert DEMICHELIS, Jean-Noël DUBOIS, Henri-Pierre FIOCONNI, Marie GENEVIER, Jean-Claude LA MILZA, Francis MARAVAL, Noël RICOVERI, Rémi ROSSIGNOL, Marie-Pierre ROZE, Alexia SIMIAN BUISSONNET, Silvain YART

  • Héraultais : Franck

 

TPST : 0h30

Photos

 

La description de cette traversée réalisée par Marie et Silvain en 2014 avait mis l'eau à la bouche de quelques

membres du groupe. En effet, celle-ci combine randonnée, un peu d'escalade, spéléo et descentes en rappel à l'air libre.

C'est Franck qui s'est dévoué pour nous accompagner et servir de guide.

L'ascension se fera par la face nord, les véhicules sont garés dans un virage en épingle sur la D1.

Il fait un super soleil mais le vent est lui aussi bien présent. La randonnée démarre tranquillement par un cheminement peu pentu à travers la garrigue cévenole. Wanda et HP en profitent pour déterminer quelques fleurs et plantes du maquis. Au loin la falaise apparait comme un mur infranchissable mais on devine déjà la diagonale, le passage clé qui permet l'ascension jusqu'à la crête.

Peu à peu le chemin s'enraidit et fait des lacets pour gravir un grand pierrier arboré. Voilà la diagonale, une grande vire inclinée. Quelques passages nécessitent l'utilisation des mains et notamment la grande dalle et le final où une corde à nœuds est installée pour faciliter l'ascension, sensibles au vertige s'abstenir ! Les points de vue se succèdent, notamment sur la montagne d'Hortus, magnifique falaise calcaire.

Le chemin continue, plus ou moins près de la crête. Nous y retrouvons Véro et JN qui sont montés par l'autre face, plus facile pour Oscar. Installation sous les arbres à l'abri du vent pour un bon piquenique.

Un fois rassasiés, Véro et Oscar reprennent leur chemin inverse tandis que le reste du groupe bascule sur l'autre versant pour chercher l'entrée de l'Aven, facile avec Franck comme guide.

Une corde est rapidement installée en rappel et les topi se suivent dans l'entrée étroite. C'est un beau puits de 26 m, coupé par un fractio intermédiaire. Arrivée dans une petite salle, au fond une chatière permet de rejoindre la galerie de sortie. Celle-ci se termine par un beau rappel aérien de 12 m, la Baume Saint-Joseph. Fin de la partie souterraine, c'est maintenant à l'air libre que la descente continuera, toujours en profitant de magnifiques points de vue.

S'ensuivent des descentes à travers la végétation, entrecoupées par trois magnifiques rappels dont le plus grand, celui de 50 m, dont 30 m plein pot, passe devant la Baume Longue.Haut de page

Encore un grand pierrier à descendre et retour en plaine où le chemin de l'aller est rejoint. Retour aux véhicules avec déjà d'inoubliables souvenirs en tête.

Petite pause en terrasse d'un bistrot de St Martin de Londres pour un bon rafraichissement avant de rejoindre le gite. 

 

Aven des 2 Versants

 

 

Jeudi 25 mai

Grotte des Demoiselles, Saint Beauzille de Putois (34)

 

Participants

  • ITP : Noël RICOVERI, Rémi ROSSIGNOL, Marie-Pierre ROZE

TPST : 1h30

 

Et pourquoi pas une grotte aménagée ? !!!

Rémi et Marie-Pierre sont un peu fatigués et Noël est toujours handicapé par un bras gauche douloureux. Cette matinée sera consacrée à la visite d’une grotte aménagée. La grotte des Demoiselles est réputée pour la richesse de son concrétionnement et pour le volume de ses salles, nous nous décidons pour faire un peu de tourisme, nous ne serons pas déçus.

Direction St Bauzille de Putois, nous arrivons sur le parking de la grotte 10 minutes avant le départ de la dernière visite de la matinée. Billets en main, nous embarquons dans le funiculaire qui grimpe un solide raidillon qui nous amène 54 mètres plus haut jusque dans la « Salle du Manteau Royal». Une draperie en forme de pagne de chef de tribu hawaïen a donné son nom à cette salle. En 1929 un squelette d’ours des cavernes a été trouvé là. Le spectacle est au rendez-vous, le grand pilier, puis une profusion de concrétions nous attendent, nous déambulons à travers les stalagmites par les passages aménagés en 1929 par Paul DE GRULLY (vice-président de la société spéléologique de France fondée par E . A MARTEL). Plus loin, nous nous trouvons maintenant dans une salle à la base de l’entrée naturelle, « Le Vestibule ». Notre guide nous raconte alors la légende qui a fait l’histoire de la grotte. Quelques marches à descendre et nous nous retrouvons dans la « Salle à Manger » sous le regard intrigué de « la Sorcière ». C’est là que les premiers explorateurs prenaient leur repas avant de poursuivre plus en avant. Plus loin, un passage « étroit » donne accès en haut de la « Salle de la Cathédrale ». La salle que nous découvrons à présent est monumentale, son volume et la richesse de sa décoration lui ont valu le nom de cathédrale souterraine, le spectacle est grandiose ! Depuis « le Balcon des Abimes » se découvre sous nos yeux, une cathédrale de 120 mètres de long, 48 mètres de large et 50 de hauteur. Le spectacle est époustouflant ! En face de nous « le Rideaux aux Milles Colonnes » sépare la « Nef » centrale d’une « Nef » latérale. La promenade se poursuit par une succession d’escaliers. Sur la gauche on aperçoit encore les vestiges des premiers équipements du 18e siècle. On distingue encore un segment de main courante en fer forgé et un petit passage taillé dans la roche surplombant le vide. « Le Pas du Diable ».

Dans la « Salle de la Cathédrale » nous passerons au pied des Grandes Orgues (17 m de hauteur), de la Grande Colonne (35 m de hauteur), la Boule de Neige, puis, depuis un petit belvédère on distingue devant nous une stalagmite d’une blancheur immaculée, on reconnait alors « la Vierge à l’Enfant » de près de 10 m de hauteur. Elle semble avoir été érigée là, au centre de la salle. Nous poursuivons, et, par un petit pont suspendu qui offre un magnifique point de vue sur la profondeur du gouffre nous accédons dans la « Salle de la Musique ». Notre guide va alors faire chanter les pierres en utilisant les draperies comme instruments de percussions. 1h30 sous terre, notre visite est déjà terminée, le temps passe vite, nous y serions restés volontiers encore longtemps, mais il faut à présent emprunter les 300 marches pour descendre vers la sortie. Inlassablement,  le funiculaire à contre sens amène de nouveaux visiteurs.

Nous ferons un passage à la boutique pour acheter des souvenirs et des livres pour le club.

 

Rappel historique de la grotte des demoiselles :

La première visite de la grotte a eu lieu au cours du 18e siècle. En juin 1780, Benoit Joseph MARSOLLIER et son équipe furent les véritables découvreurs de cette cavité.Haut de page

Un siècle plus tard Edouard Alfred MARTEL atteint le fond de la cavité en plus de 10 heures. Il réalise la topographie.

Aménagement de la cavité en 1929 par Paul DE GRULLY. Ouverture au public en 1931

Inauguration officielle en 1932 par Gaston DOUMERGUE Président de la République.

 

 

Jeudi 25 mai

Aven du Lapiaz, Laroque sur le Thaurac (34)

 

Participants

  • ITP : Antoine BOSCHI, Marie GENEVIER, Jean-Claude LA MILZA, Alexia SIMIAN BUISSONNET, Silvain YART

  • Héraultaise : Suzanne

TPST : 3h00

Photos

Une poignée de topi a répondu présent à l'invitation de Suzanne pour visiter une petite cavité bien concrétionnée.

Rendez-vous avec l'héraultaise prés du cimetière de Laroque, puis direction une petite clairière en bout de route. Le temps est beau, il fait même un peu chaud, heureusement la marche d'approche est courte et le lapiaz est rapidement atteint. Le chemin passe près d'un grand trou entouré d'une grille, c'est la belle entrée de l'aven de Perasse.

L'aven du Lapiaz n°3 porte bien son nom, sa petite entrée s'ouvre au beau milieu d'un beau lapiaz typique. Chacun finit de s'habiller sous le soleil et c'est Suzanne qui se charge de l'équipement, un P15 suivi d'un P40.

Pas de grande difficulté si ce n'est le dernier puits, où les frottements sont plus délicats à gérer. Le fond est rapidement atteint, une galerie chaotique suit, la quincaillerie est laissée presqu'au au bout de celle-ci, elle ne sera plus utile.

Pas de suite visible, mais Suzanne enlève une première pierre plate, puis une seconde, et encore d'autres jusqu'à dégager l'entrée d'un passage caché. En effet, le reste de la cavité est très concrétionné et c'est un moyen de la protéger.

Après ce passage étroit, escalade d'un plan incliné puis c'est l'arrivée dans une salle relativement large, mais basse deHaut de page plafond. C'est en rampant ou accroupi que la visite s'effectue, les yeux écarquillés par les magnifiques concrétions qui pendent du plafond ou s'élèvent vers celui-ci. Les flashs crépitent et les topi emmagasinent les images.

Pour le retour, vous prenez l'aller et vous le faites à l'envers !

 

 

 

Jeudi 25 mai

Grotte du Claux, Gornies (34)

 

Participants

  • ITP : Antoine BOSCHI, Wanda COMPARETTI, Jean-Claude DEL BASSO, Albert DEMICHELIS, Jean-Noël DUBOIS, Henri-Pierre FIOCONNI, Marie GENEVIER, Jean-Claude LA MILZA, Francis MARAVAL, Véronique MASSA, Noël RICOVERI, Rémi ROSSIGNOL, Marie-Pierre ROZE, Alexia SIMIAN BUISSONNET, Silvain YART

  • Héraultais : Suzanne, Philippe
     

TPST : 2h30

Photos

 

Aujourd’hui, au programme une sortie quasiment dans le jardin du gîte ! Enfin pas très loin, la cavité se trouve au-dessus du village de Claux, 1,5 km avant d’arriver à la Source des Lutins en venant de Ganges. Nous y serons emmenés par Philippe Galant notre ami spéléo-archéo, connu de tous car ayant participé comme expert à l’opération Monoxyles à Lano. Le rendez-vous sera fixé en début d’après-midi.

Pour certains, JN, Véronique et Oscar en compagnie de leurs amis montpelliérains, ainsi que Henri-Pierre, Wanda et Nala, la matinée sera occupée par une randonnée vers la résurgence de la Vis au fond du cirque de Navacelles. Site magnifique atteint après une marche en terrain plat d’une heure trente environ. On reviendra juste à temps pour casser la croûte rapidement et se préparer pour la grotte.

Claux est un petit village en bord de route et la placette du village est juste assez grande pour contenir les véhicules de ses habitants. On déposera les spéléos et les chauffeurs iront se garer quelques centaines de mètres plus loin. Philippe nous prévient qu’il y a une vingtaine de minutes de grimpette et qu’il faut mieux s’équiper à l’entrée, conseil qui sera suivi par quasiment tout le monde. Tous les topis du camp sont présents.

Pour y arriver on emprunte un sentier qui monte et serpente en lacets dans les bois surplombant le village. Sente bien tracée, seule la fin nécessite de traverser quelques taillis. Nous voilà face à l’entrée, magnifique porche elliptique de 6x2 m. On s’équipe. Mais l’entrée n’est pas là, ce sera la… sortie. Le porche, entrée naturelle et connue depuis fort longtemps permet d’accéder à une grande galerie qui avait servi d’habitat néolithique. Le site a été fouillé depuis 1951 (cf. plus loin dans l’historique) et en 1978, des spéléos curieux (pléonasme) découvrent une suite archéologiquement passionnante dont une branche approche la surface. Après repérages topos et désobstruction, une entrée secondaire est ouverte. C’est par là que nous rentrerons.

Direction à travers le bartas, une centaine de mètres plus à droite et en contrebas, en bordure de thalweg. L’entrée est fermée par une plaque cadenassée, on pénètre dans un boyau terreux semi-vertical de 2-3 m, un peu de ramping et la galerie s’évase. Rapidement on découvre la richesse archéologique du lieu, « le crématorium » (pour plus d’explications, voir la description dans l’historique). On y pénètre par groupe de 3-4, c’est impressionnant d’approcher la préhistoire d’aussi près, « dans son jus ».

La visite se poursuit ensuite par la découverte de restes de céramiques ayant échappés aux campagnes de fouilles, notamment un fond de vase dans un lac de toute beauté. Chacun furète dans les moindres recoins pour faire sa découverte.Haut de page

Puis regroupement et suite de la visite guidée par Philippe, car la cavité est plutôt labyrinthique. Succession d’escalades, de larges galeries, de passages en oppo au-dessus de biefs bien remplis. On est dans une partie spéléo sportive. Une escalade un peu exposée nécessite la mise en place d’une corde d’assurance. Passage dans des galeries fortement érodées, avec lames d’érosions. Philippe nous indiquera la cheminée qualifiée de suite potentielle, car se dirigeant vers le cœur du causse de Blandas avec un changement net de faciès géologique. Ce sera le site de la photo de groupe au milieu de magnifiques spéléothèmes.

Il reste à franchir un lac par oppo ou baignade pour d’autres et nous voilà dans la galerie de sortie (enfin celle qu’on avait appelée d’entrée en arrivant). Déséquipement et retour aux voitures, avant il faut penser à aller refermer la trappe d’entrée, ce sera le travail de Philippe.

Bonne douche au gîte avant de repartir pour une nouvelle bamboula, ce soir c’est chez Philippe, sur le causse au-dessus du cirque de Navacelles, à Blandas.

Pour aller plus loin dans la description de la cavité, ci-dessous une compilation d’articles traitant de l’intérêt archéologique du site :

« La Grotte du Claux[8], [9], [10], [11] (Gorniès, Hérault)

La grotte du Claux s’ouvre dans la pente est du Causse de Blandas entaillé profondément par les gorges de la Vis. Son développement total de 500 m environ comporte diverses difficultés : plans d’eau siphonnants, laisses, puits, cheminées, etc. Dans le porche d’entrée J. Audibert avait effectué un sondage en 1951. En 1965 cette fouille a été reprise et étudiée avec une stratigraphie comportant des niveaux chalcolithiques et néolithiques final à la partie supérieure et à la base des couches d’habitat du Néolithique moyen (chasséen). À 60 m de l’entrée un ensemble de sépultures à inhumations chalcolithique ou néolithique final a été pillé de longue date, et il n’en subsiste que des lambeaux.

Le 17 décembre 1978 les membres du Spéléo-Club alpin languedocien de Montpellier pénètrent dans une galerie inconnue scellée depuis des millénaires, l’un des participants Guy Hodot franchit une étroiture en cheminée à travers une trémie de blocs instables. Au-delà de cet obstacle, 90 m de galerie inconnue sont explorés jusqu’à un terminus qui visiblement doit se trouver près de la surface. Cette portion de cavité est jonchée de céramiques soit intactes, soit diversement fracturées, de plus en divers points des ossements humains sont épars sur le sol associés ou non à de vastes foyers cendreux.

1. Les sépultures. En divers points de la grotte des ossements humains gisent à même le sol, parfois soudés par un voile de concrétion. Ils sont privés de connexion et pour l’instant ne peuvent être associés à du mobilier. Par contre une petite galerie basse abrite un ensemble absolument remarquable. Son entrée est marquée par un robuste mur en pierres sèches. Au fond du cul de sac une petite abside contient un amas d’ossements humains abondamment fumigés que protège une murette grossièrement appareillée. En avant de celle-ci un vaste foyer cendreux occupe le centre de la galerie. L’intensité du feu a complètement noirci les parois et le plafond de cette rotonde qui a ensuite « claqué » sous l’effet de la chaleur et de grandes plaques de calcaire se sont détachées et sont tombées sur le foyer. Actuellement la galerie a ses parois toutes noires et le plafond de roche fraichement détaché est blanc.

2. Les vestiges liés à l’habitat ou à la recherche de l’eau (grotte citerne?). Plus de cent vases reconstituables ou dessinables, de l’industrie lithique, de la parure. Il s’agit essentiellement de vestiges de céramique et de faune. Contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, au Néolithique moyen les Chasséens qui ont intensément habité le porche principal de la grotte n’ont absolument pas fréquenté la partie décrite ici. On peut considérer que la fréquentation de la grotte débute pendant le Néolithique final vers 2 400 BC. On peut conclure à une occupation très importante et majoritaire de la période Néolithique final et Chalcolithique avec les civilisations de Ferrières et de Fontbouisse. À côté des grands vases réservoir à cordons lisses communs à ces deux groupes on rencontre de nombreuses marmites à languettes et cordon unique typiques du Néolithique final caussenard et de nombreux vases carénés, certains avec des décors Fontbouisse particulièrement typiques. Une troisième civilisation de cette période est représentée avec un vase campaniforme biconique à décor d’impressions à la cordelette et un second vase à décor zoné.Haut de page

Trois vases seulement et qui n’ont pas été trouvés groupés sont attribuables à l’Âge du Bronze dont un Bronze final IIA est une urne biconique à col éversé avec des cannelures obliques sur la panse.

La faune relativement abondante comprend diverses espèces domestiques, du cerf et surtout, élément le plus original, de grandes quantités de plaques de carapaces de tortues. Cet animal est connu en milieu chalcolithique mais aucun gisement n’en a fourni autant que la grotte de Claux. »

 

Visite photographique : http://p.prince.free.fr/pages/grotteduclaux.htm

Autre lien : http://jeanarnal.byethost5.com/grotte-citerne-du-claux/?i=1

 

 

 

Vendredi 26 mai

Aven du Bois du Bac, Brissac (34)

 

Participants

  • ITP : Antoine BOSCHI, Wanda COMPARETTI, Albert DEMICHELIS, Jean-Noël DUBOIS, Henri-Pierre FIOCONNI, Marie GENEVIER, Jean-Claude LA MILZA, Francis MARAVAL, Noël RICOVERI, Marie-Pierre ROZE, Alexia SIMIAN BUISSONNET, Silvain YART

 

TPST : 3 à 5h00

Photos

 

Aujourd’hui, dernière sortie collective avant le grand barnum. Enfin presque tout le collectif, JCD est reparti en famille, Rémi a fait le choix de la grotte touristique et Véronique a également opté pour du tourisme.

Le choix s’est porté sur une cavité sans grandes difficultés, l’Aven du Bois du Bac N°1, visitée en 1995 lors du Camp Séranne, et donc (en principe) connue par JC, JN et Francis. La suite nous démontrera que nos anciens ont quelques prémices d’Alzheimer…

Ce sera également l’occasion pour JN de poser les cardiofréquencemètres pour compléter l’étude de la CoMed. La cavité s’y prête, remontées de puits, passages de fractios plein pot, ce sera bon pour le cœur… La difficulté est qu’il y a neuf enregistreurs et JN sera seul pour suivre ce petit monde. Il va falloir s’organiser pour rester à vue ou au moins à portée de voix des cobayes pour noter leur progression.

Devant accompagner Véronique pour quelques courses urgentes, JN se fera déposer plus tard pour rejoindre l’équipe. Après quelques cafouillages pour trouver l’entrée de l’ancienne draille sur la nouvelle route de Montpellier, JN finit par se retrouver au parking des véhicules. Véronique peut partir en balade.

Heureusement le portable passe et les copains peuvent le guider jusqu’à l’aire de piquenique. En fait c’est tout droit, il suffit de suivre la piste, et de grimper sous un soleil de plomb… Les agapes ont commencé à l’ombre des genévriers.

Midi trente, début de l’habillage et pose des cardios. Une équipe partie en reconnaissance a trouvé le trou, ce sera moins long qu’en 95 où on avait mis 30 mn pour trouver le sentier puis 45 mn pour que JCL débusque l’entrée au milieu du bartas (le maquis local). En 10-15 mn on se retrouve au bord de l’entrée. Magnifique aven d’effondrement d’une dizaine de mètres de diamètre, le départ se présente sous forme d’un plan incliné à 45° sur ses deux tiers puis une dizaine de mètres sur 60°, après c’est du plein vide. Mais nos anciens ne reconnaissent rien…Haut de page

Deux voies avec amarrage sur gros chênes peuvent être installées, Silvain puis Noël s’y collent, il est 13 h 15. On attendra bien sagement à l’ombre des chênes. À 14 h, le feu vert est donné par les équipeurs pour lâcher les fauves qui bouillonnent d’impatience, en fait ça somnole un peu ! Le choix des voies se fera à la roulette russe, au niveau du plan incliné, les conditions sont identiques, c’est après que ça diffère.

Voie de gauche, vers le fond, une MC et un fractio plein pot et une dèv un peu physique puis 25 m de plein pot. Voie de droite, MC puis fractios contre paroi. On alternera débutants et encadrants. À 15 h, Wanda et Antoine qui ferment la marche sont en bas du P45, tout le monde s’en est bien sorti.

En bas, un cône d’éboulis amène à un passage bas surmonté d’une lucarne. Au-delà les équipeurs préparent la suite, une escalade de 5 m à équiper, puis une belle MC de plusieurs mètres en pente au milieu des concrétions, de belles colonnes, et nous voilà en haut du P8. Fractio un peu technique car derrière une lame et plein pot. Un peu d’attente mais l’ambiance est à la bonne humeur. Trou agréable, sec et sans courant d’air. À 16 h 20, les derniers sont en bas du P8, une belle salle suivie d’une remontée sur coulée et le haut du P15.

Silvain, JC, Marie et Francis sont déjà en bas partis pour découvrir la suite. Pour accéder au départ du P15, il faut emprunter une MC longeant la paroi en demi-cercle puis aller chercher la corde déportée plein vide. Noël puis Albert se lancent mais le balancement d’Albert semble un peu inquiéter Alexia et nos débutants. Un front de refus se dessine, ils décident d’en rester là. Antoine rejoint l’équipe du fond laissant Wanda rejoindre la troupe des frondeurs.

JN ne voulant pas abandonner ses cobayes débutants (ce sont les plus intéressants pour l’évaluation du travail cardiaque) reste à leur côté. Noël puis Albert remontent le P15 pour encadrer. Chemin du retour : P8/MC/descente E5/passage bas et nous voilà à la base du P45. Henri-Pierre sera un des premiers à sortir, à 17 h 30 il sera dehors. Là aussi pour la remontée, c’est la roulette russe, si possible on essaie de changer de voie par rapport à la descente mais certains oublieront et pesteront contre la dèv’ plein pot…

Pendant ce temps, le quatuor des djeun's, Marie, Silvain, Anto et l'intrus JC continuent la descente, ils veulent aller au fond ! Le P15 crève le plafond d'une belle salle concrétionnée. Celle-ci se poursuit en plan incliné, le départ du P25 final se trouve sur la paroi opposée. Puits relativement étroit et biscornu, pas facile à équiper, des spits un peu partout mais pas tous bons, c'est Marie qui s'y colle. La partie finale est heureusement plus large et finit encore une fois dans une belle salle concrétionnée. Un petit lac, des gours remplis d'eau, un ilot de stalagmites, il n'en faut pas plus pour prendre une photo de groupe, avec la ... bandera qui n'aura pas été oubliée cette fois-ci !Haut de page

Encore une petite désescalade et c'est le fond de la cavité à -108 m.

Remontée tranquille et jonction avec le reste de l'équipe en bas du P45. Marie déséquipe le fond, Anto et JC se chargent des 2 voies du puits d'entrée.

Dans l’ensemble, pas trop d’attente et belles remontées de nos débutants. À 18 h 42, Antoine sera le dernier à sortir. 19 h, tout le monde est aux voitures. Demain rude journée.

JN, JC

 

 

Aven du Bois du Bac

 

 

Samedi 27 mai

Spéléo, exercice secours SSF

Aven de la Potence, Viols le Fort (34)

 

Participants

  • ITP : Antoine BOSCHI, Wanda COMPARETTI, Jean-Claude DEL BASSO, Albert DEMICHELIS, Jean-Noël DUBOIS, Henri-Pierre FIOCONNI, Marie GENEVIER, Jean-Claude LA MILZA, Francis MARAVAL, Véronique MASSA, Noël RICOVERI, Rémi ROSSIGNOL, Marie-Pierre ROZE, Alexia SIMIAN BUISSONNET, Silvain YART

  • Héraultais : Didier, Gérard, Aline, Jean-Michel, Laurent, Stéphane, Nicolas, Franck, Delphine, Suzanne, Laurence, Claudie, … ? ? ?

 

TPST : 3h45 à 11h30

Photos

 

La vision de JN

 

La semaine spéléo va s’achever par un barnum secours où l’on retrouvera les participants à l’exercice réalisé en Corse l’an passé, ainsi que d’autres membres du SSF venus du Gard et de Lozère. On sait que la cavité choisie est l’Aven de la Potence, un -178 m, composé d’un beau puits de 28 m d’entrée puis d’une série de petits puits et ressauts et à nouveau des P37 et P30 pour terminer. Cela ressemble un peu à Ghisoni.

Rendez-vous à Viols le Fort à 40 km du gîte pour 9 h. Une belle piste nous amène sur le site du barnum, la logistique SSF est déjà en place, tentes, remorque matériel, balisage, on est vite dans le bain. À peine arrivé, on recherche déjà le toubib pour l’équipe ASV ; tout juste le temps de saluer les têtes connues du CT du SSF et me voilà réquisitionné. Le chef d’équipe sera Laurent, CTD Lozère, une pointure, accompagné de Gérard du SCM et un jeune, dont j’ai oublié le prénom.

Habillage, enregistrement à l’accueil où opèrent déjà Francis et Noël, arrêt à la tente pour récupérer boissons et sandwiches auprès de Véronique, Marie-Pierre et Henri-Pierre qui sont déjà aux fourneaux et nous voilà installés avec Jean-Claude à l’arrière d’un 4x4 pour se rendre au départ du sentier pour la cavité à un bon kilomètre de là, il est 9 h 30. On sait maintenant que l’accident a eu lieu à la côte -138, en bas d’un P37 et qu’il s’agit probablement d’une fracture de cheville. Ce qui sera confirmé par la victime qui nous accompagne… C’est un exercice, donc la victime, Mireille, part avec l’équipe ASV. JCL fera partie de l’équipe de reconnaissance censée rapporter des informations sur les contraintes d’équipement secours à prévoir, il nous accompagnera jusqu’au lieu de l’accident.Haut de page

Nous voilà au départ du sentier, une petite grimpette dans le bartas puis une progression en zone plus plane pour arriver au bord du trou en une vingtaine de minutes, il est environ 10 h. Magnifique puits cylindrique de 28 m de profondeur, au fond un cône d’éboulis, un moment d’égarement pour les premiers puis on trouve la bonne suite derrière un bombement rocheux. Succession de ressauts de quelques mètres qui sont équipés, pas toujours beaucoup de mou pour la descente mais on s’en sort. Quelques mètres d’horizontale sans corde et un toboggan de 20 m équipé. Progression facile.

Arrive la zone des puits, un P14 au départ rastèg, ils vont s’amuser pour la civière, puis le P37 que l’on ne descendra pas jusqu’au fond, aux deux tiers je rejoins le groupe au niveau d’une belle lucarne. Une dernière tirée d’une dizaine de mètres et me voilà sur site. Arrivée directe et prudente sur la victime… Elle est allongée au bas du puits, Laurent est déjà à son chevet. La zone n’est pas très engageante, une aire de 4x2 m en dévers, avec un point bas humide voire boueux, les parois ruissellent. Gérard suit derrière et à peine arrivé, il prend les choses en mains avec le jeune pour installer un point chaud.

Au point haut de l’aire de chute, vers la suite de la cavité, il y a un replat de 2 m de long et à peine 1 m de large et en léger dévers. En tout juste un quart d’heure, le point chaud est réalisé, clous, ficelles, pinces à linge, Gérard est un as ! Pendant ce temps je m’occupe avec Laurent à réaliser le bilan de la victime. Conscience, respiration, état cardiovasculaire tout est bon, on est face à une fracture vraisemblable de la cheville gauche, il est 11 h 30. On décide de bloquer la cheville par une attelle et de la déplacer vers le point chaud.

Pendant ce temps le jeune remontera le bilan vers la surface. Victime bien installée sur le matelas et dans le duvet, Laurent à son chevet, il n’y a qu’une seule place ; on reste à l’extérieur avec Gérard. Pour le chauffage on restera au traditionnel, les bougies. On évoque les nouvelles bougies à base de paraffine que Laurent déconseille car finalement elles produisent pas mal de CO2. Gérard est déjà aux fourneaux pour une bonne boisson chaude. Deuxième bilan de la victime, toujours satisfaisant.

Bientôt arrive l’équipe téléphone avec JCD qui apporte un peu de réconfort dans son kit, une bonne bouteille des topis… il est 13 h. On peut échanger facilement avec la surface. Les choses devraient s’accélérer, les équipes rentrer dans le trou et installer les balanciers. Vers 16 h le top départ devrait être lancé. En attendant il faut tuer le temps. L’équipe téléphone remonte, on n’aura quand même pas bu toute la bouteille, Gérard et Laurent suivent pour étoffer les équipes, le toubib reste seul auprès de la victime. On papote un peu, Mireille est la petite fille d’Edmond Millau qui a découvert l’Aven de la Leicasse et qui a donné son nom à sa grande salle. Puis elle s’endort.

Le froid s’installe rapidement quand on ne bouge pas, impossible de s’asseoir car les parois sont trop humides. Le temps passe, un petit coup de téléphone de temps en temps, bilan stable, on exagère un peu l’importance de la douleur pour accélérer les équipements mais je doute que cela ait de l’influence. Puis arrive le conjoint de la victime, accompagné de Georges le photographe, Pierre le moustachu du Gard, un copain de Jean-Pierre et Laurent. On se sent moins seuls.

Enfin l’évacuation est prévue pour 17 h, on commence à installer Mireille dans la civière, puis à désinstaller le point chaud. 17 h 20 la civière décolle accompagnée de Laurent, je reste seul un moment et Antoine arrive, il sera chargé du déséquipement. Fin du rangement, fixation des trois kits ASV qui seront remontés du haut des puits et c’est la remontée, il doit être 18 h.

Regroupement à la lucarne, je suis Georges et Antoine déséquipe derrière. La remontée est tranquille, ça bouchonne au-dessus. Longue halte en haut du P14 avant d’aborder le toboggan puis tout s’enchaîne jusqu’en bas du P28, il est 20 h 15. Ce puits est équipé en triple ce qui accélère les sorties. Air libre vers 20 h 30, il fait encore jour. On reste encore un peu à papoter à la sortie du trou puis on reprend le sentier avec Georges, il est presque 21 h 15 et la nuit tombe.

On retrouve le 4x4 mais il faut attendre d’autres sortants pour éviter de multiplier les navettes. Finalement on se décide à partir à pied et on sera rejoints à quelques centaines de mètres de la zone du barnum, on finira sur les marchepieds. Dernière obligation, se signaler à l’accueil puis se changer, il est presque 22 h. Au total une sortie de 12 heures avec un TPST de 10 heures trente.Haut de page

Les agapes qui suivront seront mémorables et le retour au gîte nécessitera un changement de conducteur…

JN

 

La vision JCL

Ils sont devins au SSF34, en prévision de l’accident qui va se dérouler dans la Potence, des équipes de reconnaissance sont constituées afin d’anticiper les équipements à prévoir pour sortir la victime. A peine inscrit, JCL est avisé de sa mission : chef de l’équipe du fond avec Nicolas du SSF34, ils devront reconnaitre le parcours depuis la victime jusqu’en haut du P14. Ils sont ainsi transportés comme du bétail jusqu’au début du chemin d’accès, à l’arrière d’un vieux Land à bout de souffle. Un quart d’heure de marche et voilà la belle entrée, un plan incliné suivi du beau et large P28.

En plus de la reconnaissance, cette équipe devra modifier l’équipement final. En effet, par on ne sait quel miracle, la victime se blessera dans un puits parallèle à celui qui était équipé. La corde du dernier puits est donc remontée et passée dans ce puits par une lucarne intermédiaire, ce qui aura pour effet de corser l’équipement secours, normal ...

C’est JCL qui s’en charge, pose de 2 plaquettes, non sans mal, un des spits est bouché et en essayant de « tarauder » celui-ci avec le dégorgeoir de Nico, JCL s’y appuie un peu trop et casse le taraud dans le spit, du verre ! Il faut dire que la position n’est pas des plus confortable pour les petites pattes, en opposition en haut du puits. Nico finit par récupérer le perfo de l’équipe de reconnaissance supérieure et plante un nouveau spit. Il était temps, la victime, là aussi précédée par l’équipe ASV, arrive et pourra ainsi se blesser confortablement au point prévu.

La reconnaissance continue en remontant jusqu’en haut du P14 précédent le P37, fin de leur mission. Remontée en surface pour le rapport et après concertation avec les différents CT avisés, il est décidé d’un atelier contrepoids pour le puits après la lucarne et un autre pour le P14 et le P37 jusqu’à cette lucarne. Trois poulies de déviation seront nécessaires, le contrepoids devra faire son poids !

Tout juste le temps de se rassasier et les équipes sont reconstituées. Nico en chef d’équipe, JCL en équipier, Anto régulateur du 1er atelier et Marie régulatrice du 2ème. En contrepoids les 98 kg de Gérard seront bien nécessaires pour cet atelier !Haut de page

La civière décolle, aucun problème pour le 1er contrepoids. Comme prévu, reprise de charge difficile, JCL qui est à la poulie largable de la lucarne aide en tirant sur les brins. Une fois la 1ère poulie larguée, la traction se fait plus facilement. JCL se transforme en accompagnateur et largue les autres poulies en passant. Tout se passe bien jusqu’à l’étroiture du P14. JCL se positionne dans une alcôve juste sous celle-ci pour dévier manuellement la civière, mais la traction tire celle-ci vers la partie la plus étroite et impossible à lui seul de guider la civière. Il faudra l’aide de JCD en haut et du compagnon de la victime en bas pour obliger la civière à suivre le cheminement en baïonnette. Le casque de la victime frôle la paroi, les pieds aussi, ça passe au millimètre !

JCL continue plus ou moins l’accompagnement jusqu’à la sortie, il participera avec Wanda, Nono et Francis au portage dans le cône d’éboulis, et à la transition entre le dernier atelier contrepoids et la surface.

 

Aven de la Potence (Exercice secours)

 Planning exercice secours

 

 

 

Les extras

 

 

Dimanche 21 mai

 

Photos

 

Soirée d'accueil organisée par les héraultais sur l'esplanade devant la grotte des Lauriers. Grillades et de quoi étancher la soif sont à profusion, plus l'intarissable Jacky qui racontera de long en large l'histoire de la cavité et bien d'autres choses encore !

 

 

Jeudi 25 mai

 

Photos

 

Cette fois-ci c'est Philippe et sa femme qui nous accueillent chez eux pour une mémorable soirée grillades bienHaut de page arrosée ! Joli panel de pastis que certains auront bien appréciés !

Retour tardif au gite, le lendemain c'est spéléo, encore !

 

 

Samedi 27 mai

 

Soirée d'après-barnum et de fin de camp. Bien arrosée là aussi avec les traditionnelles grillades. Les topi apportent leur dernières cartouches, muscat, Pietra, etcetera ...

 

 

 

Les impressions

 

JCLHaut de page

JCLVoilà venu le moment de coucher quelques lignes sur les impressions personnelles !
A propos de coucher, il faut d’abord accoucher du compte-rendu, le travail n’a jamais été aussi long, il aura fallu presque un an pour que le bébé naisse !

Vu le nombre de participants (15), on pouvait craindre quelques soucis lors de la visite des cavités. En fait tout s’est bien déroulé, 2 équipes se sont formées de façon naturelle et chacun a pu pratiquer à son niveau. Nono s’est en quelque sorte sacrifié (tendinite oblige) et a pu encadrer les sorties « lights ». On peut quand même noter que tout le monde a pu se retrouver pour 6 des 14 cavités visitées.

Les moments marquants : bien sûr les grands puits, Bises 2, Leicasse, ils sont source d’adrénaline et c’est pas tous les jours qu’on peut en descendre de plus de 100 m ! La superbe traversée du Pic St Loup, là aussi de l’inhabituel pour nous.Poteau Michelin
Il ne faut pas oublier également les soirées conviviales, l’exercice secours et la rencontre avec nos collègues héraultais. Sans leur aide, nous n’aurions peut-être pas pu vu voir l’immense salle Milhau et la galerie du Tac o Tac, ou les magnifiques concrétions du Lapiaz.

Un regret tout de même, ne pas avoir pu visiter l’abime de Rabanel, trou mythique des causses nord-montpelliérains, peut-être le seul gouffre non touristique à être indiqué par une borne Michelin, aucun souci pour le trouver ! Il faut dire que Martel y a établi un record mondial de profondeur à son époque. Ce sera peut-être pour un prochain camp … ou une autre vie.

La météo a aussi bien aidé pour faire de ce camp un bon millésime, grand soleil du premier au dernier jour !

 


 

NoëlHaut de page

La spéléo dans le département de l’Hérault était pour moi une nouveauté. Bien que diminué physiquement j’ai tenu à participer à ce camp. (Une douleur persistante au niveau de l’avant bras gauche m’a beaucoup handicapé).

J’ai beaucoup apprécié la région. Comme d’ habitude, les régions calcaires exercent un attrait inexplicable sur les passionnés de spéléologie. Le département de l’Hérault entre dans cette catégorie.

Le gîte, localisé au Grenouillet, à proximité de Ganges n’était pas très fonctionnel ni très confortable. Néanmoins, la grande demeure érigée au bord de la rivière La Vis a permis de nous regrouper tous ensemble pendant cette semaine.

Le choix des cavités établi avant notre départ a été respecté, chacun a pu y trouver satisfaction. Les plus en forme ont pu réaliser de belles explorations profondes ; les moins en forme et « l’invalide» que je suis, se sont aussi régalés dans des cavités à leur mesure.

L’accueil des spéléos héraultais a été véritablement remarquable. Tout d’abord pour leurs disponibilités quotidiennes pour nous accompagner et nous guider lors de nos explorations souterraines. Puis, par leur générosité lors des banquets pris en commun. Je retiens le premier barbecue partagé à la sortie de l’aven du Maire, la soirée sur le causse Blandas chez Philippe Galant et le repas qui nous a tous réunis à l’issue de l’exercice secours.

Et puis, pour la première fois lors d’un camp, nous avons participé à un exercice spéléo-secours. L’organisation a permis la mixité des équipes du Gard, de l’Hérault et de la Corse. Je pense que cela est gratifiant pour nous, et redonne confiance au groupe SSF de notre région.

Je termine par une pensée respectueuse pour Jacky qui, animé par une passion sans limites, nous a permis de visiter SA GROTTE des Lauriers en véritable amoureux du monde souterrain.

Jean-Claude, …….. le pic St Loup, c’était une bonne idée ……

 


 

AlexiaHaut de page

C’était ma première participation à un camp spéléo. Le fait d’adapter les cavités en fonction des différents niveaux des participants a été une bonne chose. J’ai pu ainsi en profiter pour battre mon record de profondeur dans l’Aven de la Bise (– 140 m). Aven dans lequel je garde le souvenir du grand puits et de l’extraordinaire rivière qui coule dans la grande galerie. La descente dans l’aven du pic St Loup et ses nombreux rappels successifs a été aussi un grand moment.

Le gite des lutins du Grenouillet nous a permis d’être tous ensemble pour toute la durée du camp, nous avons eu ainsi une bonne cohésion de groupe. C’était une bonne idée.

Nous avons été très bien reçus par les spéléos héraultais qui se sont rendus disponibles. Il a régné une très bonne ambiance entre nous et les nombreux repas partagés tous ensemble en sont une belle preuve. Nous avons été privilégiés lors de la visite de la Grotte des Lauriers.

J’ai beaucoup apprécié la région et j’y retournerai volontiers pour faire de la rando ou du VTT.

L’exercice secours m’a permis de réaliser ma première intervention souterraine, j’ai ressenti que la coopération de tous était indispensable au bon déroulement d’un secours. Cela m’a donné envie de m’investir au niveau de mon département.

À quand le prochain camp ?

 


 

 

 

Les bilans

 

Calculs des écots, profondeurs, TPST :Haut de page

 

Usine à gaz en Excel

Usine à gaz en PDF

 

 

Un peu de géologie

 

Les massifs karstiques de la région de Montpellier

Jean-Frédéric BRUN, Jean-Paul PALOC et Jean-Claude MICHAVILA*

(Spelunca n°22, avril-juin 1986, p. 29-33)

 

* Membres du Groupe d’Etudes et de Recherches Spéléologiques et Archéologiques de Montpellier (GERSAM)

34000 Montpellier

 

Prolongeant au sud la région des Grands Causses, les garrigues montpelliéraines forment un moutonnement pittoresque et sauvage de collines calcaires peu élevées, s’abaissant en gradins jusqu’à la Méditerranée. Si Martel les délaissa un peu, d’autres pionniers y ont attaché leur nom :
Marsollier de Vivetières, Marcel de Serres, Ferrasse, Gennevaux... De Joly et Gèze les étudièrent en détail, suivis dans l’après-guerre par de nombreux clubs sur la lancée du S.C. Montpellier (Maurice Laurès).

On y dénombre aujourd’hui plus de 3800 cavités, et chaque année apporte son lot de découvertes. Cette petite mise au point voudrait faciliter l’abord de l’immense documentation actuellement accumulée sur le sujet.

Les « petits causses languedociens », continuation méridionale des Causses Majeurs, leur ressemblent par plusieurs aspects :

  • lithologie : ils sont composés essentiellement de sédiments marins jurassiques. Le Crétacé, qui forme l’essentiel des garrigues nîmoises, n’occupe pas ici une surface importante. Localement, des calcaires lacustres transgressifs sur le Jurassique témoignent d’une sédimentation éocène ;

  • géomorphologie : Selon E. Coulet (4), deux phases érosives ont nivelé l’ensemble. Une haute surface résiduelle («monad-nocks») serait oligocène (Sannoisien). La surface fondamentale omniprésente serait oligomiocène. Deux épisodes glyptogéniques ultérieurs (Pontien et Villafranchien) ont retouché ces surfaces et l’érosion quaternaire y a taraudé de profonds canyons ;Haut de page

  • karstologie : si des creusements très anciens ont pu être mis en évidence (paléokarst jurassique des Malines, cycle crétacé des bauxites, phosphorites oligocènes...), les conduits aujourd’hui explorables sont néogènes et quaternaires. Ils résultent de plusieurs épisodes érosifs distincts qui leur confèrent une morphologie complexe, polygénique ;

  • tectonique : plus plissée et plus faillée que le bloc caussenard, cette zone est, comme lui, compartimentée en gradins par un système de plis-failles O-SO et zébrée par les faisceaux subméridiens oligocènes.

 

I. LES KARSTS DU SOCLE PRIMAIRE

 

Prolongeant les unités paléozoïques (15, 55) du Bitterrois et du Saint-Ponais, on trouve entre Saint-Gervais-sur-Mare (70) et Lodève (46) quelques lambeaux de Primaire : le grand aven du Mont Marcou (-330) s’y ouvre. Vers Le Vigan, R. Roux (16, 62) a exploré 35 cavités dans la dolomie cambrienne, remarquables par leurs remplissages : magnifiques concrétions, dépôts uranifères. Au Secondaire, ce socle était échancré en un vaste golfe entre Lodève et Le Vigan, où se sont déposés les sédiments marins et lacustres qui allaient former les plateaux que nous allons décrire maintenant.

 

II. LA REGION MERIDIONALE DES CAUSSES

 

Le Larzac nord se clive en deux aquifères superposés, séparés par le mur imperméable du Lias. La zone supérieure forme une sorte de château d’eau suspendu, bordé d’exsurgences (Cabane, Sorgues, Mouline, Durzon, Espérelle, Boundoulaou) auxquelles plongées et pompages ont redonné une certaine actualité. Le plateau, peu épais par endroits, est alors propice aux lacs temporaires (par engorgement plus qu’extravasement : zone des Rives à Cornus) mais sur un axe Nant-l’Hospitalet et sur le Guilhaumard (50), les avens y atteignent 100 à 160 m (Mas Raynal, Lutèce, Portalerie, Trois Gorges, Fondude, Gabriélou...). L’aquifère inférieur (dolomies hettangiennes et sinémuriennes) est décapé de sa couverture de marnes sur les bordures où il forme les avants causses du Larzac, riches en réseaux actifs d’allure jeune et en avens tectoniques (13,45,53,54).

 

Le Larzac sud présente une plus grande puissance karstique puisque le Lias, peu épais ou absent, s’y laisse traverser par les conduits. La dénivelée du réseau Vitalis-Clamouse, prouvée par coloration, atteint 700 m. Mais il a fallu attendre les années 1980 pour y atteindre les -200 (avens du Cochon, des Huttes, du Saut du Lièvre).

Le Larzac a fait l’objet de nombreuses monographies. Salvayre (51) y dénombrait 408 cavités, mais ce nombre a été depuis plus que doublé (7, 10, 12, 13, 16, 18, 37, 39, 40, 43, 44, 46, 47, 50, 51, 53, 54, 62, 66, 72, 77, 78, 79, 80).

Satellites du Larzac, le Campestre (50 km2, 68 cavités connues 7, 16, 39, 60, 72, 76, 80) et le Causse de Blandas-Montdardier (150 km2 et 220 cavités recensées) ne sont plus clivés en deux aquifères par le Lias, mais le Callovo-Oxfordien y crée des niveaux suspendus. Le Causse de Blandas, où R. de Joly fit ses premières armes, a été particulièrement prospecté par Henri Paloc (39, 40, 41, 72, 74, 78, 80) et René Roux (16, 39, 41, 62, 66, 80).

Ce dernier annonce depuis 1970 une monographie mais les découvertes successives retardent sa parution (10, 11, 16, 60, 62, 66, 71, 72, 76, 80). Le Pic d’Anjeau (71,72, 77, 79, 60, 62, 66) et le petit Causse de Gourdon (36, 57) prolongent à l’E cet ensemble.Haut de page

 

III. L’AIRE ANTICLINORIALE DE LA BUÈGES

 

C’est le plus haut gradin des garrigues (4), se raccordant au Larzac par les crêtes de la Séranne, que le diatrophisme plioquaternaire a élevé jusqu’à 942 m (Roc Blanc).

 

1.   La Séranne est une chaîne de 20 km dont Martel, après l’exploration de Rabanel, avait prophétisé l’intérêt spéléologique. Ce n’est qu’en 1983 que la cote -200 y fut dépassée (aven de la Leicasse).

L’extrémité N de la chaîne ou Bois de Mont-mal (13 km2) fut prospectée il y a 30 ans à l’occasion d’une intense exploitation forestière et le SCAL y découvrit une quinzaine d’avens de 15 à 80 m aujourd’hui introuvables (39, 80, 76). Actuellement couvert d’une jungle inextricable, ce secteur contient environ 25 cavités identifiées, parfois grandioses (Trémolet, Devèze de Barrai, Tourtelèvre...) (65, 75).

Le massif du Roc Blanc, plus au sud, est une étroite langue calcaire criblée de gouffres. Les réseaux horizontaux (Rodel, Gorniès, Grenouillet...) sont sur le versant NE mais leurs eaux sont capturées par les résurgences d’allure jeune du versant SE (Brissac, encore impénétrée, et le Garrel long de 5618 m), ainsi que l’a démontré D. Caumont après d’élégantes colorations (1, 2).

La Séranne méridionale se trouve en continuité avec le Larzac sud dont elle verrouille l’horizon. Elle donne alors naissance à la rivière Buèges, par une belle résurgence, non pénétrable, qui faisait déjà rêver Martel (7). La Foux de la Buèges draine une vaste étendue riche en gouffres (Couchant, Puech Haou, Grelot, Mas de Gay, Sott Manit, Fouillac, Puech Agut), où les antiques rivières néogènes qui serpentaient sur le causse ont laissé les vestiges fossilisés, imposants, de leurs cours souterrains d’alors. La récente découverte de l’aven de la Leicasse a confirmé l’intérêt particulier de ce secteur.

On connaît environ 250 cavités sur la Séranne. Beaucoup répertoriées par le CLPA de Montpellier, sont encore inédites. Paloc (39) en dénombrait 110.


2.  
Les monts de Saint-Guilhem (70 km2) sont un vestige de la haute surface, disséqué par des combes escarpées. Ils prolongent au SO la Séranne et on y dénombre 170 cavités groupées en trois bassins tributaires de l’Hérault : le Cabrier et ses trop-pleins (grotte et boulidou du Sergent) recevant leurs eaux du Roc de la Vigne (aven de Belle Aure) et du plateau du Masd’Agre ; le Verdus (qui arrose Saint-Guilhem-le-Désert); et surtout Clamouse, dont les 4000 m explorés ne sont que le fragment aval d’un réseau issu du Larzac, 700 m plus haut, à 12 km de là, dans la région de la Vacquerie où de nombreux avens prometteurs (Vitalis, Fonctionnaire, Vacquerie, Fariol, Valise, Serge) livrent peu à peu leurs secrets.

C’est au SCAL que l’on doit l’essentiel de la littérature relative aux monts de Saint-Guilhem (24, 60, 73, 76, 80). Le G.S. Montpeyroux, en y dépassant (aven de la Capitelle) la cote -400 en 1985, a montré combien ce secteur reste riche en promesses.

 

3.   Le Causse de la Selle est un plateau de 25 km2, largement aplani par un paléo-Hérault miocène qui y a laissé des tronçons de galeries accessibles (avens de la Bergerie de Marrou, de Merle...). On n’y connaissait que 40 cavités (16, 24, 39, 59, 60, 62, 68, 71,73, 74, 76, 77, 80) mais après 1975 les Gignacois du GERSAM ont porté à plus de 100 ce nombre : un prochain inventaire est annoncé (60, 62, 80). Le causse, dont les limites sont celles de la commune du même nom, est drainé par une série d’exsurgences de rive droite de l’Hérault (Randonnière, Pont de Bertrand, Alibert, Marrou, Gaëtan, Merle, Tunnel sous la Route, Baume Noué, Tympan...), et surtout par le beau système vauclusien de Cent Fonts où résurge la Buèges, perdue dans les fissures du karst peu après sa naissance des flancs de la Séranne (5).

La région de la Sellette (80 km2) allonge ses 20 km de crêtes (lambeau de la haute surface culminant à 530 m) en rive gauche de l’Hérault face au causse précédent. Les premiers travaux de B. Gèze (64, 65) ont été suivis par une intense prospection (16, 24, 31, 32, 33, 39, 44, 68, 69, 71,73, 74, 76, 77, 78, 79, 80, 62, 60), où se sont illustrées toutes les équipes locales. On y connaît aujourd’hui 370 cavités, dont 332 décrites dans une monographie, exemplaire à tout point de vue, de J.-L. Galéra (33). Le nombre de cavités ne cesse de croître, les spéléologues rêvant d’accéder aux deux réseaux impénétrés du massif : les Fontanilles et le Lamalou Souterrain. Quelques avens grandioses (Potence, Claude, Signal de Puéchabon) et la grotte Véronique, étroite et austère, longue de 4400 m, rendent déjà cette zone bien attrayante.

 

IV. LES HAUTES GARRIGUES DU PAYS DE GANGES

 

1.   Rive droite du Lamalou, bois de Mounié et plaine de Pompignan

Le quadrilatère jurassique situé entre Hérault, Lamalou et les bassins sédimentaires de Montoulieu et Pompignan est couvert d’une végétation si inextricable, par endroits, qu’un vieux dicton prétend que l’on peut se rendre de Ferrières-les-Verréries à Saint-Bauzille-de-Putois sans toucher le sol, en cheminant d’arbre en arbre. Cette zone de 60 km2 est appelée par Maurice Laurès (68, 69, 70, 71, 72) rive Droite du Lamalou, tandis que Bancal la dénomme bois de Mounié (58). C’est ce dernier nom qui a prévalu. Dubois, Duglery et Liautaud (29) en ont donné une monographie dénombrant 200 cavités. On en connaît aujourd’hui 210, dont quelques avens profonds (Bois du Bac, Pierre) et le drainage essentiel se fait vers l’Hérault et son affluent l’Alzon (sources de la Vernède, du Mas de Banal, du Cayla, des Baoutes).

La plaine de Pompignan (23, 29, 49) est annexée par Dubois (29) à ce massif. Sa principale cavité, le complexe Bégué-Ponchon-Combe-Fumaire a fait récemment l’objet de travaux du S.C. Arlaten (11).

2.   Le Thaurac (5 km2) est une enclave karstique surgissant au sein de terrains imperméables entre deux failles inverses. Nous y avons dénombré 210 cavités en 1983 (20) groupées dans deux secteurs : le synclinal de Moulin-Neuf (la célèbre grotte des Demoiselles et ses cavités satellites, décrits par Martel, et dominant la source de l’Aiguille) et le système des Soumettes (aven des Lauriers) (7, 12, 14, 16, 17, 20, 5, 30, 38, 39, 40, 57, 58, 59, 60, 62, 67, 76, 79, 80).

Le Causse d’Agonès (2,5 km2) prolonge ce massif en rive droite de l’Hérault et on y dénombre 35 cavités (39, 62, 58, 75, 76).Haut de page

3.   Au nord de Ganges le karst jurassique émerge d’une couverture crétacée imperméable pour former une structure monoclinale : le Ranc de Banes (15 km2) où les Gangeois et les Suménois ont signalé 70 cavités (39, 57, 59) dont le Trou-Fumant de l’Olivier et l’aven du Pas de Madame (11,12). Le Mont Méjean (2,5 km2), culminant à 531 m) prolonge à l’O ce massif dont il est séparé par les gorges de Rieutord (1) : il alimente quelques résurgences de rive gauche de l’Hérault et on y connaît des grottes magnifiquement décorées (Deux Fours, Mas de la Jarre, Mines de Ganges). Elles n’ont pas, bien sûr, échappé aux vandales (16, 39, 57, 75).

4.   Le bassin supérieur du Vidourle prolonge à l’E ces formations. Ce fleuve côtier et ses affluents (Riumassel, Crespénou) y ont formé une plaine où ils serpentent, alimentant un karst noyé tributaire des sources de Sauve et du Lez. J. du Cailar en donna une monographie (22) qui fait encore référence. Eric Puech en prépare un nouvel inventaire, des travaux récents (62, 76, 80) ayant complété la connaissance de ce secteur.

Des reliefs bordiers encadrent la plaine du Vidourle : collines arides au relief tourmenté des calcaires du Malm) les massifs des Cagnasses, de Banelle, de Curens, de l’Aubret) et plus haut la chaîne de la Fage qui déploie sur 6 km ses pentes (Lias calcaro-dolomitique) et culmine à 931 m. On connaît sur la Fage une vingtaine de cavités dont de curieux abîmes tectoniques (Fage, Gimbert...).

Le Coutach verrouille au SE les plaines du Vidourle, massif jurassique de 20 km2, intensément lapiazé, d’une sauvagerie un peu envoûtante avec sa végétation inextricable. De Joly (79) et du Cailar (22) ne l’avaient qu’effleuré, et c’est la section de Corconne du S.C. Montpellier qui l’explora dans les années 1950. La monographie qu’en a laissée Guissart est malheureusement restée manuscrite. Il y recensait 200 cavités (39, 80). On en connaît aujourd’hui 248 (62).

Face au Coutach, en rive gauche du Vidourle, le SCAL a réalisé l’inventaire du petit karst de Logrian-Crieulon (29).

 

V. LA RÉGION DU PIC SAINT-LOUP

 

1.   Le Causse synclinal de l’Hortus, aussi appelé causse de l’Hortus-Pompignan selon la publication princeps de B. Gèze (65, 67-69, 71) est une dalle crétacée disposée en cuvette, suspendue au-dessus des marnes imperméables qui l’isolent du karst jurassique sous-jacent (où circulerait le mystérieux Lez souterrain). Véritable château d’eau, il passa longtemps pour un petit causse sans intérêt jusqu’à ce que plongées et pompages, dans les années 70, en fassent la région des garrigues la plus riche en grottes dépassant le kilomètre (Lauzières, Beaugrand, Gorniès, Lauret). René Roux (49) y décrivait 95 cavités en 1969. Leur nombre atteint aujourd’hui 140 (8, 9, 11, 26, 27, 39, 49, 57, 67, 69, 71, 76, 80, 62).

 

2.   Le Causse de Viols-le-Fort - Cazevieille est un plateau de 83,5 km2 culminant à 658 m au pic Saint-Loup. Isolé de tous côtés par des vignobles non karstiques, il est séparé au NO de la Sellette par la faille du pic Saint-Loup. Par sa proximité de Montpellier (20 km) ce massif est cher aux spéléologues de cette ville qui y ont tous fait leurs premières armes. Dès 1908, Gennevaux (61) y recensait 24 cavités et reconnaissait, audacieusement juché sur une escarpolette, le puits de 120 m de l’aven de la Baraque. De Joly et Gèze (80), puis le S.C. de Montpellier (M. Laurès 67, 68, 71, 78) et tous les clubs locaux (60, 62, 76, 77, 78, 79) ont porté à 430 le nombre de cavités recensées (21).

Les colorations ont montré que le nord du Causse alimentait les Fontanilles (région de la Sellette). Au SE le complexe Lirou-Grand Boulidou des Matelles (63, 77, 80) a été exploré sur 1800m (S.C. de Montpellier): c’est le trop plein d’un réseau drainé par le Lez et dont on recoupe l’amont à -160 dans l’aven de la Baraque.

Un avant-causse de 30 km2 composé de calcaires lacustres éocènes et oligocènes se superpose au S au précédent, isolé de lui par une auréole marneuse. Il a peu intéressé les spéléologues et on n’y connaît que 20 cavités, modestes (71, 74, 79, 39).
 

3.   Le Bassin de la Haute Bénovie

Affluent de rive droite du Vidourle, la Bénovie se perd en traversant un ensemble complexe de garrigues mésozoïques où il forme un karst noyé (résurgeant à l’étiage à Font-Bonne et alimentant nombreux « boulidous » lors des orages). Surtout prospecté par les archéologues, ce secteur a fait l’objet de deux monographies (19, 52) de J.R. Temple. Ces travaux ont été poursuivis par le S.C. de Clin-Midy (résultats inédits) et au total 140 à 150 cavités sont recensées, dont 128 dans les inventaires (19, 52). La plupart sont très modestes, mais le principal massif de cette zone, le Bois de Paris, contient un aven de 86 m (7, 16, 60, 62, 67, 80).

 

VI. LES BASSES GARRIGUES

 

1.   Le Pli de Montpellier, supportant la cité de ce nom, contient des cavernes signalées dès le XIXe siècle (Marcel de Serres). Un inventaire (42) dénombre 24 cavités dans le sous-sol de Montpellier. La plus longue, à la Colombière (30) développe 150 m.

2.   Le Causse d’Aumelas (300 km2) continue cette unité géologique jusqu’à la plaine alluviale de l’Hérault. Il est traversé par le cours asséché du Coulazou que double souterrainement un long réseau explorable en plongée sur plus de 1000 m (Puits de l’Aven). Le karst noyé d’Aumelas est drainé au S par un chapelet d’exsurgences qui s’échelonnent jusqu’à l’étang de Thau (source sous-marine de l’Abysse).

On connaît sur Aumelas 265 cavités (243 dans un inventaire publié en 1982) (17), dont cinq gouffres de plus de 100 m : et pourtant, comme l’Hortus ou le Causse de la Selle, ce plateau était resté délaissé jusqu’en 1970. Depuis, peu de massifs de la région ont été finement ratissés. Mais cette lande dénudée, couverte de lapiaz, réserve encore bien des surprises, si l’on en croit son spécialiste J.-C. Candie (3, 4, 5, 16, 17, 23, 30, 34, 40, 76, 79, 80).

3.   Mont Saint-Clair et Gardiole

Dans la ville même de Sète, « île singulière » chantée par Valéry, Génieys (35) dénombre 9 cavités, la principale étant l’aven de la Combe d’Aubagnac (-35).Haut de page

P. Dubois a dénombré 26 cavités sur la Gardiole (60 km2), (25), la plupart explorées par les Sétois (56). Ce karst modeste a ses titres de gloire, avec la source d’Inversac, énigme hydrologique étudiée par Gèze (63), et le réseau de la Madeleine où J. Arnal, en 1956, établit la première stratigraphie du Chasséen, ensemble culturel néolithique dont l’importance n’a cessé d’être confirmée depuis.

 

 

1: Aven des Vignes (-20 et 600). 2: Grotte de la Madeleine (-20). 3: Source de l’Abysse (-30). 4: Résurgence de la Vène (impénétrable). 5: Aven du Mas d’Artamon (-165 et 600). 6: Aven Didier (-170). 7: Aven Salvat (-118). 8: Aven de Bourcata (-100). 9: Rivière souterraine de la Clapisse (-118). 10: Grotte de la route de Ganges (150 m). 11: Source du Lez (-78 et 536). 12: Complexe Grand Boulidou des Matelles-Event du Lirou (1800 m). 13: Aven de la Baraque (-156). 14: Aven Est du Suquet (-84). 15: Aven des Nymphes (-98). 16: Grotte du Mas de Londres ou de la Fausse Monnaie (-110 et 632). 17: Grotte Gennevaux (600 et -40). 18: Aven 15 de Gennevaux (-92) et aven NE du Bois de Cambous (-98 et 379). 19: Grotte exsurgence des Fontanilles (2000 m). 20: Event de la Liquière ou du Ruisseau de Corbière (2000 m). 21: Grotte Véronique (4300m). 22: Aven n° 1 des Potences (-178). 23: Aven de l’Aire (-85). 24: Aven n° 1 du Signal de Puéchabon (-124). 25: Aven Claude (-117). 26: Système aven de Mountmaou- Grotte des Dames (-86 et 400). 27: Aven du Beau Rosier (-46 et 150). 28: Résurgence de Font Bonne (impénétrable). 29: Source de Sauve. 30: Aven n° 1 du Creux du Mouton (-121). 31: Bauri del Sèrre de la Civada (-80). 32: Aven de Jullian (-92). 33: Grotte du Coutach (510 m). 34: Event de Valliguières (400 m). 35: Grotte des Claris (2550 m). 36: Complexe grotte-résurgence de la Paulerie (2150 m). 37: Event n° 2 de la Roquette (750 m). 38: Aven-évent des Cambous (2600 m). 39: Aven de Banelle (-45 et 800). 40: Aven de la Fage(-130). 41: Grotte de la Fage (390 et -70). 42: Aven de la Cadière (-100). 43: Complexe Bégué Ponchon.- Aven de la Combe-Aven du Fumaïre (1200m). 44: Grotte-émergence des Lauzières (4700 m). 45: Foux de Lauret (8000 m). 46: Event de Gorniès (2000 m). 47: Grotte-exsurgence de Beaugrand (2000 m). 48: Grotte de l’Horthus (300 m). 49: Calaven de la Séoubio (600 m). 50: Source du Lamalou (600 m). 51: Aven du Rouet (Regard des Camps)(-80). 52: Aven des Lauriers (-109 et 800). 53: Aven n°3 du Lapiaz. 54: Grotte Maire-Route (540 m). 55: Grotte des Demoiselles ou aven du Taurac (-90 et 500). 56: Aven Pierre ou perte des Claparèdes (-100). 57: Aven n° 1 du Bois d’Ubac (-107). 58: Trou fumant de l’Olivier (-128 et 2400). 59: Aven du Pas de Madame (-295). 60: Abîme de Rabanel (-181). 61: Aven n° 1 de Madame (-160). 62: Grotte du Grenouillet (857). 63: Grotte-exsurgence du Garrel (5618 m), 64: Foux de Buèges (impénétrable), évent des Coudouillères (300 m). 65: Aven de Fouillac ou Poutchac (-52, salle 150x80x40). 66: Aven du Grelot ou aven Balcet (-117 et 2500 m). 67: Aven du Mas de Gay (-110). 68: Aven des Huttes (-220). 69: Aven du Couchant (-128). 70: Aven du Fonctionnaire (-98 et 1000). 71: Aven de la Valise (-94). 72: Aven du Fariol (-76). 73: Aven des Airettes (-105). 74: Grotte-aven de la Cave de Vitalis (-191). 75: Aven de la Combe du Buis (-139 et 450). 76: Aven Christophe (-111). 77: Aven des Costels (-100 et 307). 78: Aven des Limonières (-96). 79: Résurgence du Roc de la Randonnière (100 m et -20). 80: Résurgence des Cent Fons (500 m et -70). 81: Grotte-exsurgence de la Clamouse (4000 m). 82: Grotte du Sergent (2800 m). 83: Aven de Belle Aure (-164). 84: Aven de Lapourdoux (-160). 85: Exsurgence de Gourneyras (-58 et 500). 86: Exsurgence de Gourneyrou (-90 et 345). 87: Aven Marceau (-107 et 460). 88: Aven du Cochon (-234 et 4300). 89: Grotte du Banquier ou évent du Rieussec (5200). 90: Aven-évent de Gourgas (1535). 91: Aven du Mas de Rouquet (-63 et 250). 92: Aven des Perles (-40 et 160). 93: Aven de Camprouch (-101). 94: Exsurgence du Bousquet de Pégairolles (1000). 96: Rivière souterraine de Labeil (1100 m). 97: Aven n°1 du Saut du Lièvre (-250). 98: Aven de Coucoureigne (-73). 99: Aven du Mas de Lapose (-75). 100: Abîme de Saint-Ferréol (-70). 101: Aven de la Portalerie (-164 et 2500). 102: Event de Rognés (7000 m). 103: Rivière souterraine du Bousquet (2600 m). 104: Exsurgence du Plantayrol (1445). 105: Aven de Rogues (-220 et 7000). 106: Aven de la Rabassière (-101). 107: Aven de la Figueyrolles (-80 et 400). 108: Aven des Roberts ou du Serras (-80). 109: Event de la Foliatière (460). 110: Event de la Magnanerie. 111: Exsurgence de la Tuilède (1250 et -51). 112: Event de Rocalte (2110 et +120). 113: Grotte du Claux (1050 m).Haut de page

 

BIBLIOGRAPHIE sur article complet

 

 

Encore une peu de géologie

 

Le massif de Thaurac

 

PRÉSENTATION GÉOGRAPHIQUE([1])([2])

« Morceau d’Orient découpé dans le portail calcaire du Thaurac » E.A.Martel

« Depuis Ganges jusqu’à St Bauzille, on ne voit que des rochers calcaires escarpés. Le magnifique chemin qu’on a pratiqué au travers de ces précipices n’est pas même bien sûr en quelques endroits, parce qu’il y à de ces roches qui sont dans un danger imminent de tomber sur les passants, surtout dans le temps de dégel ou de grosses pluies.

Un hasard qui manqua me coûter fort cher me fit apercevoir qu’il y à dans l’intérieur de cette montagne quelque grande caverne dont le toit n’est pas solide, car, lorsque j’y passai, il se fit un éboulement souterrain dont le bruit effraya tellement nos chevaux, qu’ils faillirent nous précipiter dans cette rivière. »

Ces lignes étonnantes de Gensanne([3]) présentent le massif du Thaurac et ses mystères. La caverne éboulée

n’a pas été identifiée. En tout état de cause, le cavernement du Taurac était imaginé dès le XVIII° siècle.

Le Thaurac est un plateau calcaire triangulaire limité de façon très nette par les gorges de l’Hérault à l’Ouest, et deux grandes failles au Nord et au Sud, mettant en contact ces calcaires avec les formations marneuses imperméables, plus récentes, des bassins crétacés de Ganges et de Saint Bauzille. Il émerge de 200 m au-dessus des vignobles par des parois rocheuses verticales interrompues par la saignée d’un pittoresque défilé au fond duquel se faufile l’Hérault.

Entre ces deux failles, qui prolongent le système de failles de la montagne de la Séranne, on à donc une surrection du Jurassique supérieur, formant une éminence isolée au milieu de formations sédimentaires non karstiques.

La superficie du massif est d’environ 5 km2. Il culmine à 487 km au Bòsc del Grand Sèrre, alors que le niveau de base où coule l’Hérault est situé aux alentours de 130 m d’altitude.

Malgré la profonde entaille que lui impose ce fleuve, il se prolonge morphologiquement vers le sud-ouest en une unité bien individualisée dont le Rocher de Sion constitue le site principal. Ce secteur isolé est couramment dénommé par les spéléologues sous le nom de Montagne d’Agonès.

Effilé dans sa partie nord-est, le plateau du Thaurac d’aspect tabulaire, est profondément entaillé de lapiazs dont les formes très développées livrent accès à de nombreuses cavités.

Les plus connues, la grotte des Demoiselles et l’aven-grotte des Lauriers sont des cavités très anciennes, vestiges représentatif typique des karstifications Mio-Pliocène de la région ici apparentés à celles du massif de la Séranne. Ces deux cavités qui présentent de vastes salles concrétionnées sont exploitées et ouvertes au public.

Du bois du Grand Serre (alt : 487 m), le massif s’incline par crans successifs vers la cluse au fond de laquelle de part et d’autres de la route D.986 s’alignent les principaux débouchés des réseaux fossiles et actifs du massif (système des Lauriers : réseau des Sourcettes). D’immenses falaises abruptes dominent le défilé de l’Hérault entre Laroque et Saint-Bauzille de Putois. Imprimés par de magnifiques plissements, vestiges de la compression pyrénéenne, elles sont très prisées par les amateurs de varappe qui y trouvent un terrain d’escalade particulièrement varié. 

L’ancienne route Montpellier-Ganges, draille très importante, longe ce canyon à la base des falaises au-dessus de la route départementale. Elle permet d’effectuer l’approche pédestre la plus pratique pour accéder aux nombreuses cavités classiques qui s’ouvrent dans ce secteur (grotte des Lauriers, des sourcettes, grotte du Maire, grotte Aurélie).

 

GEOLOGIE - TECTONIQUEHaut de page

Il est composé de calcaires du jurassique supérieur (Kiméridgien et Tithonique) en position de horst au-dessus des fossés de Ganges et de Montoulieu. Il est délimité par deux accidents majeurs d’incidence plurikilomètrique appartenant au faisceau cévenol (Faille des Cévennes). Il vient en prolongement logique du massif de la Séranne.

Fortement comprimé, car pris en étau dans ce faisceau, ses assises plastiques de l’Oxfordien-Rauracien sont extrêmement plissées. Elles peuvent être observées en bordure de l’Hérault dans les gorges en rive droite et en amont de Saint-Bauzille de Putois. Sur l’autre rive, le magnifiquement plissement de la faille de l’Escalière donne un bon aperçu de cette compression.

En se déversant vers le sud, chevauchant légèrement les marnes Valanginiennes du fossé de Montoulieu, sa partie compacte hachurée de fractures livre une ceinture de belles falaises. C’est dans celle la plus méridionale que s’ouvre l’entrée touristique de la grotte des Demoiselles.

Son appendice sud-ouest (ilôt d’Agonès) est individualisée du massif par le fleuve hérault qui, profitant de l’intense fracturation et sans doute d’un cavernement préexistant a entaillé la masse vigoureuse des calcaires compacts du jurassique supérieur. Aujourd’hui ce dernier coule paisiblement sur les niveaux à faciès marneux de l’Oxfordien.

 

Le paysage, très pittoresque, et les moyens d’accès ont été décrits de façon très complète par un excellent guide de D. Dainat. On y retrouve les différents aspects de la garrigue méditerranéenne : lapiaz, dont le nom local est rascle, canhàs ou cavanhàs ; rochers ruiniformes ou gendarmas ; formations d’éboulis dus à la gélifraction, ou clapàs, thalwegs asséchés ou colièiras ; pentes d’éboulis (gravasses ou rutlas). Le tout noyé par une végétation épineuse abondante résultant de la dégradation d’une forêt exploitée depuis des siècles par les hucherons (boscatièrs) dont on retrouve les aires et les cabanes (carbonièiras) disséminées dans tout le massif.

Au milieu de ce paysage, bien sur, il y à les cavernes. Rares dans la moitié Nord-Est, elles sont concentrées à plus de 90 % dans la région des gorges de l’Hérault, où on peut compter près de 140 cavités au km2, ce qui est une densité assez exceptionnelle. Ces cavernes sont groupées en deux systèmes :

1/ Le Système du Moulin Neuf (grotte des Demoiselles et cavités annexes), qui regroupe la plupart des cavités recensées dans la communes de Saint Bauzille.

2/ Le Système des Sourcettes, centré sur l’aven des Lauriers, regroupe la plupart des cavités de la commune de Laroque.

« L’origine de ces réseaux n’a rien d’évident. » Paul Dubois, dans sa synthèse très intéressante sur les karsts de la région de Montpellier, se fait le défenseur d’une thèse selon laquelle « les avens du Taurac auraient été des résurgences vauclusiennes » : notamment l’aven des Lauriers et la grotte des Demoiselles. Évidemment, l’argument fondamental pour avancer cette hypothèse est le drainage actuel par le Karst noyé du Taurac (Maire-Route, Aurélie et Sourcettes) des eaux du Rieutord de Ganges, dans le massif du Ranc de Banes. L’existence de marmites de plafond ou de cupules d’érosion n’a aucune signification dans les avens aussi anciens. Cette théorie est séduisante, mais ne repose sur aucun argument décisif.

Cependant, d’ores et déjà, il est possible de confirmer les intuitions de Martel : « Le karst du Thaurac comprend une série de niveaux de creusement horizontaux, reliés par des systèmes de puits. »

 

HYDROGEOLOGIE

Le massif du Thaurac est drainé par une série de petites émergences situées à même un cortège de fissurations du lit de l’Hérault entre les villages de Laroque et de Saint-Bauzille de Putois et en deçà de la faille de Combe-Capel. Plus exactement au niveau de la série étagée représenté par l’aven des Lauriers, la grotte du Maire, les grottes de la route et la grotte des Sourcettes.

On dénombre dans le fleuve deux types de griffons distants d’environ 300 mètres. Complexe amont et complexe aval. Des expériences de colorations à la fluorescéine réalisées quelques kilomètres en amont non loin du village de Sumène (pertes du Rieutord) ainsi que au Trou Fumant de l’Olivier (commune de Moulés et Baucels) ont abouti à ces émergences.

Hormis cette capture souterraine du Rieutord, il est évident que l’intense fracturation collectrice que constitue ce massif ne peut pas être vidangée seulement par ces seules émergences. Quelques hypothèses suggèrent qu’un drainage plus profond s’exerce en direction de la source du Mas de Banal exsurgence située en bordure de la faille barrière du bassin de Montoulieu.

 

LES CAVITES Haut de page

1- Les cavités Mio-Pliocéne

Elles sont ici représentées par les nombreux avens qui s’ouvrent à la surface du plateau (aven de la Charbonnière, aven du Pater, aven du Thaurac, etc.) ou ceux qui en tout ou partie ont été tronçonnés par l’ouverture postérieure du canyon de l’Hérault et isolés de leur contexte d’origine (aven des Lauriers, grotte de l’Aiguille, etc.). Elles sont en tous points morphologiquement comparables aux cavités des massifs environnants (Séranne, Bois de Monié, etc.) car issus des mêmes processus et phases de karstifications.

On y remarquera donc une structure classique : puits, cône d’éboulis et succession de salles assez vastes colmatées par d’importants remplissages de calcite. Ce sont d’ailleurs ces colmatages (coulées, vastes draperies) qui font principalement l’intérêt touristique et la richesse de cavités telles que la grotte des Demoiselles et l’aven des Lauriers, cavités phares de ce massif.

2- Les cavités Plio-quaternaire

Rares sont les cavités de ce type accessibles à partir du plateau proprement dit. On ne dénombre pas de perte de surface susceptible d’être retenue comme point possible de pénétration direct dans le karst actif c’est-à-dire au réseau profond issu des pertes du Rieutord. Il ne se forme pas non plus en surface de cours d’eau notable temporaire à la faveur de précipitations abondantes. Les points d’infiltration sont diffus et répartis par les très nombreux lapiaz qui lacèrent la surface.

On parlera plutôt des cavités ou réseaux inférieurs de l’aven des Lauriers, de la grotte Aurélie et de la grotte Maire-Route. Ces cavités dont les galeries permettent d’accéder à la nappe karstique du massif sont raccordées au niveau du fleuve Hérault au sein duquel s’ouvrent les griffons des résurgences des Sourcettes. Ces cavités assurent, certaines, le rôle de cheminée d’équilibre du massif mais aussi des points de convergence et d’extravasement des circulations souterraines issues du Ranc de Banes et des pertes du Rieutord. La mise en charge constatée de l’aven des Lauriers (siphon terminal) est quant à lui de plus d’une vingtaine de mètres.

 

SPELEOLOGIE : Les perspectives d’explorations

Le massif est intensément fracturé et karstifié. Il suffit de parcourir la zone dans laquelle est située l’entrée naturelle de la grotte des Demoiselles (aven du Thaurac) pour se rendre compte à quel point le karst est développé. Hormis les nombreux orifices de cavités qui s’ouvrent dans ce secteur on découvrira de vastes étendues de lapiaz déchiquetés et chaotiques. On retrouve sur ce massif toutes les formes de karstifications classiques propres aux karsts de la région.

Les perspectives d’explorations ne sont pas à négliger bien que limitées essentiellement à des découvertes de cavités Mio-Pliocéne, avens épars sans liens évidents entre eux. D’autres cavités comme la grotte des Demoiselles ou l’aven des Lauriers restent sans doute à découvrir compte tenu des ressources potentielles présentées par ce type de karstifications.

Tel quel, le Thaurac, loin d’être une zone d’exutoires de type vauclusien aujourd’hui fossilisée, est une superposition de niveaux horizontaux reliés par des zones de puits correspondant au soutirage en profondeur.

 

 


 

[3] Gensanne, Histoire naturelle du Languedoc, 1775, p 247.

 


 

Le Pic Saint Loup

 

Le pic Saint-Loup est une montagne de la région Occitanie située à la limite des communes de Valflaunès et Cazevieille, dans le département de l’Hérault.

Situé à environ 20 km au nord de Montpellier, le pic est visible d’une grande partie du département de l’Hérault, du littoral ainsi que du Gard, d’où son profil évoque une pointe s’élançant vers le ciel. C’est l’un des plus beaux sites naturels et de randonnée de la région des Garrigues, avant-poste des Cévennes. La montagne est d’ailleurs considérée comme la « Sainte-Victoire » du Languedoc. Elle forme, avec la montagne de l’Hortus qui lui fait face au nord, un site naturel protégé et héberge un certain nombre de rapaces.

Une grande croix de fer est dressée à son sommet, un poste d’observation ainsi que la chapelle d’un ancien ermitage.

 

TOPONYMIE

Le pic Saint-Loup tient son nom d’une légende d’amour médiévale. Trois frères, Loup, Guiral et Clair, tous amoureux de la belle Bertrade, partirent en croisade sans savoir lequel d’entre eux elle choisirait comme époux.

Au retour de Terre sainte, la bien-aimée avait trépassé. Désespérés, ils décidèrent de vivre en ermites au sommet de trois pitons voisins. Celui sur lequel vivait Guiral devint le mont Saint-Guiral. Il est situé près du mont Aigoual et son dôme granitique culmine à 1 366 mètres. Celui sur lequel vivait Clair fut nommé le mont Saint-Clair (175 mètres, c’est à ses pieds qu’est bâtie la ville de Sète). Installé sur le pic auquel il donnera son nom, Thieri Loup mourut le dernier. Comme ses deux frères, il avait allumé tous les 19 mars de sa vie un feu en la mémoire de sa bien aimée.[4]

 

GÉOLOGIE

L’histoire géologique du Sud-Est de la France est particulièrement complexe et a donné naissance à des roches différentes.

Cette histoire débute il y a plus de 300 millions d’années avec l’apparition de roches calcaires et de schistes que l’on retrouve aujourd’hui dans la partie septentrionale du Languedoc; à cette époque, seulement la Montagne Noire et les Cévennes sont émergées, suite à la formation du Massif Central. Aux périodes appelées Jurassique et Crétacé (entre 200 et 60 millions d’années avant notre ère), la mer dépose les calcaires des garrigues actuelles, des collines de la Moure et du massif de la Gardiole, à l’ouest de Montpellier.

La formation des Pyrénées provoque ensuite le plissement et le déplacement des roches déjà présentes; le pic Saint Loup apparaît à cette époque.

Il y a environ 30 millions d’années, l’ensemble de la région s’effondre le long d’anciennes failles : la partie basse du Languedoc est à nouveau sous l’eau, la mer dépose de nouveaux sédiments calcaires. Puis la Méditerranée s’assèche, provoquant l’encaissement des cours d’eau comme l’Orb et l’Hérault.[5]

Le Pic Saint-Loup[6] constitue le monolithe calcaire le plus saillant, surgissant subitement dans le paysage. On

ne le franchit pas. Il se contourne comme un monument ou bien une œuvre artistique sculptée sur toutes ses faces.

Tel qu’il se présente de nos jours, le Pic Saint-Loup n’a rien à voir avec cette montagne qu’il devait être lorsque le plissement, dont il est une des conséquences, atteignit son paroxysme et que l’érosion commença son œuvre destructrice.Haut de page

 

Comment s’est-il formé ?

Des sédiments aux plissements : plusieurs millions d’années pour le façonner

Les calcaires du jurassique supérieur qui le composent sont des sédiments marins (coquilles, carcasses, ossements..) accumulés en couches successives (strates) il y a quelque 135 millions d’années au fond d’une grande dépression de terrain appelée par les géologues « Golfe des Causses ». Ces calcaires-là n’ont rien à voir avec ceux de la montagne voisine : l’Hortus dont les sédiments se sont quant à eux déposés par superposition au-dessus de ceux qui forment l’ossature du Pic il y a quelques 125 millions d’années, c’est-à-dire dix millions d’années plus tard. La montagne de l’Hortus n’a donc aucune relation directe avec le pic Saint-Loup car elle ne faisait pas partie du même massif contrairement à ce que certains ont prétendu.

Une partie de ces strates, à l’origine de leurs dépôts accumulés à l’horizontale sur plus de 2000 m de profondeur, (un sondage pétrolier au sud du village de Cazevieille a permis de le constater) sur un socle très dur ont subi ensuite de nombreuses contraintes jusqu’au point de se retrouver dans la position où elles se trouvent actuellement, c’est-à-dire à l’absolue verticale. La forme élancée actuelle que revêt le pic, et le fait qu’il arbore une belle paroi nord verticale qui n’est rien d’autre qu’une de ces strates rebroussées, a été la conséquence de fortes poussées de terrains exercés du sud vers le nord, assortie d’une lente mais progressive compression. Ces mouvements de terrains importants qui se sont propagés dans tout le Languedoc et bien au-delà encore en direction des Alpes sont une des conséquences locales typiques de la surrection de la chaîne des Pyrénées.

Prises en étau, car butant sur des terrains plus résistants situés au sud, ces strates se sont d’abord plissées, formant au-dessus de l’actuelle combe de Mortiès sans doute une imposante montagne aux formes arrondies. Ensuite, arc-bouté à outrance par la compression toujours persistante, elles se sont finalement déplacées pour former un ensemble de panneaux séparés par des accidents que l’on appelle des « failles ».

Portées très haut, bien plus haut qu’à l’altitude actuelle (probablement plus de 1 000 m) ces dernières ont ensuite subi les très longues affres de l’érosion pendant plus de 40 millions d’années, venant progressivement à bout de la cime principale jusqu’à complètement évider et former la combe de Mortiès. Cette combe discrète en forme de cuvette située au nord du village de Saint-jean-de-Cuculles et dans laquelle est établi un superbe vignoble, exhume aujourd’hui les séries sédimentaires de la base du jurassique (jurassique Inférieur) qui renferme de très nombreux fossiles. Cette érosion qui s’est accentuée pendant toutes les périodes de glaciation quaternaires se poursuit toujours inlassablement de nos jours. Elle est matériellement caractérisée, entre autres phénomènes moins perceptibles à l’œil, par le décollement et la chute des strates de la face Nord et leur réduction en petits cailloutis comparables à ceux qui déjà encombrent le bas des falaises.

 

Une fin propre à toutes les montagnes Haut de page

Cette lente et inéluctable dégradation, phénomène normal subi par toutes les montagnes, finira petit à petit par grignoter tout le massif. Lequel, réduit à une simple colline, verra sans doute ses derniers débris emportes vers la mer par quelque fleuve ou rivière de nos jours inconnus mais qui viendront tôt ou tard parcourir nos garrigues. À l’exemple du causse de Viols-le-Fort situé sur sa partie méridionale, le Pic Saint-Loup, raboté, ne sera plus qu’un plateau horizontal oubliant qu’il fut un jour la plus caractéristique et élégante montagne des garrigues.

 

Au cœur des strates : falaises et grottes mystérieuses

Parmi les artifices du calcaire fort nombreux de la face Nord, deux grottes attirent l’attention. La première, située à l’aplomb de la falaise principale, porte le même nom que la chapelle située au sommet et dédiée à Saint-Joseph. Cette baume s’ouvre par un vaste orifice circulaire bien visible de la route du col de Fambetou. Curiosité géologique, elle se prolonge spectaculairement par un conduit vertical (cheminée) qui rejoint la crête du pic et y débouche par un aven discrètement caché parmi la végétation de chênes verts. Cette cavité devrait normalement se développer, à l’horizontale comme la plupart des grottes. Mais l’antériorité de sa genèse eu égard à la formation du massif et par voie de conséquence le redressement de ses strates, a entraîné les galeries de cette dernière dans une position redressée, c’est-à-dire en position verticale. Ce phénomène ne s’observe que très rarement tant les conditions à remplir sont exigeantes.

 

Des rivières souterraines

D’autres cavités et non des moindres (on en compte plus d’une cinquantaine... !) traversent le massif notamment dans sa partie occidentale, telle celle qui, depuis le « Cirque des Escargots », s’incline progressivement d’éperon en éperon en direction du causse de Viols-le-Fort. Seule, la grotte de la Fausse-Monnaie (ou grotte du Mas-de-Londres) pourrait retenir l’attention par ses deux kilomètres de galeries. Vestige d’une ancienne rivière souterraine qui circulait autrefois sous le causse, cette grotte toujours « vivante », s’est adaptée aux transformations du massif et à son évolution géologique. Profonde de plus de cent mètres, elle donne accès à un petit ruisseau souterrain dont une coloration à la fluorescéine (colorant puissant) a permis de déterminer sa relation avec la source du Lez distante de plus de 10 km au sud du massif. Un beau réseau souterrain en perspective mis ainsi en évidence et qui reste à explorer pour les spéléologues.

 


 

Causse de Viol le Fort

 

CAUSSE DE VIOLS LE FORT (Aven de la Potence, Grotte de Gennevaux)

Article paru dans Spelunca n°36 de 1989, très documenté en spéléo et géologieHaut de page

http://www.jfbrun.eu/gersam/viols.pdf

Pour les plus férus de géologie, rapport du BRGM sur la région

http://infoterre.brgm.fr/rapports/RR-40747-FR.pdf

 


 

Causse de Blandas

 

CAUSSE DE BLANDAS (Grotte de Claux)[7]

D’une superficie de 142 km2, le Causse de Blandas recouvre les communes de Montdardier, Blandas et Rogues, mais aussi partiellement les communes d’Alzon, d’Arre, de Vissec, de Saint Laurent-le-minier, et de Gorniès dont les bourgs se situent au pied du causse.

 

Situation

Le Causse de Blandas est situé au sud du Vigan dans le département du Gard. Il est entouré par les régions naturelles suivantes : au nord par les Cévennes et le massif du Lingas, bordure méridionale du massif de l’Aigoual, à l’ouest par les gorges de la Vis et le causse de Campestre, au sud par les gorges de la Vis et le causse du Larzac et à l’est par le massif de la Séranne puis le massif de l’Oiselette.

 

Géomorphologie

Le calcaire qui constitue le Causse est constitué de sédiments d’origine marine, dont le dépôt dans les hauts fonds a commencé il y a environ 200 millions d’années. Des dépôts de natures différentes se sont succédé empilant des strates rocheuses. À partir de 150 millions d’années le massif corallien de la Séranne a isolé ce lagon favorisant la concentration des dépôts calcaires qui formeront le Larzac. Les paysages vont lentement se mettre en place après l’émergence du massif pyrénéen il y a 40 millions d’années qui provoquera des plissements et des fractures dans la roche. Vers 25 millions d’années de petites rivières ayant pris naissance dans le massif du Lingas vont traverser le Causse en aplanissant de grandes surfaces sur leur passage, telle la Vis entre Montdardier, Rogues et Saint-Maurice-Navacelles. À partir de 15 millions d’années le soulèvement du Massif central va entraîner un creusement des gorges par les rivières. La Vis creuse son canyon, longeant la Séranne vers l’est pour rejoindre l’Hérault près de Ganges et donner naissance au Causse de Blandas en l’isolant du Larzac.

 

 

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